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La Golden Girl du tennis égyptien fait des prouesses

Doaa Badr, Lundi, 28 septembre 2020

Mayar Shérif (24 ans) a réalisé un exploit en devenant la première joueuse égyptienne à disputer le grand tableau d'un tournoi de grand Chelem de tennis.

La Golden Girl du tennis égyptien fait des prouesses

Paris a témoigné d’un nou­vel exploit du sport égyp­tien. La jeune tenniswo­man égyptienne Mayar Sherif (24 ans), 171e mondiale, est devenue la première Egyptienne de l’histoire à disputer le grand tableau (tour principal) d’un tournoi du grand Chelem de tennis. Surnommée la « Golden Girl », elle a réalisé cet exploit vendredi après avoir rem­porté sa « petite finale » à Roland-Garros. Elle a dominé son match contre l’Italienne Giulia Gatto-Monticone (155 mondiale), 2 à 0 (6-1, 6-3), décrochant ainsi sa place pour le tout premier Grand Chelem de sa carrière et de l’histoire du ten­nis égyptien.

Un sacre pour celle qui a été aussi la première Egyptienne à remporter un match en Grand Chelem senior et cela lors du premier tour des qualifi­cations lorsqu’elle a écrasé Maria Camila Osorio Serrano (Col, n° 186 mondiale) sur le score de 2 à 0 (6-4, 6-0). Puis, au deuxième tour qualifi­catif, elle a réalisé une vraie perf, jeudi, en dominant avec maîtrise l’Américaine Cathy McNally (120 mondiale) 2 à 0 (6-4, 6-2).

Grande fan de Roland-Garros depuis son plus jeune âge, l’Egyp­tienne se félicite de son fabuleux parcours à Paris, « Je me suis tou­jours imaginée en train de faire quelque chose de bien ici à Paris. J’apprécie tout simplement, c’est un rêve de concourir ici », a déclaré la jeune Egyptienne sur le site officiel de Roland-Garros.

Ainsi, Mayar Sherif a disputé son premier match sur le court Philippe-Chatrier au tour principal de Roland-Garros, face à la Tchèque Karolina Pliskova, n° 4 mondiale et numéro 2 de la compétition (ndlr: résultat non communiqué).

Ses débuts

Imitant sa soeur ainée, la petite Mayar a commencé à pratiquer le tennis et le badminton avant de se concentrer sur le tennis. Elle a réali­sé de bons résultats en juniors et à l’âge de 15 ans, elle a passé l’été en Espagne pour s’entraîner avec son actuel entraîneur, l’Espagnol Justo Gonzalez Martinez. Après avoir obtenu son bac, elle a décidé d’inté­grer l’Université de Pepperdine à Malibu Californie (Etats-Unis). Durant ses études, elle a réalisé de bonnes performances aux Championnats universitaires des Etats-Unis. Elle n’a commencé sa carrière professionnelle qu’après avoir terminé ses études universi­taires en 2018, c’est pourquoi elle a commencé l’année 2019 en tant que non-classée. La jeune ne regrette pas d’avoir choisi cette voie. « Franchement, je sens que j’ai fait le bon choix. Beaucoup de gens m’ont dit qu’il ne faut pas aller aux Etats-Unis pour étudier. Mais j’avais beaucoup de temps pour m’entraîner et j’ai commencé ma carrière profes­sionnelle l’année dernière. Je suis sur le bon chemin », dit-elle.

2019, une prouesse

Mayar Sherif a réalisé une prouesse en 2019 en devenant la première Egyptienne à se qualifier pour les Jeux Olympiques (JO) en tennis, et cela après avoir remporté la médaille d’or en simple dames lors des Jeux africains au Maroc qualificatifs pour les JO de Tokyo. Elle a décroché encore l’or en double et par équipes. Elle était la première Egyptienne à participer au tour qualificatif de l’Open d’Australie et elle était la première Egyptienne à entrer dans le top 200 au classement mondial de tennis.

Aujourd’hui après son exploit à Roland-Garros, Mayar va améliorer son classement mondial et se rappro­cher de son but et ses rêves. « J’ai beaucoup d’années pour réaliser mes rêves et j’ai de la patience, je suis sur le bonne voie », souligne la jeune Egyptienne.

Mayar Sherif n’est pas la seule Arabe et Africaine à disputer le tour principal de Roland-Garros. Elle est accompagnée de la légendaire tuni­sienne Ons Jabeur (numéro 34 mon­dial). Première joueuse arabe à atteindre les quarts de finale de Grand Chelem en janvier à Melbourne, la Tunisienne a montré qu’atteindre le top 100 et même le top 50 était possible malgré les moyens limités. « Je pense toujours au fait que nous ne sommes que deux dans le top 200. Le problème est que (dans le monde arabe) nous ne croyons pas que nous pouvons faire de telles performances. Personne avant nous ne l’a fait. Nous ne connaissons pas le chemin. J’avais l’habitude de regarder Ons et de dire: Ons a atteint le top 200, pour­quoi pas moi? Ons a atteint le top 100 et est restée longtemps dans le top 200, pourquoi ne pas faire la même chose? J’ai vu comment Ons l’a fait étape par étape — si nous avions de meilleures ressources, ou si nous avions quelqu’un pour nous montrer comment faire, peut-être que nous l’aurions fait plus tôt, mais cela ne veut pas dire que nous n’y arriverons pas. Pour le moment, nous ne sommes que deux, j’espère que les générations futures pourront nous voir et se dire: Eh bien, elles l’ont fait, pourquoi pas nous ? », a déclaré la star égyptienne sur le site officiel de Roland-Garros.

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