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Football : Reprise difficile du Championnat égyptien

Karim Farouk, Mercredi, 12 août 2020

Le football égyptien a repris ses droits après la trêve forcée de plusieurs mois due au Covid-19. Mais entre un calendrier surchargé et plusieurs cas détectés positifs au coronavirus au sein de certains clubs, ce retour fait un grand débat.

Football : Reprise difficile du Championnat égyptien

Le ballon a roulé en Egypte pour la première fois depuis cinq mois après une longue pause forcée en raison de la pandémie du Covid-19 par la rencontre de Zamalek et Masri, jeudi 6 août. Les Blancs se sont imposés par une petite victoire 1-0 dans un match qui a ressemblé à la nouvelle norme qu’on a vue dans les Championnats européens avec un stade vide, des remplaçants masqués et distancés et des grandes précautions sanitaires.

Un retour qui a fait couler beaucoup d’encre, mais pas pour les bonnes raisons. La continuité de la compétition est déjà mise en question après que 16 membres de l’équipe de Masri ont été testés positifs pour le nouveau virus. Les membres du club phare de Port-Saïd avaient été testés négatifs avant la rencontre de Zamalek, mais à la veille de son second match contre Haras Al-Hodoud, lundi 8 août, les nouveaux tests ont démontré l’infection de 12 joueurs et 4 membres du cadre technique. « Je demande à la Fédération Egyptienne de Football (FEF) et au ministère de la Jeunesse de reconsidérer leur décision de reprendre le football en cette période. Nous avions nos doutes auparavant, mais maintenant, c’est une vérité. Nous avons 16 infections, Al-Intag Al-Harbi a eu 19 infections ces derniers jours. Comment voulez-vous assurer la sûreté du personnel et l’intégrité de la compétition dans de telles conditions ? Il faut annuler cette saison et débuter une nouvelle saison en octobre prochain », a dit le président de Masri, Samir Halabiya. De son côté, la Fédération égyptienne a refusé, dans un communiqué officiel, tout changement ou report du match en confirmant qu’il n’y a pas lieu de faire des modifications dans le calendrier du championnat, surtout que « le grand nombre d’infections au sein d’une seule équipe reflète un non-respect des mesures de précautions nécessaires ».

La FEF a imposé un protocole sanitaire très strict (voir sous-encadré), y compris l’accomplissement de tests régulièrement avant les matchs. La FEF avait indiqué avant la reprise que le cas d’Al-Intag demeure un cas particulier, car les infections étaient lors de la phase de préparation et que les clubs doivent assumer leurs responsabilités et la sûreté de leur personnel. « Les clubs ont des effectifs de 30 joueurs en plus d’une large base de joueurs juniors. S’ils ne vont pas les utiliser, pourquoi alors les avoir ? On savait que cela pouvait arriver et on doit se préparer à tous les scénarios », a dit Walid Al-Attar, directeur exécutif de la FEF. Mais la FEF est revenue sur sa décision de reporter le match à une date ultérieure après avoir effectué de nouveaux tests des joueurs de Masri le lundi matin.

La FEF a annoncé le calendrier de la reprise à une cadence infernale. Les rencontres se joueront tous les jours d’ici jusqu’à la fin août, et les clubs enchaînent des matchs tous les 3 jours. Le reste du calendrier serait annoncé à une date ultérieure après l’annonce des engagements continentaux des clubs égyptiens. Ahli et Zamalek disputeront les demi-finales de la Ligue d’Afrique tandis que Pyramids FC est toujours en lice pour le titre de la Coupe de la Confédération.

Le comité des compétitions au sein de la FEF a annoncé qu’il envisage terminer cette saison en octobre prochain, au cas où il n’y aura pas d’engagements pour la sélection, afin de débuter la nouvelle saison quelques semaines après. « Nous avons mis un plan pour le reste de cette saison et aussi la saison prochaine. Nous avons une obligation de terminer la saison 2020-2021 avant le mois de juin, car la sélection olympique va participer aux Jeux olympiques de Tokyo qui se dérouleront l’été prochain. Nous ne pouvons pas tolérer de nouvelles perturbations dans le calendrier qui est déjà très serré. N’importe quel changement ou modification risque de compromettre la saison, car nous n’avons pas d’autres espaces si on veut terminer le championnat et jouer la Coupe d’Egypte », a déclaré Hossam Al-Zanati, directeur du comité des compétitions, lors d’une conférence de presse.

La concurrence relancée

Bien que cette nouvelle version de football donne une certaine impression d’étrangeté, le jeu n’a pas changé. Il est vrai que le niveau laisse à désirer, mais les acteurs principaux ont conservé leurs rôles. Ahli continue à faire cavalier seul. Largement en tête du classement avec 18 points d’avance sur leur plus proche rival, Zamalek, les Rouges ont été dominateurs face à Enppi (2-0) pour décrocher leur 17e victoire en 18 matchs. C’est juste une question de temps avant de décrocher leur 42e sacre et 5e titre d’affilée.
Grâce au but de son défenseur vedette, Mahmoud Alaa, contre Masri, Zamalek s’est relancé de plain pied dans la course pour la 2e place, synonyme de participation à la prochaine édition de la Ligue d’Afrique. Les Blancs, qui comptent 34 points, sont au coude-à-coude avec Moqaouloun (33 points) et Pyramids FC (32 points). Les 3e et 4e places sont aussi importantes, car elles donneront accès à la Coupe de la Confédération la saison prochaine.
A l’autre bout du classement, Maqassa a réalisé une importante victoire de 2-1 face à Assouan pour sortir de la zone dangereuse. Une nouvelle relance avec son entraîneur préféré, Ihab Galal, qui l’avait mené à terminer dauphin du championnat depuis 3 saisons. De retour à la barre technique en mars dernier juste avant la suspension de la compétition, Galal a dû attendre 5 mois pour disputer son premier match officiel avec Maqassa avec une mission précise d’épargner à l’équipe la relégation cette saison après une première moitié de saison catastrophique. Un début réussi, mais le chemin reste encore épineux, surtout qu’il se bat contre au moins 5 autres équipes, dont Assouan, pour survivre dans l’élite égyptienne. Les enjeux sont nombreux : course au titre, places dans les compétitions continentales et la bataille du fond. Et avec des matchs qui se jouent tous les jours, le spectacle sera effréné.


Un strict protocole sanitaire imposé par la FEF

— Les stades sont divisés en 3 zones avec une présence de 300 personnes au maximum, y compris les deux équipes, le personnel du match et les membres de sécurité et des médias.

— Les équipes, staffs et arbitres devront subir un test PCR (réaction en chaîne par polymérase) 24 heures avant chaque match.

— Le club hôte doit faire tous les travaux de désinfection du stade et de ses locaux sous supervision du comité médical de la FEF.

— La température des joueurs sera mesurée à leur arrivée au stade.

— Chaque équipe entrera sur la pelouse séparément.

— La poignée de main et l’échange de maillots sont interdits.

— Le nombre de personnes dans les vestiaires est réduit.

— L’équipe hôte arrive au stade avant l’équipe visiteur et quitte après elle.

— Chaque bus de transport ne peut comprendre que 26 membres.

— 6 membres du staff technique seront autorisés à rester sur le banc.

— Les masques et les gants sont obligatoires pour toutes les personnes présentes aux stades.

— Toutes les équipes de 1re division doivent avoir effectué au moins 7 tests avant la reprise.

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