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Pitso Mosimane : Je rêve de remporter la Ligue des champions d’Afrique avec Ahli

Amr Moheb, Mercredi, 14 octobre 2020

Le nouveau technicien sud-africain, Pitso Mosimane, fait part de sa joie d’être le premier Africain à entraîner l’équipe de football d’Ahli. Il parle de ses objectifs avec les Rouges.

Pitso Mosimane
(Photo : Mohamed Moustapha)

Al-Ahram Hebdo : Vous êtes le premier Africain à entraîner le club de football d’Ahli. Que représente cela pour vous ?

Pitso Mosimane : Tout d’abord, c’est un grand honneur pour moi d’assumer la responsabilité technique de la première équipe de football du club Ahli. D’ailleurs, c’était un grand rêve pour moi de faire partie de ce grand club. Ahli est le club du siècle et c’est l’un des meilleurs clubs, pas seulement en Afrique, mais aussi dans le monde. Aussi, c’est un grand plaisir que je sois le premier coach africain de l’équipe. Je sais très bien que c’est une grande responsabilité. Je suis parfaitement conscient de l’ampleur des responsabilités et des pressions que je subirai à Ahli. J’ai déjà remarqué l’ampleur des pressions exercées sur Ahli, Zamalek et l’équipe nationale égyptienne quand je les ai confrontés en tant qu’entraîneur avec Sundowns et des Bafana Bafanas (l’équipe nationale sud-africaine). Ces pressions sont normales dans les grands clubs en raison des exigences des fans, qui ne sont satisfaits que des titres. Depuis mon arrivée au Caire, je sens le soutien de tout le monde ici, que ce soit les responsables du club ou les supporters. J’en suis très heureux. Je suis aussi conscient des grandes pressions qui seront sur moi, car je sais que les supporters d’Ahli n’acceptent que de voir leur équipe gagner et remporter les titres.

— Comment les négociations avec Ahli ont-elles eu lieu ?

— Les négociations entre Ahli et Mamelodi Sundowns reflètent les bonnes relations entre l’Egypte et l’Afrique du Sud. Tout d’abord, le président d’Ahli, M. Mahmoud Al-Khatib, m’a expliqué qu’il devait prendre tout d’abord la permission du président de Mamelodi Sundowns, M. Patrice Motsepe, et de l’administration du club avant de commencer les négociations avec moi pour garder les bonnes relations entre l’administration des deux clubs. Moi, de mon côté, je me suis réuni avec M. Motsepe et je lui ai expliqué que je voulais partir pour vivre cette expérience avec Ahli. Je lui ai dit que c’était une grande opportunité que je ne voulais pas rater. Déjà, ma dernière saison avec le club sud-africain était presque sans fautes : nous avons remporté les 3 titres locaux. Bien qu’il y ait 2 mois, je venais de renouveler mon contrat avec Mamelodi Sundowns pour 4 nouvelles saisons, M. Motsepe a accepté de me libérer pour me laisser partir à Ahli. Aussi, le président de mon pays était satisfait de cette étape et m’a souhaité bonne chance, ainsi que les fans de Sundowns qui m’ont accompagné jusqu’à l’aéroport pour me souhaiter bonne chance dans ma nouvelle mission avec Ahli. J’étais vraiment ravi de l’attitude des fans de Sundowns ainsi que des responsables de mon pays.

— Vous avez choisi avec vous 3 Sud-Africains dans le staff technique d’Ahli

— Oui, j’ai choisi avec moi au staff technique 3 Sud-Africains, à savoir Cavin Johnson, entraîneur adjoint assistant-coach, Kabelo Rangoaga, entraîneur de fitness, et Musi Matlaba, analyste tactique. Avec eux, j’ai aussi dans le staff 3 Egyptiens : Sayed Abdel-Hafiz, directeur de l’équipe, Sami Komsan, entraîneur adjoint, et Amr Moheb, interprète et administrateur de l’équipe. J’ai aussi un Belge : Michel Iannacone, entraîneur de gardiens de but.

— La dernière fois qu’Ahli a remporté la Ligue des champions d’Afrique, c’était en 2013. Le club était finaliste à deux reprises en 2017 face au Wydad de Casablanca et en 2018 face à l’Espérance de Tunis, pourtant, il n’a pas réussi à remporter le titre. Le grand rêve des supporters du club est de voir les Rouges de nouveau champions d’Afrique et les voir participer à la Coupe du monde des clubs …

— Oui, je suis au courant de cela. Partout, les supporters du club me demandent de remporter la Ligue des champions d’Afrique et me disent que c’est leur grand rêve. C’est mon rêve moi aussi de la remporter avec Ahli. Je l’ai déjà remportée avec Mamelodi Sundowns après avoir gagné à la finale contre Zamalek en 2016, et nous avons participé à la Coupe du monde des clubs. C’était l'un des meilleurs souvenirs de toute ma vie, je souhaite revivre ces moments agréables, mais cette fois avec Ahli.

— D’après vous, quelle est la différence entre votre ancien club Mamelodi Sundowns et votre club actuel Ahli ?

Mamelodi Sundowns est un grand club, mais il y a une grande différence entre Ahli et tout autre club en Afrique. Ahli est un très grand club qui a été créé il y a plus d’un siècle. Un club qui mérite tout le respect. C’est un grand honneur pour moi d’être le coach du « club du siècle ». Il est l'un des clubs les plus prestigieux pas seulement en Afrique, mais aussi au monde. Son logo : l’aigle avec des étoiles au-dessus et au-dessous, ces étoiles qui représentent le grand nombre de titres remportés, soit sur le plan continental ou sur le plan local, montre sa grande histoire pleine de succès. Je rêve de participer avec la génération actuelle de joueurs et avec l’aide de mon staff à ajouter de nouveaux titres et de nouvelles étoiles sur le logo du club, soit avec des titres africains ou des championnats nationaux.

— Et quelle est la différence entre le Championnat national sud-africain et celui égyptien ?

— Franchement, lorsque j’étais en Afrique du Sud, je ne suivais pas les matchs du Championnat égyptien car ils ne sont pas diffusés sur les chaînes satellites sportives en Afrique du Sud. Mais d’après les matchs du championnat que j’ai vus depuis mon arrivée au Caire, je peux confirmer que le niveau du Championnat égyptien est aussi fort que son homologue sud-africain.

— En arrivant au club, qu’est-ce que vous avez dit aux joueurs d’Ahli lors de votre première réunion ?

— Lors de ma première réunion avec les joueurs, je leur ai dit que je connais bien la grande valeur du club et de son logo, et je veux contribuer avec eux à remporter de nouveaux titres dans le palmarès du club. Je leur ai également dit que je les respecte tous sans exception et j’attends de leur côté qu’ils me respectent eux aussi. Franchement, j’espère continuer avec ces joueurs pour des années et des années. Tout au long de ma carrière, j’avais entraîné trois équipes seulement : 7 ans avec le club sud-africain de Super Stars, 5 ans avec les Bafanas Bafanas (l’équipe nationale sud-africaine) et 8 ans avec Mamelodi Sundowns. Bien que mon contrat avec Ahli soit de 2 ans seulement, je souhaite réussir avec le club et prolonger mon contrat pour de longues années.

— Et sur le plan technique et tactique, ne voyez pas que vous n’avez pas assez de temps pour bien préparer l’équipe, surtout que vous allez jouer la demi-finale de la Ligue des champions d’Afrique dans quelques jours contre le Wydad de Casablanca ?

— Vous avez raison, il ne reste pas beaucoup de temps avant de disputer le match aller de la demi-finale de la Ligue des champions contre le Wydad. Mais heureusement, le système de jeu des joueurs d’Ahli est le même que j’appliquais avec les joueurs de Mamelodi Sundowns, c’est le (4-2-3-1). Avec le coach précédent, René Weiler, l’équipe évoluait en (4-2-3-1) qui se transformait parfois en (4-4-2) ou (4-3-3) selon le match. Moi, je préfère évoluer en (4-2-3-1), mais je dois quand même corriger quelques détails techniques, surtout dans les mouvements des joueurs avec et sans ballon et de leur apprendre ma philosophie de travail et mon style de jeu. Je sais très bien qu’il y a beaucoup de travail que je dois faire avec l’équipe, surtout sur le plan défensif. Aussi, je suis nouveau avec l’équipe, alors je ne connais pas bien les joueurs, leurs points de force et de faiblesse. Je vais compter alors sur mon adjoint égyptien Sami Komsan, car il connaît mieux les joueurs de l’équipe.

— Nous avons vu, lors des 3 matchs que vous avez joués avec l’équipe au Championnat national, que vous donnez la chance aux jeunes joueurs comme Al-Arabi Badr, Fakhri et Chadi Radwane. Est-ce que votre philosophie est de compter sur les jeunes joueurs au lieu des joueurs plus âgés ?

— Je compte sur les deux, les expérimentés et les jeunes. Les joueurs âgés ont de grandes expériences qui peuvent bien aider l’équipe. Depuis mon arrivée, j’ai remarqué, lors des entraînements, que quelques jeunes joueurs ont un très bon niveau technique et ils ont la puissance physique et la motivation. Je dois donc profiter de cela et les encourager en leur donnant du temps de jeu, vu le grand nombre des joueurs absents de l’équipe, soit à cause de blessures tels Ayman Achraf et le gardien Mohamad Al-Chennawi, ou à causes de suspension comme c’était le cas avec le défenseur Yasser Ibrahim (3 cartons jaunes).

— Finalement, quels sont vos objectifs avec les Rouges ?

— Tout d’abord, mon grand défi est de diminuer le nombre des joueurs absents à cause des blessures. Nous ne pouvons rien faire dans les grandes blessures des tendons on des ligaments, comme celle de Saad Samir (coupure au ligament d’Achille) ou de Mahmoud Metwalli (coupure du ligament croisé du genou), ces genres de blessures nécessitent du temps pour être soignés. Mais nous devons mieux gérer les autres blessures musculaires comme celle de Rami Rabie (déchirure aux muscles ischio-jambiers), celle de Mohamad Al-Chennawi (déchirure au muscle adducteur). Ce genre de déchirures musculaires doit être soigné plus rapidement. Les blessés d’Ahli prennent beaucoup de temps avant d’être soignés des blessures musculaires. A mon arrivée, j’ai tenu des réunions avec les membres du staff médical pour discuter de la manière de résoudre ce problème. Nous devons travailler sur le développement de l’aspect physique des joueurs et savoir pourquoi le niveau physique des joueurs est en baisse. Quant à mes objectifs avec le club, sans doute, je rêve de remporter beaucoup de titres avec Ahli et de créer une nouvelle génération de joueurs à la hauteur de celle de Mohamad Abou-Treika, Emad Metaeb et Waël Gomaa.

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