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Amr Aboul-Kheir : « Notre rêve est devenu réalité »

Chourouq Chimy, Mardi, 10 septembre 2013

De retour au Caire, Amr Aboul-Kheir, nouvel entraîneur de la sélection égyptienne de basket-ball, revient sur l’exploit de l’Egypte à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et sa qualification pour les Championnats du monde après 20 ans d’absence.

Amr Aboul-Kheir
Amr Aboul-Kheir, nouvel entraîneur de la sélection égyptienne de basket-ball.

Al-Ahram Hebdo : Avant la CAN, vous attendiez-vous à cette qualification pour les Championnats du monde après 20 ans d’absence ?

Amr Aboul-Kheir : Pendant longtemps, l’Egypte était placée en queue du classement africain, notamment lors de la dernière édition de la CAN, où elle a terminé 10e. Les troubles que nous avions connus nous ont empêchés de jouer des matchs amicaux avant la compétition. A cela s’ajoutait le couvre-feu qui nous a privés aussi d’organiser un regroupement de l’équipe. J’ai dû les diviser en deux groupes, au Caire et à Alexandrie, afin de pouvoir s’entraîner et de se préparer à ce grand événement. Toutes ces circonstances ont donné l’impression au plus optimiste d’entre nous que nous allions terminer huitième de finaliste ou quart de finaliste dans le meilleur des cas.

— Comment jugez-vous le parcours de la sélection pour atteindre la finale ?

— Il y a eu des étapes importantes dans cette compétition. A titre d’exemple et bien qu’on ait perdu nos 3 rencontres du premier tour contre le Sénégal, la Côte d’Ivoire et l’Algérie, nous avions très bien joué. En 8es de finale, nous avons battu la Tunisie, tenante du titre. Nous avons prouvé ainsi que le premier tour n’était qu’une période d’échauffement pour l’équipe. En demi-finales, nous avons battu le Sénégal, réservant ainsi notre ticket pour le Mondial. La finale était contre l’Angola, grande puissance du basket-ball en Afrique et meilleure équipe pendant les 20 dernières années. L’équipe a joué sans complexe et a fait de son mieux pour remporter le titre de championne d’Afrique, mais nous n’avons pas eu de chance. Cependant, nous sommes qualifiés pour le Chammpionnat du monde. Et notre rêve est devenu une réalité.

— Quelques jours avant le début de la CAN, les plus importants joueurs de la sélection se sont excusés et ont renoncé au voyage avec l’équipe. Comment avez-vous résolu ce problème ?

— Actuellement, la Fédération égyptienne mène une enquête. Ils seront sanctionnés. Mais avant cette décision que je n’arrive pas à expliquer, j’ai pu former une équipe comprenant des joueurs expérimentés et des jeunes. Suite à la défection des plus expérimentés, je ne pouvais compter que sur 10 jeunes et 2 joueurs expérimentés seulement, qui sont Waël Badr et Chérif Guéneidi. 6 joueurs sur les 10 jeunes n’ont participé à aucune compétition africaine auparavant.

— Quelle était la moyenne d’âge des joueurs ?

— Leur âge variait entre 20 et 22 ans. Seul Ahmad Al-Soudani de Zamalek avait 18 ans. Les joueurs venaient de la plupart des grandes équipes égyptiennes, comme le talentueux Assem Marei, qui participe aux Championnats universitaires américains, Rami Ibrahim d’Ittihad, Anas Ossama qui joue à Zamalek et Ibrahim Al-Gamal d’Ahli.

— Comment ces jeunes ont-ils pu vaincre l’expérience et la force de leurs adversaires ?

— Ils jouaient avec une grande concentration et la volonté de faire un exploit pour l’Egypte dans cette période difficile que traverse le pays. Mais sur le point technique, nous avons opté essentiellement pour la défense, ce qui nous a aidés à faire des contre-attaques rapides et réussies. Nous avons aussi étudié les techniques des équipes adverses en observant leurs points forts afin de les contrer. La taille et la rapidité des joueurs africains constituaient une grande entrave pour nous, mais nous avions pu surmonter ces problèmes.

— Comment sera la préparation au Mondial qui aura lieu au mois d’août 2014 ?

— Se qualifier pour le Mondial est une grande responsabilité. Nous sommes la seule équipe arabe à ce Mondial. Je vais continuer mon projet de former une génération jeune capable de faire des exploits à l’avenir, en 2015 et 2017. En fait, à mon retour de la CAN, j’ai soumis aux responsables un rapport dans lequel j’ai expliqué comment les équipes africaines nous devançaient en taille, en force et en rapidité. Il faut un changement dans les positions des joueurs pour remédier à cette situation. Par ailleurs, j’ai recommandé aux clubs de recruter dorénavant les jeunes de moins de 14 ans en prenant en compte la taille des joueurs.

— Selon vous, comment avoir un Championnat national fort ?

— On va améliorer le système du Championnat national. En outre, la présence de plus d’un joueur professionnel au sein de chaque équipe aura une influence positive sur les joueurs égyptiens. Nous voudrions avoir au sein de chaque équipe un joueur international, qui offre une technique de jeu différente, et un joueur africain, qui possède la rapidité et la force qui caractérisent les basketteurs africains.

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