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Karaté : Entre ambition et pénurie de dollar

Doaa Badr, Lundi, 06 mars 2017

Alors que le karaté vient d'être intégré aux Jeux Olympiques (JO) de 2020 à Tokyo, les karatékas égyptiens affrontent une saison difficile en raison des restrictions budgétaires.

Karaté : Entre ambition et pénurie de dollar
Jiana Farouk et Omar Abdel-Rahmane visent une médaille aux masters.

Depuis les Championnats du monde de karaté qui se sont achevés le 30 octobre 2016 en Autriche, la sélection nationale n’a fait aucun regroupement. Malgré une excellente performance aux Mondiaux, où l’équipe s’est classée à la 4e place avec 5 médailles dont 2 d’or, la saison a très mal commencé. « Depuis notre retour des Mondiaux d’Autriche, toutes les activités sportives ont été stoppées et aucun entraînement n’a commencé », s’exclame Sayed Al-Fiqi, entraîneur de la sélection nationale. « Le pire est que le ministère de la Jeunesse et du Sport a réduit le montant des primes accordées aux médaillés des Mondiaux. La prime de la médaille d’or qui était de 200 000 L.E. est passée à 40 000 L.E. Quant à la prime de la médaille d’argent qui était de 150 000 L.E., elle est aujourd’hui de 37 000 L.E. Cette décision a profondément choqué et découragé les athlètes. Je suis certain que les performances des athlètes égyptiens seront profondément affectées par cette décision. Et j’espère que le ministère reviendra sur son choix au plus vite », souligne-t-il.

La décision du ministère de la Jeunesse et du Sport de suspendre toutes les activités sportives à cause de la pénurie de dollar est un coup très dur pour cette discipline qui vient d’être inscrite au programme des JO de Tokyo 2020. « Je suis très heureux que le karaté ait été intégré aux JO. C’était un rêve qui s’est enfin réalisé. La discipline fera ses débuts en 2020 à Tokyo, avec le base-ball/softball, le skateboard, le surf et l’escalade », souligne Mohamad Ibrahim, entraîneur de la sélection nationale.

L’impact de la crise économique

Pour le karaté, un format de compétition très restreint sera appliqué aux JO de Tokyo 2020. Le tournoi accueillera 80 athlètes. Il se limitera à 3 catégories de poids, chez les hommes comme chez les femmes. Avec 116 pays membres, les places olympiques seront très chères. Jusqu’à maintenant, le système de qualification olympique n’a pas encore été révélé, mais, selon les pronostics, la qualification olympique se fera probablement à travers le classement mondial. « Il faut savoir qu’avec l’intégration du karaté aux JO, de nombreux pays commenceront à accorder plus d’importance à cette discipline. Nous devons donc travailler dur pour conserver notre place au classement mondial », affirme Ibrahim. La Fédération égyptienne, présidée par Ayman Abdel-Hamid, a organisé le mois dernier des éliminatoires pour sélectionner les karatékas qui intègreront l’équipe nationale. « Nous avons créé un système de sélection visant à choisir les meilleurs karatékas en organisant des éliminatoires avant chaque compétition, afin de créer une concurrence permanente entre les karatékas et améliorer leur niveau », déclare Ayman Abdel-Hamid. La sélection nationale débutera sa préparation dans une semaine. Pour la sélection senior, les athlètes se préparent pour les Jeux de la Solidarité islamique qui auront lieu en mai prochain en Azerbaïdjan. Puis en juillet, l’Egypte disputera les Masters qui regroupent les finalistes des Mondiaux et les meilleurs karatékas de chaque continent. 5 Egyptiens se sont qualifiés pour les Masters. Il s’agit de Giana Farouq, Yasmine Hamdi, Omar Abdel-Rahmane en kumité et Sara Assem et Ahmad Achraf en kata. A part ces deux compétitions, la sélection senior ne disputera aucune étape de la 1re Ligue qui en compte 9, à cause des difficultés économiques qui touchent le pays.

Pour la sélection junior, l’objectif est de réaliser les meilleures performances aux Championnats du monde juniors qui auront lieu en novembre prochain en Espagne. « Aux Mondiaux juniors, nous visons plus haut que la 3e place obtenue lors de la dernière édition de 2015 où l’Egypte s’est classée 3e avec 21 médailles dont 6 d’or, 8 d’argent et 7 de bronze », déclare Sayed Al-Fiqi, avant de conclure : « L’Egypte possède les meilleurs athlètes du monde. Nous avons de très bons jeunes athlètes. Notre seul besoin est un système de fonctionnement professionnel. Nous avons aussi besoin de disputer un grand nombre de compétitions internationales. L’annulation de la 1re Ligue à Charm Al-Cheikh et des Mondiaux juniors affectera sans doute le niveau du karaté égyptien, sans compter les restrictions sur la participation aux tournois internationaux. J’espère que cette situation pourra s’améliorer le plus vite possible ».

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