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Mahmoud Mahgoub : Les médailles de Neama prouvent que la succession est assurée 

Doaa Badr, Mardi, 26 mars 2019

L’haltérophilie égyptienne entame une belle saison avec les trois médailles d’or de Neama Saïd aux Championnats du monde juniors. Pour Mahmoud Mahgoub, président de la fédération, c’est le signe d’une sélection forte, et qui sera prête pour Tokyo 2020. Entretien.

Mahmoud Mahgoub

Al-Ahram Hebdo : Que représentent ces 3 médailles d’or décrochées par Neama Saïd aux Mondiaux juniors ?

Mahmoud Mahgoub : Avec des barres de 88 kg à l’arraché, 107 kg à l’épaulé-jeté, Neama Saïd est montée sur la première marche du podium pour les deux mouvements, et aussi pour le total dans sa catégorie de 59 kg aux Championnats du monde juniors qui se sont achevés la semaine dernière à Las Vegas, aux Etats-Unis. Ces 3 médailles d’or nous remplis­sent d’optimisme pour 2019, une saison très importante pour la qualification olympique. De plus, les médailles de Neama prouvent que la succession est assurée par une nouvelle géné­ration. Chez les seniors, l’année dernière, Mohamed Ihab a remporté 3 médailles et une médaille de bronze aux Jeux Olympiques (JO) de Rio 2016 et Sara Samir a décroché 3 médailles aux Mondiaux (2 d’argent et 1 de bronze) et une médaille de bronze aux JO 2016. Cette année, nous avons commencé la saison avec le titre mondial de Neama Saïd qui marche sur les pas de Sara Samir qui était championne du monde junior et championne olympique junior. Nous avons réalisé ces bonnes performances malgré le manque des moyens financiers.

— Durant les dernières années, l’haltéro­philie égyptienne a réalisé des exploits en remportant plusieurs médailles aux diffé­rents Mondiaux et aux JO. Quel est le secret ?

— L’haltérophile égyptien possède une volonté de fer qui le distingue. Grâce à cette volonté, nous surpassons tous les obstacles et réalisons des exploits. De plus, depuis notre arrivée en tête de la Fédération égyptienne, nous avons planifié un programme sur le long terme avec des objectifs différents. Notre pre­mier but était de remporter des médailles aux Mondiaux et aux JO. Notre deuxième but était le retour de la présence des Egyptiens aux conseils des Fédérations arabes, africaines et internationales. Notre troisième but était de signer un contrat de sponsorship pour ne plus dépendre du ministère de la Jeunesse et du Sport. Ces objectifs ont été réalisés grâce aux efforts de tous les responsables de la Fédération égyptienne, l’encadrement technique des sélec­tions et les médias. Donc, c’est le résultat d’un travail collectif. Grâce aux exploits de nos ath­lètes, l’haltérophilie devient un sport populaire, et attire de plus en plus les jeunes dans les dif­férents gouvernorats d’Egypte.

— La Fédération égyptienne vient de signer un contrat de sponsorship jusqu’aux JO de Tokyo 2020. Comment les athlètes pourront-ils bénéficier de ce contrat ?

— La semaine dernière nous avons signé un contrat avec une nouvelle société spécialisée dans l’investissement sportif pour les disci­plines individuelles. Et je remercie Mohamad Adel Housni, président du conseil d’administra­tion de la société, et Mohamad Gad, membre délégué de la société, pour cette initiative. Ce sponsorship jouera un grand rôle dans la prépa­ration des haltérophiles égyptiens pour les compétitions importantes. Le nouveau système de qualification olympique, plus individuel que le précédent, obligera les athlètes à se produire plus régulièrement en compétition. Et le minis­tère de la Jeunesse et du Sport, présidé par Achraf Sobhi, ne pourra pas payer tous les frais de la participation égyptienne aux compétitions. Grâce au nouveau contrat de sponsorship, nous pourrons envoyer un bon nombre d’haltéro­philes aux compétitions internationales et nous pourrons effectuer des stages de préparation à l’étranger.

— Quels sont les défis en 2019 ?

— En avril prochain, l’Egypte organisera au Stade du Caire les Championnats d’Afrique, comptant pour la qualification olympique. Cette compétition sera une bonne occasion pour tester les jeunes Egyptiens qui seront sélectionnés. Puis, il y aura les Jeux africains qui auront lieu en août prochain au Maroc. La dernière compé­tition de la saison sera les Championnats du monde, en septembre. Durant cette période, il y aura 2 stages de préparation à l’étranger pour près de 10 athlètes. Notre objectif en 2019 est de remporter des médailles aux Mondiaux seniors.

— Quel est le système de qualification olympique ?

— La Fédération internationale d’haltérophi­lie (IWF) a déjà mis en place un nouveau sys­tème de qualification olympique désormais individuel plutôt que partiellement par équipe. Ce système, d’une durée réduite de 24 à 18 mois, vise à mieux contrôler les sportifs. Ce système obligera les athlètes à se produire plus régulièrement en compétition. Une mesure cen­sée les empêcher de se « cacher » pour éviter les contrôles antidopage. Selon ce système, l’athlète doit disputer 6 compétitions internatio­nales (une classée de la catégorie d’or, une d’argent et 4 de bronze). Les Mondiaux et les Championnats continentaux sont classés de la catégorie d’or, les Jeux continentaux sont clas­sés de la catégorie d’argent et les Coupes du monde ou les tournois internationaux sont clas­sés de la catégorie de bronze. Les 4 meilleurs résultats réalisés dans les 6 compétitions dispu­tées seront choisis pour calculer le classement mondial de chaque catégorie de poids. Les 8 premiers athlètes au classement mondial seront qualifiés pour les JO de Tokyo 2020. Puis le premier athlète de chaque continent sera choisi. Il est à noter que le quota maximum pour chaque pays est de 4 hommes et 4 dames.

— Quel est le but de l’Egypte ?

— Notre objectif en 2019 est de remporter des médailles aux Mondiaux seniors. Mais notre ultime but est de remporter entre 2 et 3 médailles aux JO de Tokyo 2020.

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