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Football : Zamalek change encore d’entraîneur

Mohamad Mosselhi, Lundi, 21 novembre 2016

Le directeur technique de Zamalek, Moëmen Soliman, a démissionné samedi cédant sa place à son adjoint Mohamad Salah. Une décision attendue vu la récente performance mitigée de l’équipe.

Football : Zamalek change encore d’entraîneur
(Photo : Reuters)

Moëmen Soliman n’est plus l’en­traîneur de Zamalek. Le jeune technicien a démissionné de son poste, samedi dernier, suite à la victoire de son équipe 1-0 contre Tanta à l’oc­casion d’un match comptant pour la 9e journée du Championnat égyptien. Contradiction ? Pas vraiment. En effet, cette décision n’est pas une surprise, au contraire, elle était tout à fait atten­due vu les relations tendues entre l’entraîneur et le président du club. Fréquemment présent au bout des micros, le président de Zamalek ne cesse d’exprimer ses points de vue en public et de critiquer sévèrement ses hommes. « Je suis sur le point de m’exploser », a déclaré Mortada Mansour, président du club, suite à la victoire difficile contre Tanta. « L’équipe comprend de grandes stars qui sont les meilleures en Egypte. Je n’arrive pas à croire que l’équipe affronte tant de difficultés pour battre une équipe qui se trouve en queue du classement », ajoute-t-il.

Pour sa part, Moëmen Soliman a exprimé son mécontentement en ce qui concerne les déclara­tions du président du club, indiquant que c’est très difficile de travailler sous une telle pres­sion. « J’en ai marre de cette façon de tra­vailler. C’est inacceptable que le président du club vienne critiquer les joueurs et le cadre technique en public suite à chaque rencontre », a répondu Soliman au président du club. Soliman a refusé de se réunir avec le président du club et il a démissionné de son poste pour la deuxième fois en deux semaines. Cette fois-ci, le club a accepté la démission de l’entraîneur, et a nommé Mohamad Salah comme nouvel entraîneur de l’équipe mettant un terme à l’aventure de Soliman avec l’équipe étalée sur quatre mois.

Bilan satisfaisant

Inconnu pour la majorité des Zamalkawis, Moëmen Soliman, ancien joueur de l’équipe dans les années 1990, avait été nommé entraî­neur de Zamalek en août dernier. Une nomina­tion surprenante surtout que Soliman (42 ans) ne possédait aucune expérience avec les équipes de la première division égyptienne. Mais ce dernier a su faire ses preuves comme un entraîneur prometteur, avec une large vic­toire de 4-0 contre Ismaïli en championnat, la saison dernière, et une autre de 3-1 face à Ahli en finale de la Coupe d’Egypte. Il est devenu un héros, car il a permis à son équipe de conserver la Coupe d’Egypte pour la 4e fois consécutive. En Ligue des champions d’Afrique, Soliman a réussi à atteindre la finale avant de rater la dernière marche contre les Sud-Africains de Sundowns. Et les deux défaites de l’équipe contre le Wydad (5-2) et Sundowns (3-0), en Ligue des champions d’Afrique en octobre dernier, étaient suffi­santes pour que le président du club remette en question les capacités techniques de son entraîneur. Puis, c’était la rencontre contre Masri en octobre dernier, lors du Championnat national, qui a mis au grand jour le clash entre le coach et le président du club. Malgré la victoire, Mansour a sévèrement critiqué l’en­traîneur à cause de la performance médiocre de l’équipe lors de cette rencontre. « Zamalek a toujours été réputé pour son beau football, même lorsqu’on perdait. Moi, je comprends le foot, et c’est ma responsabilité d’interroger le staff lorsque je vois que l’équipe n’est pas en bonne forme. Et si l’équipe ne progresse pas, je ne tarde pas à faire un changement au niveau du staff technique », avait déclaré Mansour suite à la rencontre.

Des critiques qui ont incité l’entraîneur à démissionner une première fois suite à la défaite lors de la Ligue des champions. Mais le président du club a redonné confiance à son entraîneur après une semaine agitée. Or, encore une fois, l’équipe n’a pas convaincu contre Tanta, malgré sa victoire. Ce qui était intolérable pour le président du club qui a accusé l’entraîneur d’être responsable de cette performance médiocre. Ce qui l’a poussé à démissionner. « Je n’avais pas l’intention de le limoger. C’est lui qui a démissionné. Je voulais m’entretenir avec lui pour savoir les raisons de cette performance médiocre et redresser la barre de l’équipe », explique le président du club. « Je l’ai soutenu à plu­sieurs reprises, et je lui ai donné plusieurs chances, mais son problème, c’est qu’il ne sait pas bien gérer la pression qui découle de prendre une grande équipe en charge », a-t-il ajouté.

Mais loin de ces deux rencontres à oublier, le bilan de Soliman avec l’équipe est assez satisfaisant. Sous son commandement, l’équipe a disputé 12 rencontres (9 victoires, un match nul et 2 défaites). Il a remporté éga­lement la Coupe d’Egypte avant de perdre le titre africain. « Je suis très satisfait de mes résultats avec l’équipe, et j’avais le désir de continuer mon travail avec l’équipe mais le problème c’est que la situation était vraiment insupportable », confie l’ex-entraîneur de l’équipe.

Incroyable mais vrai, Zamalek a changé son entraîneur pour la neuvième fois en l’espace de deux ans. Cette instabilité technique a coûté cher à l’équipe la saison dernière : elle a perdu le titre du championnat alors qu’elle était jugée favorite. Les décisions précipitées de l’administration du club ont ainsi beaucoup nui à l’équipe. « Mohamad Salah est prié de tirer la leçon et d’éviter les erreurs de son prédécesseur. C’était un membre de l’ancien cadre technique et il connaît bien ses erreurs », conclut le président du club. Ce qui augure d’une mission plutôt difficile pour Salah, alors qu’il lui est demandé à la fois de gagner et d’assurer le spectacle. Une équation assez difficile qu’il devra résoudre s’il veut conserver son poste.

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