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Ahli se refait des cadres

Karim Farouk, Mercredi, 07 mai 2014

En pleine saison et après des confrontations répétées avec l'administration, Ahli a procédé à un important changement au niveau de l’encadrement de l’équipe de football.

Ahli

Depuis à peine un mois à la prési­dence du ténor cairote Ahli, Mahmoud Taher a décidé d’enta­mer de grandes réformes au sein de l’équipe de football. Le nouveau président des Rouges a remercié l’entraîneur Mohamad Youssef, le directeur de la section foot Sayed Abdel-Hafiz et le superviseur et coordinateur général Hadi Khachaba. « Je les remercie tous pour les énormes efforts qu’ils ont déployés et je leur souhaite bonne chance », a déclaré Taher dans un communiqué publié sur le site officiel du club jeudi dernier.

La nouvelle a fait la une des pages sportives et des programmes télé spécialisés, car c’est l’une des rares fois où la direction d’Ahli, réputée par sa sagesse et sa stabilité, décide d’un change­ment en cours de saison. Taher et son nouveau conseil d’administration ont accordé leur confiance à Youssef dès leur élection fin mars dernier, mais la lune de miel n’a pas duré long­temps. L’entraîneur des Rouges s’est senti offen­sé par les propos de Taher Al-Cheikh, membre du conseil d’administration, affirmant que l’équipe avait besoin d’un technicien étranger. Youssef s’était alors entretenu avec le président du club et a même déclaré qu’il était prêt à pré­senter sa démission. Puis l’affaire a été réglée.

La crise a de nouveau éclaté lorsque Mohamad Abdel-Wahab, membre du conseil d’administra­tion, a annoncé avoir trouvé un accord avec l’attaquant de l’équipe Emad Meteab pour la signature d’un nouveau contrat et l’approche de la conclusion de plusieurs affaires importantes. « Personne ne m’a consulté pour le contrat de Meteab. Depuis quand à Ahli, l’administration fait-elle part de ses affaires internes dans les médias sans même les discuter avec l’entraî­neur ? C’est curieux ce qui se passe ! », avait dit Youssef.

De retour d’un déplacement professionnel en Angleterre, Taher a décidé de mettre fin à cet épisode : limoger le staff technique et nommer l’une des anciennes vedettes de l’équipe, Fathi Mabrouk, en tant qu’entraîneur intérimaire jusqu’à la fin de la saison. Ce dernier a dû subir son premier test 48 heures après son arrivée, en jouant contre Smouha, en tête du groupe A en championnat national. Les Rouges ont concédé un nul de 1-1 qui les a rapprochés des deux premières places qualificatives au mini-cham­pionnat final (ndlr : deux équipes se qualifie­ront dans chaque groupe dans l’objectif d’un mini-championnat pour le titre de cette saison). « J’ai gardé le système adopté par Youssef. Il n’y avait pas de temps pour faire des change­ments. De manière générale, je suis satisfait du résultat, mais nous avons laissé échapper la victoire. Les joueurs étaient sous une grande pression, car ils voulaient marquer tôt et assu­rer les points du match. Nous avons du travail à faire et le niveau s’améliorera », a dit Mabrouk après le match.

Sous une forte pression

Le ménage fait par Taher a suscité beau­coup de commentaires et a pris une tournure pas du tout sportive. En effet, la direction d’Ahli, la nouvelle et la précédente, se trou­vait sous une pression extrême du fait des accusations selon lesquelles le club com­prend plusieurs supporters « Frères musul­mans », organisation qualifiée en décembre dernier de terroriste par le gouvernement. Khachaba, ancien capitaine et gloire de l’équipe, était un soutien de l’ancien prési­dent Mohamad Morsi tandis que Youssef et Abdel-Hafiz étaient au centre des rumeurs pour leurs tendances islamistes. « Je n’ai pas été surpris par la décision de me limoger. Je savais que cela arriverait dès que le nouveau conseil d’administration entrerait en fonc­tion. Taher est arrivé avec un agenda : il va maintenant nommer ses hommes aux diffé­rents postes du club », a dit Youssef dans un entretien accordé au site d’Al-Shorouk Sport.

Le départ du staff allégera les pressions sur le club surtout que Youssef avait réclamé à plusieurs reprises le retour de l’attaquant Ahmad Abdel-Zaher, un des supporters de Morsi, qui est actuellement prêté au club Ahli Tripoli, à la suite d’une décision discipli­naire. L’ancien conseil d’administration avait imposé une lourde sanction pécuniaire et mis en vente Abdel-Zaher après qu’il eut fait le signe de Rabea (doigts de la main levés, sans le pouce. Un soutien aux Frères musulmans, ndlr) lors de la finale de la Ligue d’Afrique en novembre dernier. Youssef pensait avoir purgé sa peine et qu’il fallait maintenant bénéficier de ses qualités, surtout que le club ne possède pas les fonds nécessaires pour procéder à un recrutement.

Dans ce même contexte, le nouveau direc­teur de la section foot Alaa Abdel-Sadeq a démenti tous les propos selon lesquels l’icône d’Ahli et d’Egypte, Mohamad Abou-Treika, réputé aussi pour son soutien à Morsi, pour­rait avoir un rôle à jouer au sein de l’équipe. « Nous n’avons pas parlé à Abou-Treika et ne l’avons pas demandé. Il n’est pas dans nos pensées et je pense que sa nomination dans le staff n’est pas une option », a dit Abdel-Sadeq.

La quête du nouveau directeur technique a déjà commencé. Trois candidats étrangers sont favoris pour le poste, à savoir : le Brésilien Jorvan Vieira, ancien entraîneur de Zamalek et actuel entraîneur de la sélection du Koweït, le Français Hervé Renard, ancien sélectionneur de la Zambie, et un autre Français Denis Lavagne, ancien sélection­neur du Cameroun, à la tête de l’Ittihad d’Alexandrie en championnat cette saison. Le nom de Hossam Al-Badri, déjà en charge à deux reprises, a aussi été retenu, mais il semble que l’administration est en faveur d’un entraîneur étranger afin d’échapper aux pressions qui planent dans tous les domaines en Egypte actuellement. La nouvelle ne devrait pas tarder à tomber.

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