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Coupe du monde de tir : L’organisation pour sauver la face

Marianne Youssef, Mardi, 09 mars 2021

Les tireurs égyptiens n’ont obtenu que 2 médailles lors de la Coupe du monde de tir qui s’est terminée vendredi 5 mars au Caire. Un piètre résultat compensé par la bonne organisation. Bilan

Coupe du monde de tir : L’organisation pour sauver la face
Azmy Mehelba, le favori, a occupé la 5e place.

La chance n’a pas souri à l’Egypte lors de la Coupe du monde de tir qui s’est achevée le 5 mars au club d’Al-Seid du 6 Octobre. Les tireurs égyptiens ont terminé avec deux médailles, une d’argent en trap mixte et une de bronze en trap masculin. Dans l’épreuve trap mixte, la médaille d’argent est décernée à Ahmad Zaher et Maggy Achmawy. Ils ont été devancés par le duo russe Alipov Alexey et Semianova Daria. Quant au bronze, il a été décroché par le duo égyptien Ahmad Zaher et Abdel Aziz Mehelba. L’Egypte n’a pas figuré au tableau d’honneur. C’est la Russie qui a ter­miné sur la première marche du podium avec 4 médailles d’or, deux d’argent et une de bronze, suivie de l’Espagne avec une médaille d’or, une d’argent et une de bronze. La Croatie a occupé la 3e place avec une seule médaille d’or.

400 tireurs des deux sexes représentant 32 pays ont pris part à cette coupe dont les équipes dominantes sont la Russie, l’Ukraine, le Danemark et la République tchèque. L’Egypte a participé avec 12 tireurs dans 2 épreuves (skeet et trap), homme et dame, dont le plus célèbre est Azmy Mehelba, la star de la sélection en skeet et le tireur le plus en vue pour remporter une médaille. En skeet individuel, Mehelba a rem­porté une 5e place avec 25 points, devancé par l’Ukrainien Mykola Milchev qui a remporté une médaille d’or avec 53 points, et le Danois Jesper Hansen qui a remporté une médaille d’argent avec 52 points. En trap individuel, Ahmad Qamra, la star de la sélection, n’a pas fait mieux que Mehelba, car il est sorti sans médailles et sans classement.

Selon Magdy Lotfy, directeur technique de la sélection, ce résultat n’est pas satisfaisant, mais toutefois pas décevant. « Une cinquième place en skeet pour Mehelba est une bonne performance. Si la moisson n’était pas à la hauteur des espoirs, c’est qu’ils ont été confrontés à la superpuissance des Russes. La concurrence était très rude aussi face à l’Ukraine et au Danemark. A titre d’exemple, en skeet, Mehelba a fait face à des tireurs très aguerris comme le champion olympique russe Mykola Milchev », explique Magdy. Tous les espoirs étaient portés sur les stars de la sélection, Azmy Mehelba et Ahmad Qamar pour les hommes, et Shaimaa Hachad pour les femmes. Azmy Mehelba possède un niveau professionnel. Il est le premier dans l’histoire du tir égyptien à figurer dans la liste du classement mondial, car il s’est hissé à la 2e place en 2014, 4e en 2015 et 10e en 2019. Il est titulaire d’un palmarès impressionnant de médailles internationales, africaines et arabes. Il en est de même pour le tireur Ahmad Qamar, qui est le premier Egyptien à atteindre la finale du trap en se classant 5e aux Jeux Olympiques (JO) de Rio 2016, réalisant une pre­mière dans l’histoire du tir égyptien. Ahmad a ajouté à son tableau une médaille d’argent aux Jeux méditerranéens en juillet 2018.

Ce résultat médiocre n’est pas une si grande déception, car l’objectif de ce tournoi était d’évaluer le niveau technique des tireurs. « L’organisation de la Coupe du monde en Egypte s’avérait être une bonne opportunité, car la sélection n’a pas été obligée de se déplacer. Lors de ce challenge qui regroupe les stars de la discipline, les tireurs ont évalué leur niveau par rapport aux meilleurs internationaux. Ils doivent désormais établir une stratégie et tirer partie de leurs défaites, et enfin se focaliser sur leurs points faibles avant les JO de Tokyo », ajoute-t-il.

Impacts du coronavirus

Pourtant, selon Tareq Sadeq, entraîneur de la sélection, les tireurs sont individuellement loin de leur niveau. Ils ne sont pas parvenus à exceller. « Ce qui leur manquait, ce n’est pas la technique, mais la concentration. Le tir est un sport qui demande à la fois reflexe, grande capacité de concentration et maîtrise de soi. En analysant rapidement le bilan égyptien, on peut constater que la période de suspension des activités spor­tives due à la pandémie de Covid-19 a négativement impacté la concentration des tireurs », explique Tareq. La sélection n’a pu effectuer aucun stage à l’étranger depuis 2020 à cause des mesures sanitaires prises par la plupart des pays, à l’exception de Azmy Mehelba et Shiamaa Hachad qui ont disputé en janvier dernier un tournoi Grand Prix au Maroc où ils ont décroché respectivement une médaille d’or et une d’argent. « La sélection a effectué un stage clos d’un mois au club Al-Seid. Je pense que cette préparation n’est pas adaptée à une telle compétition internationale », conclut-il.

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