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Gymnastique : De la relève et de l’espoir

Mirande Youssef, Mardi, 12 mars 2019

Les gymnastes égyptiens entament une saison riche, dont l’objectif principal est le billet pour Tokyo 2020. Après deux mauvaises saisons, l’arrivée de jeunes gymnastes redonne un nouveau souffle à la sélection nationale.

Gymnastique : De la relève et de l’espoir
L'Egypte compte sur sa jeune génération en gymnastique rythmique.

Stages, tournois, prépara­tion physique. L’action est le mot d’ordre pour la sai­son des gymnastes de la sélection nationale.

Que ce soit dans les épreuves artistiques, rythmiques ou en tram­poline, les défis à relever sont nom­breux. Mais bien sûr, le principal est le ticket olympique pour Tokyo 2020. Pour ce faire, il faudra assurer durant les tournois qualificatifs tout au long de cette saison. Pour être à la hauteur, les gymnastes suivent en mars un stage d’entraînement en Russie. « 2019 est une saison de préparation intensive pour les tour­nois qualificatifs de Tokyo, à savoir les Championnats du monde qui auront lieu en Allemagne en octobre 2019. Avant ce tournoi important, les gymnastes participeront à un bon nombre de coupes du monde et de compétitions africaines pour gagner en expérience et confiance en soi », explique Amani Gamaleddine, entraîneure de la sélection de gym­nastique artistique dames.

La qualification à Tokyo se fera par deux moyens : le premier, via les Championnats d’Afrique en 2020. L’Egypte doit remporter la première place pour pouvoir se qualifier. Le deuxième, via les Championnats du monde. Les gymnastes doivent se classer parmi les 24 premiers gym­nastes internationaux.

Lors des JO de Rio 2016, une seule gymnaste égyptienne, Shérine Al-Zeini, a participé en gymnas­tique artistique. L’Egypte était absente dans les deux autres épreuves rythmiques et le trampo­line. Et aucun homme n’était quali­fié. Cette situation est due à deux raisons principales. La première est que la Fédération égyptienne de gymnastique souffre depuis 2014 de conflits intérieurs qui perturbent les programmes d’entraînement des athlètes. Une situation très grave pour la gymnastique, une discipline très technique qui exige un travail continu. « Cela a négativement affecté le niveau de la sélection. L’Egypte n’a pu participer aux JO de Rio 2016 qu’avec Shérine Al-Zeini. Vivant aux Pays-Bas, elle s’entraîne là-bas et n’a du coup pas été affectée par cette situation », ajoute Amani Gamaleddine.

La deuxième raison est due au refus de la Fédération égyptienne d’engager les gymnastes aux JO qui jouent dans un seul agrès. « Pourtant, on a des gymnastes très talentueux, tel Ali Aboul-Qassem, spécialiste de l’épreuve des anneaux et qui a rem­porté de nombreuses médailles internationales sur cet agrès », explique Ossama Ezz Al-Régal, directeur technique de la sélection de gymnastique artistique hommes.

Mais heureusement, cette saison s’annonce plus stable, car le prési­dent actuel de la fédération, Ihab Amin, arrivé en octobre 2017, a réussi à insuffler une nouvelle ère dans les rangs de la fédération, avec pour but de retrouver une unité et d’instaurer la stabilité qui permettra aux gymnastes de réaliser de bonnes performances. « Notre objectif est de qualifier plus de 12 gymnastes pour les prochains JO : 4 en artis­tique (2 garçons et 2 filles), 4 en trampoline et 6 en rythmique (équipe), sans compter que la fédé­ration permettra aux gymnastes spécialistes d’une seule épreuve de participer aux prochains JO », ajoute Ezz Al-Régal.

Les juniors dans la cour des grands

Gymnastique : De la relève et de l’espoir
Ali Aboul-Qassem vise la qualification olympique.

Cette saison est marquée par l’in­tégration d’un grand nombre de gymnastes de la sélection junior dans la sélection senior, et ce, grâce à leur bonne performance dans de nombreux tournois. Le dernier était lors des Jeux Africains de la Jeunesse (JAJ) en juillet 2018, où la sélection égyptienne s’est classée à la pre­mière place en nombre de médailles obtenues. Les gymnastes ont décro­ché 36 médailles, dont 17 d’or, 11 d’argent et 8 de bronze. « C’est la première fois que l’Egypte remporte autant de médailles aux JAJ. Un résultat qui annonce une nouvelle ère pour la gymnastique égyp­tienne », assure-t-il.

Les deux épreuves de la gymnas­tique, à savoir la gymnastique ryth­mique et le trampoline, ont commen­cé dernièrement à briller et à réaliser de grands progrès. « Cet essor est dû à une nouvelle sélection junior créée il y a dix ans par différents clubs. Ces jeunes ont été bien préparés pour former au bout de quelques années un groupe fort, et la fédération a commencé à récolter en 2018 les fruits de ce travail », explique Ahmad Saïd, directeur technique de la sélec­tion de trampoline.

2018 était l’année des exploits pour ces jeunes gymnastes. En gym­nastique rythmique, les Egyptiens ont raflé 30 médailles lors des Championnats d’Afrique du Caire en mai dernier, soit 17 d’or, 9 d’argent et 4 de bronze. Tandis qu’en trampo­line, les gymnastes ont remporté 13 médailles, soit 9 d’or, 3 d’argent et une de bronze. Il en est de même pour la gymnastique artistique qui a raflé, lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), 2 médailles grâce à Mohamad Montasser, qui a remporté une médaille de bronze, et Zeina Ibrahim avec une médaille d’argent. « 2019 sera encore plus fructueuse que la saison 2018. Le niveau des gymnastes est excellent pour pouvoir réaliser le but de la saison, qui est la qualification à Tokyo 2020 », conclut-il.

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