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Football: Le retour du championnat se fait attendre

Karim Farouk, Lundi, 01 juin 2020

En suspension depuis le 15 mars, le sort du Championnat national demeure toujours inconnu. Bien que la reprise soit une solution logique pour sauver le foot de nombreux dommages sportifs et financiers, d’autres scénarios sont aussi sur la table, dictés par le spectre du Covid-19.

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Alors qu’un retour progressif à la normale se dessine, l'Egypte reste plongée dans le débat de la reprise ou non du championnat. La décision du premier ministre, Moustapha Madbouli, d'autoriser l'ouverture des clubs et des centres sportifs à partir du 15 juin a donné un brin d'espoir à la reprise de la saison suspendue depuis le 15 mars dernier. « Nous espérons la reprise des compétitions locales, et je pense que c'est possible aussitôt qu'on ait mis en place certaines directives pour préserver la santé des personnes. Nous observons la situation en Allemagne et sommes en consultations avec leurs autorités pour apprendre leurs mesures. Le ministère de la Jeunesse et du Sport et le ministère de la Santé sont en discussions pour mettre un guide pour la reprise des activités sportives. Si la fédération, clubs et joueurs l'acceptent et assument la responsabilité, on pourra relancer le championnat », a dit Nader Saad, porte-parole du cabinet. Le Fédération Egyptienne de Football (FEF) a aussi exprimé son optimisme après les dernières décisions, bien que cela risque de retarder un peu ses plans. « Nous avions déjà un plan de reprise et on espérait pouvoir permettre aux clubs de reprendre les entraînements à partir du 1er juin. Nous essayerons de demander au gouvernement une exception, sinon, on devra ajuster nos programmes et calendrier pour nous aligner à ce retard », a dit Walid Al-Attar, directeur exécutif de la FEF. Selon le ministre de la Jeunesse et du Sport, Achraf Sobhi, une décision finale concernant le championnat devrait se formuler en début juin.

Parallèlement, le débat est grand ouvert au sein des clubs. Est-ce qu’il faut reprendre la saison alors que le Covid-19 continue à faire des victimes? Le solide leader du championnat, Ahli, dit oui. Le ténor cairote réclame la « nécessité de la reprise de la saison » afin de limiter « les grandes pertes sportives et économiques » des clubs en cas d’abandon de la saison. Dans l’autre camp, le président d'Ittihad d’Alexandrie, Mohamad Mosselhi, a révélé qu’il parlait au nom de 13 clubs d’entre 16 clubs lorsqu’il dit qu’il faut abandonner la saison. « Ça fait deux mois que les joueurs sont en confinement, nous avons besoin d’une nouvelle phase de préparation, pas moins de quatre semaines, afin de reprendre l’action. Il nous reste encore la moitié de la saison à disputer, quand on pourra terminer la saison pour ensuite débuter une nouvelle », explique-t-il. Le directeur du Comité des compétitions, Hussein Al-Zanati, a, quant à lui, admis que la situation se complique de plus en plus avec chaque report.

La question fait polémique surtout concernant le titre de champion, les places qualificatives aux compétitions continentales et la promotion et la relégation. Ahli, qui compte 16 points d’avance sur son plus proche rival, se voit comme champion légitime même en cas d’annulation de la saison et ceci sur le modèle de nombreux championnats tels que la France, les Pays-Bas, le Cameroun, la RD Congo, parmi d’autres. Moqaouloun, actuel dauphin, réclame aussi son actuelle place qualificative à la prochaine Ligue d’Afrique, synonyme de nombreux gains financiers. Zamalek mène un autre camp qui demande une saison blanche.

« Nous sommes en train de travailler sur plusieurs scénarios pour la reprise, mais aussi en cas de décision de l’annulation de la saison. Ce n’est pas une décision qui revient à la fédération mais au gouvernement et nous devons être prêts à toutes les possibilités », a dit Mohamad Fadl, membre du comité chargé de la gestion des affaires de la FEF.

Le danger financier pèse lourd

« Qu’on reprenne la saison ou pas, une chose est sûre: les clubs sont épuisés financièrement maintenant et les prix et salaires vont sûrement changer. Je pense qu’on verra une large baisse lors du prochain marché des transferts et des contrats, actuels ou futurs », a ajouté Mosselhi. De nombreux clubs tels que Ittihad d’Alexandrie, Moqaouloun, Masri et Ismaïli ont déjà annoncé la réduction des salaires des joueurs et cadres techniques. Les clubs sont privés de leurs droits télévisés et revenus publicitaires. De même que la compagnie Presentation Sports, qui détient tous les droits commerciaux de tous les clubs de la première division, a arrêté de payer ses versements évoquant une situation de force majeure, ce qui a poussé certains clubs à recourir à la justice pour réclamer leurs droits. La FEF a d’ailleurs annoncé avoir résilié unilatéralement son contrat avec la même compagnie pour le non-respect de ses obligations financières.

Seul Ahli a annoncé en avril dernier ne pas compter toucher aux salaires et contrats de ses joueurs et cadre technique, et ceci pour quatre mois avant de réévaluer la situation de nouveau le 1er juillet. Dans un communiqué ultérieur en date du 2 mai, la direction des Rouges a annoncé le fait d'avoir payé 85% de ses obligations financières envers les joueurs, cadres techniques et médicaux, comme c’est supposé être le cas pour tous les autres clubs, et qu’en cas d’annulation de la saison, les revenus vont chuter à moins de 50 %.

La FEF essaye d’éviter une onde de choc au football égyptien. Les enjeux sont nombreux, qu’ils soient financiers ou sportifs, mais le spectre d’une crise sanitaire plane toujours. « Un retour anticipé et hasardeux serait catastrophique. Nous devons avoir des conditions très strictes pour les joueurs, des tests pour tout le personnel, des regroupements fermés et de nouvelles régulations et directives au cours des matchs. Sans cela on risque qu’il y ait une infection parmi les joueurs et les conséquences seront désastreuses », conclut Mohamad Soltan, chef du comité médical au sein de la FEF l

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