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Les Pharaons assurent l’essentiel

Karim Farouk, Mardi, 24 janvier 2017

Malgré une performance largement critiquée, la sélection d'Egypte a pris une option pour les quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations 2017 après avoir battu l'Ouganda 1-0 samedi dernier. Mission à achever face au Ghana ce mercredi.

Les Pharaons assurent l’essentiel
(Photo : AFP)

L’enjeu a pris le dessus sur le jeu pour les Pharaons à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Certes, la qualité de jeu et le spectacle font défaut, l’attaque est en panne d’efficacité, les éclats individuels se font de plus en plus rares, mais la sélection d’Egypte a réalisé l’essentiel jusqu’à présent, en se situant à la 2e place du groupe D avec 4 points, et à deux longueurs du leader ghanéen. Après un nul de 0-0 face au Mali en match d’ouverture, il a fallu une frappe de Abdallah Al-Saïd à la 89e minute de la par­tie pour s’imposer face à l’Ouganda 1-0 et prendre une option pour les quarts de finale, avant le match du Ghana, prévu ce mercredi 25 janvier, à la dernière journée de la phase de poule. « Nous avons réalisé nos objectifs jusqu’à présent. Il est très important de se concentrer sur la victoire plutôt que sur la performance. Vous avez vu la condition du terrain, jouer sur une telle pelouse est très difficile, sans compter qu’on joue tous les trois jours. Je pense que les joueurs méritent d’être crédités pour cela », a dit le capitaine des Pharaons, Essam Al-Hadari, à la fin du match.

Cela dit, l’entraîneur des Pharaons, Hector Cuper, est sur la sellette pour son manque d’am­bition offensive et la qualité du spectacle qui laisse à désirer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 180 minutes de jeu, un seul but marqué et 18 tirs sur les buts, dont 9 seulement cadrés. Une pâle figure pour une équipe qui comprend pourtant une belle palette d’atta­quants tels que Mohamad Salah (AS Rome, Ita), Ramadan Sobhi (Stoke City, Ang), Mahmoud Hassan dit « Trézeguet » (Excel de Mouscron, Bel), Mahmoud Abdel-Moneim dit « Kahraba » (Ittihad Jeddah, Ar. saou) et Al-Saïd. « Je ne vois pas de raisons pour adopter une approche si défensive face à des équipes de moindre calibre. On n’a pas encore joué face à de grandes nations du football, et donc, j’aurai préféré voir une équipe plus libérée à ce stade de la compétition », avait dit Mohamad Seif, critique sportif à Al-Ahram. L’ancien sélection­neur de la Tunisie, Nabil Maaloul, donne une analyse différente des choses. « Le problème, c’est que les Egyptiens comparent cette équipe avec celle victorieuse du triplé en 2006, 2008 et 2010. Ce groupe est différent et n’a pas la même expérience que les anciens joueurs. Surtout, la qualité des joueurs du milieu du terrain, res­ponsables d’organiser le jeu, est très différente, ce qui ne permet pas de présenter le spectacle attendu du public », dit-il.

En effet, les observateurs et le public ont toujours en mémoire cette génération dorée du football égyptien qui présentait un spectacle qui enchantait l’Afrique. Mais cette équipe avait au noyau un milieu emmené par l’emblé­matique Mohamad Abou-Treika, 4 fois meilleur joueur en Afrique, Ahmad Hassan, doyen du football mondial et meilleur joueur de la CAN 2006 et 2010, Hosni Abd-Rabbo, meilleur joueur de la CAN 2008, outre Hossam Ghali et Mohamad Chawqi. En comparaison avec Mohamad Al-Nenni, Abdallah Al-Saïd, Tareq Hamed ou Ibrahim Salah, les précédents étaient des talents qui orchestraient le jeu et qui relayaient leurs attaquants par une abon­dance de chances.

Cuper se défend

Face à ces comparaisons et à ces critiques, l’entraîneur se défend. « Le football n’est pas une question d’attaque seulement. Tout comme la défense, l’attaque aussi doit être bien orga­nisée. Ce ne sont pas des joueurs qui se lancent à l’offensive d’une manière aléatoire. Chaque rencontre a sa méthode spéciale et stratégie, et il faut créer l’équilibre nécessaire entre les deux côtés », a dit Cuper lors de la conférence de presse qui a suivi le match de l’Ouganda en réponse à son approche défensive. Le techni­cien argentin met en priorité le dispositif défensif des Pharaons qui a nettement pro­gressé depuis son arrivée à la barre en mars 2015. Il organise sa charnière avec un quatuor dans la ligne arrière et deux milieux défensifs récupérateurs qui restent en contact permanent avec leurs défenseurs, afin de bloquer la sur­face. Au Gabon, le gardien Essam Al-Hadari s’est rarement vu menacé grâce à sa défense composée d’Ahmad Fathi, Ali Gabr, Ahmad Hégazi et Mohamad Abdel-Chafi, et devant eux, Hamed et Al-Nenni. Bien que les joueurs maliens aient tenté 11 tirs, 2 seulement étaient cadrés, tandis que l’Ouganda n’a eu qu’une seule occasion hors des cages. C’est plutôt le schéma offensif qui a varié entre les deux ren­contres. Alors que Cuper a adopté sa classique 4-2-3-1 face au Mali, il s’est converti à un 4-4-1-1 face à l’Ouganda en déployant Salah en tant que deuxième attaquant, laissant les cou­loirs à Trézeguet et Sobhi, alors que son meneur titulaire Al-Saïd a été gardé sur la touche en début de rencontre.

« Je suis un joueur professionnel et je joue en fonction de la stratégie de l’entraîneur. L’important, c’est que nous avons gagné aujourd’hui et que nous avons avancé d’un pas vers la qualification. L’humidité et la mauvaise condition du terrain nous ont beaucoup affec­tés aujourd’hui. Avec une telle pelouse, on n’arrive ni à montrer nos vraies qualités, ni à jouer notre jeu », a déclaré Al-Saïd, nommé homme du match à la fin de la rencontre.

Reste que ce mercredi, face au Ghana, qui a déjà assuré sa qualification, les hommes de Cuper doivent tenir leur réputation, car ils ont besoin d’au moins un nul pour assurer le pas­sage aux quarts de finale.

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