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Les championnats de tous les maux

Doaa Badr, Mardi, 08 octobre 2019

Les Championnats du monde d’athlétisme, qui se sont terminés le 6 Octobre à Doha au Qatar, ont créé la polémique à cause de l’organisation défaillante et des températures intenables. Malgré cela, les athlètes africains ont réalisé de bonnes performances.

Les championnats de tous les maux
Le Kényan Kipruto a conservé son titre du 3 000 m steeple. (Photo : AP)

Chaleur insoutenable, gradins vides … Le spec­tacle donné aux Championnats du monde d’athlétisme, du 17 septembre au 6 octobre à Doha, au Qatar, n’était pas à la hauteur de la 3e compétition sportive la plus importante après la Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques (JO). Les tempéra­tures extrêmes enregistrées, à savoir plus de 40 degrés en journée, plus de 30 en soirée, et 75 % d’humidité ont suscité d’emblée les pires inquié­tudes, alimentées par les défaillances spectaculaires lors du marathon dames dès la première soirée. Si tout avait été prévu au Khalifa Stadium avec un système de climatisation qui a rendu les conditions supportables pour les athlètes, la plupart des épreuves sur route comme le mara­thon, et la marche, ont été insuppor­tables. S’est ajouté à cela le manque de spectateurs dans les tribunes. Le premier week-end, la plupart des compétitions ont été disputées devant des tribunes presque vides. Pour essayer de résoudre ce problème, des spectateurs ont été recrutés dans la main-d’oeuvre est-africaine locale et d’autres ont été rémunérés pour gar­nir les sièges de ce stade équipé de 3 000 bouches d’aération pour faire baisser la température.

Malgré ces mauvaises conditions, le président de la Fédération interna­tionale d’athlétisme (IAAF), Sebastian Coe, a affirmé que ces Mondiaux sont les meilleurs enregis­trés sur le plan de la qualité et des performances des athlètes. « Six records ont été battus, 43 nations ont décroché des médailles. 21 records continentaux ont été réalisés, soit le double par rapport à l’édition 2017, et 86 records nationaux ont été bat­tus », a détaillé Coe, après la dernière finale des Mondiaux.

Le Kenya conserve sa place

A la clôture de cette édition des Mondiaux, sans surprise, les Etats-Unis ont terminé premiers au tableau des médailles avec 14 médailles d’or, 11 d’argent et 4 de bronze, soit 29 au total.

Le Kenya a aussi conservé sa seconde place, juste derrière les Etats-Unis, avec 5 médailles d’or, 2 d’ar­gent et 4 de bronze. C’est presque la même performance réalisée aux Mondiaux 2017, lorsque le Kenya s’était classé à la 2e place avec 5 médailles d’or, 2 d’argent et 4 de bronze (11 au total). Les Mondiaux de Pékin 2015 avaient constitué un tournant dans l’histoire de l’athlé­tisme du Kenya, qui avait réalisé une première en terminant premier au tableau des médailles avec 16 médailles dont 7 d’or, devançant alors la Jamaïque et les Etats-Unis.

A Doha, les Kényans ont continué sur cette lancée grâce aux épreuves de fond et de demi-fond. Les 5 lauréats d’or sont : Timothy Cherunyot (1 500 m hommes), Conselus Kipruto (3 000 m spteeple hommes), Hellen Obiri (5 000 m dames), Ruth Chepngethich (marathon dames) et Béatrice Chepkoech (3 000 m steeple dames). La vedette de l’équipe kényane c’est Hellen Obiri, qui a conservé son titre sur 5 000 m. En 14:26.72, Obiri (29 ans) a battu le record des championnats pour devan­cer au sprint sa compatriote. Margeret Chelimo Kipkemboi (14:27.49). Chez les hommes, Conseslus Kipruto, champion olympique et champion du monde en titre, a conservé son titre sur 3 000 m steeple.

En 8:01.35, Conseslus Kipruto, 24 ans, a battu d’un centième l’Ethiopien Lamecha Girma en le rattrapant dans les derniers mètres (8:01.36). C’est sa meilleure performance mondiale de la saison, à moins d’une seconde de son record personnel, établi en 2016, alors que Lamecha Girma a lui aussi battu le record national d’Ethiopie.

L’Ethiopie s’améliore

L’Ethiopie est la 2e nation africaine qui figure au tableau des médailles. Les Ethiopiens se classent 5es avec 2 médailles d’or, 5 d’argent et une de bronze (8 au total). Ainsi, ils ont amé­lioré leur classement par rapport à la dernière édition lors de laquelle ils avaient décroché la 7e place avec 5 médailles dont 2 en or.

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Magnus Kirt (Estonie) reçoit une attention médicale lors de la finale du javelot. (Photo : AFP)

A Doha, les coureurs éthiopiens, maillots jaunes, ligués face aux trois frères norvégiens Ingebrigtsen, maillots blancs, ont offert un superbe 5 000 m qui a permis à l’Ethiopien Muktar Edris de conserver son titre mondial. Jugé trop long, à savoir douze tours et demi de piste, le 5 000 m a été sacrifié par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) qui l’a retiré du programme de la Ligue de diamant l’année prochaine. Pourtant, la course de Doha a été l’événement le plus spectaculaire des Mondiaux et a donné tort à la fédéra­tion sur son choix. Au bout du sus­pens, pour la deuxième fois consécu­tive c’est l’Ethiopien Muktar Edris (12:58.85) qui a été sacré devant son jeune compatriote Selemon Barega (12:59.70).

L’autre médaille d’or de l’Ethiopie a été obtenue par Lelisa Desisa qui a remporté le Marathon. En 2 heures, 10 minutes et 40 secondes, il a devan­cé son compatriote Mosinet Geremew et le Kényan Amos Kipruto. Lelisa Desisa était le plus fort.

Deux médailles d’or pour l’Ouganda

Pour la première fois dans l’His­toire, l’Ouganda s’est classé à la 9e place avec 2 médailles d’or. Ainsi, le pays a fait un grand bond, si l’on regarde en arrière vers Londres 2017. L’Ouganda n’était alors qu’à la 31e place.

Mais à Doha, L’Ougandaise Halimah Nakaayi a remporté le 800 m. Elle a été sacrée championne du monde devant les Américaines Raevyn Rogers et Ajee Wilson. La course se déroulait en l’absence de la double championne olympique sud-africaine Caster Semenya, privée des Mondiaux en raison de son refus de suivre un traitement pour faire baisser son taux de testostérone. L’Ougandaise de 24 ans a battu son record personnel lors de cette course, en finissant en 1:58.04. Elle s’était classée troisième des Jeux africains le 27 août à Rabat, au Maroc. L’autre médaille d’or de l’Ouganda a été obtenue par Joshua Cheptegei sur 10 000 m.

D’autres pays africains ont aussi décroché des médailles, comme l’Algérie qui a remporté l’argent grâce à Taoufik Makhloufi sur 1 500 m, tandis que le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Maroc, la Namibie et le Nigeria ont décroché chacun une médaille de bronze.

Aucune médaille pour l’Afrique du Sud et l’Egypte

La grande absente du tableau des médailles est l’Afrique du Sud, alors que lors des Mondiaux de Londres 2017, le pays avait réalisé un exploit en se hissant à la 3e place au tableau des médailles avec 3 d’or, 1 d’argent et 2 de bronze (6 médailles au total). Et en 2015, les Sud-Africains avaient décroché 3 médailles, dont 1 d’or et 2 de bronze, occupant la 13e place. Ainsi, l’édition de Doha est la plus mauvaise pour les Sud-Africains.

Enfin, l’Egypte est malheureusement rentrée bredouille de ces Mondiaux. L’exploit réalisé au lancer de javelot par Ihab Abdel-Rahmance aux Mondiaux 2015, lui valant alors une médaille d’argent, n’est qu’un lointain souvenir. Cette année, 5 Egyptiens ont disputé ces Mondiaux : Salem Mohamad (3 000 m steeple), Mostafa Elgamel (marteau), Mohamed Magdi (poids), Mostafa Amr (poids) et Bassant Hemida (200 m). Cette dernière a couru sa demi-finale du 200 m en 22.92 et s’est classée 14e. Un exploit pour cette jeune athlète devenue ainsi la première femme égyptienne ayant disputé les demi-finales aux Mondiaux.

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