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Les Pharaons montrent une figure pale

Karim Farouk, Lundi, 08 septembre 2014

La défaite de l'Egypte face au Sénégal en qualification de la Coupe d'Afrique des nations 2015 de football suscite des doutes quant à la qualité du groupe, avant d'affronter la Tunisie, ce mercredi.

Les Pharaons montrent une figure pâle
Loin de son niveau habituel, Mohamad Salah n'a pas été à la hauteur contre le Sénégal. (Photo:Ossama Abdel-Nabi)

2-0, c’est la plus grande défaite que l’Egypte a concédée face au Sénégal de son histoire, et la première défaite depuis plus d’une décennie, notam­ment depuis le 1-0 obtenu en CAN 2012. Mais ce début raté des quali­fications à la CAN 2015 n’inquiète pas le sélectionneur Chawqi Gharib. « Je ne m’attendais pas à une telle performance. Les joueurs n’étaient pas en bonne forme. Mais on n’est qu’au début des qualifications, et il y a 5 autres matchs à jouer. On ne peut pas évaluer le groupe après un seul test », a dit Gharib, qui a dis­puté son premier match officiel avec l’équipe.

La nouvelle génération a raté son entrée en scène, et il est clair que les légendes telles que Mohamad Abou-Treika, Ahmad Hassan et Waël Gomaa, qui ont dominé le continent avec un triplé de CAN en 2006, 2008 et 2010, n’ont pas de successeurs dans cette équipe. Il est vrai que le groupe comprend 11 joueurs évoluant en Europe, et cer­tains possèdent la classe nécessaire avec à leur tête Mohamad Salah (Chelsea, Ang), Mahmoud Abdel-Razeq « Chikabala » (Sporting, Por) et Ahmad Hammoudi (FC Basel, Sui), mais ils n’ont pu concrétiser leur talent sur la pelouse.

Salah, perçu pour être le nouvel inspirateur de cette équipe, a créé une grande déception face au Sénégal. Le buteur des qualifications africaines du Mondial 2014 a raté plusieurs occa­sions faciles pour réduire le score, sans compter qu’il a montré une pâle figure. Alors que sa bonne forme lui a permis de décrocher le titre du meilleur espoir africain en 2013. Le flamboyant ailier des Pharaons semble avoir perdu de son allure et efficacité après son alignement sur le banc de Chelsea depuis le début de la saison. « Je pense que les gens en demandent trop à Salah, il n’a pas joué régulièrement avec Chelsea, il ne peut tout faire seul. Il a besoin d’aide. Chose qu’il n’a pas trouvé face au Sénégal », explique Ahmad Hassan, membre du cadre technique de la sélection. En effet, la majorité de la légion égyptienne évoluant en Europe n’est pas très régulière avec les clubs respectifs. Voire, certains, comme Chikabala, l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération, ne trouvent plus d’espace de jeu et risquent de quitter leur club. Le Championnat national, qui avait pré­senté le noyau essentiel du onze national dans son âge de gloire face aux bandes de Samuel Eto’o, Didier Drogba et Asamoah Gyan qui évo­luaient dans les meilleurs clubs euro­péens, ne fournit plus d’éléments capables de mener la relève après avoir été sévèrement perturbé lors des 3 dernières années. Khaled Qamar, titulaire face au Sénégal, Amr Gamal et Hazem Emam, 2 rempla­çants, possèdent un poten­tiel, mais pas encore suffi­sant pour faire la diffé­rence.

« Il ne faut pas faire de comparaisons entre cette génération et celle menée par Abou-Treika. L’ancienne génération jouissait de conditions très favo­rables et avait acquis beaucoup d’expérience. Nous sommes en pleine phase de reconstruction et nous avons une jeune équipe. Pour la première fois, l’âge des atta­quants ne dépasse pas 22 ans », dit Gharib, qui était lui-même l’assis­tant de Hassan Chéhata lors du tri­plé de la CAN.

Le sélectionneur avait aligné un onze de départ face au Sénégal d’une moyenne d’âge de 26,4 ans, avec peu de joueurs qui possèdent une expérience africaine. Gharib était obligé de placer le latéral droit, Ahmad Fathi, sur le flanc gauche après la blessure de Mohamad Abdel-Chafi, pour avoir plusieurs éléments expérimentés sur la pelouse. Mais l’expérience a fait défaut. Le large public sénégalais, qui est venu assister à la ré-inauguration du stade de Léopold Senghor après 2 ans d’absence, a pu inti­mider la bande de Mohamad Salah, selon Gharib. Et même les joueurs, comme le capi­taine Hossam Ghali (32 ans), Ahmad Fathi et Ahmad Al-Mohammadi, n’ont pu contribuer à rétablir l’équilibre au sein du groupe.

Casse-tête en défense

Tableau

« Nous allons faire quelques chan­gements au niveau tactique et de la formation pour remédier à nos lacunes, mais ce qui m’inquiète le plus c’est la défense qui a commis trop d’erreurs. On n’a pas beaucoup de temps pour corriger ces lacunes pour le match de la Tunisie », dit Gharib. Et il a raison. Bien qu’il ait aligné un trio dans l’axe central dans le schéma 3-5-2 réputé pour sa ten­dance défensive, les Pharaons sem­blaient très perméables, et le score aurait pu être plus grave. Ali Ghazal, Ahmad Saïd « Okka » et Chawqi Al-Saïd ont montré des erreurs de marquage, de positionnement et de couverture, sans compter que le sup­port des milieux centraux Mohamad Al-Nenni et Ghali était médiocre. Mame Diouf (17) et Sadio Mane (45) ont percé la défense, servis par 2 longues passes qui les ont mis en face-à-face avec le gardien Chérif Ekrami, pour marquer facilement de l’intérieur de la surface. Dans sa liste, Gharib possède le solide défen­seur de Fiorentina, Ahmad Hégazi, mais lui non plus ne joue pas réguliè­rement avec son équipe. Ce mercre­di, la Tunisie sera réduite à cause de l’absence d’Issem Jemaa et Sami Allagui, en raison de blessures. Mais l’attaque des Aigles de Carthage demeure très efficace et présente un sérieux défi pour les défenseurs égyptiens, notamment avec des joueurs tels Youssef Msakni, Hamza Younès, Fakhreddine Ben Youssef et Amin Chermiti, qui combinent rapi­dité et talent. « Le Sénégal était très fort en première période, mais nous sommes revenus au match et avons pu contenir leur attaque en deu­xième. Nous sommes maintenant concentrés sur le match de la Tunisie. On espère avoir le support de notre public pour remporter ce match », dit le défenseur Chawqi Al-Saïd. Les Pharaons espèrent avoir tout le sup­port possible en jouant au stade mili­taire du 30 Juin, grâce notamment à la présence d’un large public, malgré le huis clos imposé aux matchs locaux par les autorités. Car une éventuelle défaite minimisera leurs chances de rester dans l’élite afri­caine pour la 3e fois d’affilée.

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