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Chawqi Gharib : Notre mission ne sera pas facile, mais nous sommes prêts pour remporter le titre pour la première fois de notre histoire

Amr Moheb, Mardi, 05 novembre 2019

A quelques jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) des moins de 23 ans en Egypte, vendredi 8 novembre, Chawqi Gharib, coach de l’équipe olympique égyptienne, revient sur la préparation de ses joueurs.

Chawqi Gharib
(Photo : Al-Ahram)

Al-Ahram Hebdo : Après la déception des Pharaons à la dernière CAN en Egypte il y a 4 mois, l’équipe olympique répondra-t-elle présente lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) des -23 ans comme l’espèrent les sup­porters égyptiens ?

Chawqi Gharib : Tout d’abord, soyons d’accord de dire que notre groupe est difficile. Il comprend avec nous trois grandes nations du football : le Cameroun, le Ghana et le Mali. Il n’y a pas seulement les équipes de notre groupe qui sont fortes, mais aussi celles du deuxième groupe. La CAN des -23 ans est dif­férente de celle de la CAN des seniors qui a eu lieu en Egypte il y a quelques mois et qui regroupait 24 équipes. La CAN des -23 ans regroupe 8 équipes seulement. D’après moi, elles sont toutes favo­rites et peuvent remporter le titre. Il y a des joueurs très talentueux, dont un grand nombre évolue dans des grands clubs en Europe. Comme vous le savez, les 3 premières équipes de cette CAN seront quali­fiées aux Jeux Olympiques (JO) de Tokyo 2020. Si on parle des chances de l’équipe égyptienne, oui nous avons une grande chance de gagner le titre malgré la concurrence achar­née qui aura lieu. La génération actuelle des jeunes joueurs égyptiens est de très haut niveau technique. Ils sont presque tous titulaires dans les équipes A de leurs clubs au Championnat national. Notre mis­sion ne sera pas facile, mais nous sommes prêts pour remporter le titre pour la première fois de notre his­toire.

— Etes-vous satisfait de l’état actuel de votre équipe avant le début de la compétition ?

Oui, les joueurs sont prêts phy­siquement, techniquement et mora­lement. Ils savent l’importance que cette CAN a pour les supporters égyptiens. Nous ferons de notre mieux pour rendre nos supporters heureux après la déception de la pre­mière sélection de la CAN des seniors en juin dernier. Nous voulons aussi montrer au public égyptien qu’il y a une génération de jeunes joueurs prometteurs dignes de porter les couleurs du maillot national et qui sont capables de bien défendre l’image du football égyptien dans les années à venir. Nous avons convo­qué les meilleurs éléments à chaque poste d’après des critères que nous avions mis en place. Je sais que nous sommes critiqués dans les médias sur le choix des joueurs convoqués, mais cela ne m’inquiète pas. Car lorsque le staff technique fait sa sélection, il ne pense pas à plaire aux supporters ou aux journalistes, il pense uniquement à choisir les meilleurs éléments à chaque poste selon leur niveau actuel et il ne pense pas à leur nom ou au club pour lequel ils jouent au championnat. Nous avons sélectionné les footballeurs les plus prêts physiquement et techniquement, ceux qui peu­vent faire la meilleure perfor­mance et appliquer notre sys­tème technique et tactique sur le terrain lors des matchs. Malheureusement, il y a eu les blessures de deux bons joueurs, Karim Nedved et Mohamed Mahmoud, qui vient d’être blessé et qui a été opéré du ligament croisé en Allemagne il y a quelques jours. Ces deux footballeurs étaient parmi les piliers de notre équipe et leur absence nous a beaucoup déçus. Surtout Nedved, car il était l’un des plus expérimentés de l’équipe et il pouvait évoluer à plusieurs postes. C’est pourquoi j’essaie toujours de tester les joueurs à plusieurs postes et non seulement à leur poste initial, car si jamais il y a de nouvelles bles­sures ou expulsions, je trouverai toujours de bons remplaçants. De même, j’essaie de mettre en place différents systèmes de jeu et des plans tactiques variés, comme lors des matchs amicaux. Malheureusement, les médias m’ont critiqué après le match amical contre l’Afrique du Sud et n’ont pas com­pris que l’objectif de ces rencontres n’est pas de gagner, mais d’essayer des systèmes de jeu et différents joueurs pour bien se préparer pour les rencontres officielles.

— Revenons à notre groupe, vous avez dit que c’est un groupe difficile …

Coupe d’Afrique des Nations
Ramadan Sobhi (au centre) figure parmi les grands atouts de Gharib. (Photo : Ahmad Aref)

— Oui, bien sûr, c’est un groupe difficile. Avec nous, il y a le Cameroun, le Ghana et le Mali. Ce dernier est une des bonnes équipes du monde dans cette catégorie d’âge des -23 ans. Il y a une bonne généra­tion de joueurs qui, sous la direction de leur coach Fagneri Diarra, peut aller très loin dans la compétition. Déjà les Aiglons de Mali ont rem­porté la médaille de bronze en Coupe du monde des -20 ans en 2015, puis ils étaient en quarts de finale de la dernière Coupe du monde 2019 en Pologne. Quant au Ghana, c’est l’une des équipes les plus presti­gieuses, pas seulement en Afrique, mais aussi au niveau mondial. Plusieurs joueurs de qualité tech­nique extraordinaire composent cette équipe tel le défenseur Robin Polley qui évolue avec le club hollandais d’ADO Den Haag. Les Camerounais, sous la direction technique de l’an­cienne grande star camerounaise Rigobert Song, sont aussi une des très grandes équipes africaines sur le plan des jeunes. 18 des 23 joueurs convoqués évoluent en Europe tels Raphael Anaba, défenseur de Lyon (D1, France), Pierre Fonkeu, atta­quant de Lens (D1, France), et Stéphane Zobo, attaquant de Toulouse (D1, France). Alors nous sommes dans un groupe qui com­prend avec nous 3 monstres afri­cains. Nous avons bien étudié nos adversaires et nous sommes prêts pour la compétition.

— La démission de l’ancien conseil d’administration de la Fédération Egyptienne de Football (FEF) suite à l’élimination des Pharaons à la CAN 2019 il y a 4 mois et l’arrivée du nouveau conseil ont-elles affecté le pro­gramme de préparation de votre équipe ?

— Non. Le programme que j’ai présenté à la fédération il y a plus d’un an et demi, en février 2018, pour la préparation de l’équipe a été suivi sans le moindre changement, que ce soit durant la période d’Abou-Rida ou celle du conseil d’Al-Ganayni. Franchement, les deux conseils ont fait de leur mieux pour que l’équipe reste concentrée et que sa préparation se fasse comme nous voulons. Même avec le problème des matchs récemment reportés pour des raisons de sécurité, rien n’a été chan­gé dans notre programme. J’ai fait le rassemblement des joueurs le 25 octobre comme je l’avais demandé et c’était prévu dans le programme fait en février 2018. Nous avons trouvé tout le soutien financier, matériel et même moral de la part de la FEF et l’Etat représenté par le ministre de la Jeunesse et du Sport, Dr Achraf Sobhi. La fédération et le ministère nous soutiennent toujours pour que nous puissions réaliser notre objectif de nous qualifier aux JO de Tokyo 2020. De notre côté, nous allons faire de notre mieux pour obtenir de bons résultats et rendre les suppor­ters égyptiens satisfaits et fiers de nous.

— Le championnat se joue souvent en huis clos ou avec un nombre de spectateurs réduits. Jouer les matchs devant des dizaines de mil­liers de supporters aura-t-il un impact négatif sur les joueurs ?

— Au contraire, le fait de jouer à domicile et devant ton public est un avantage et non pas du tout un incon­vénient, même si la majorité des joueurs ne sont pas habitués à jouer devant un grand nombre de specta­teurs. Les supporters avaient un impact positif sur les Pharaons à la CAN il y a quelques mois malgré leur élimination. La déception de l’équipe était pour d’autres raisons techniques et non pas à cause des supporters. J’espère que des milliers de personnes vont venir remplir les tribunes pour encourager nos joueurs et nous aider à réaliser notre rêve de se qualifier aux JO et à remporter la Coupe d’Afrique.

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