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Chérif Habib : La natation égyptienne vit actuellement son âge d’or

Mirande Youssef, Mardi, 01 novembre 2016

Chérif Habib, directeur technique de la sélection de natation, revient sur la performance de l’Egypte aux Championnats d’Afrique qui se sont achevés la semaine dernière en Afrique du Sud, et où l’Egypte a terminé 3e.

Chérif Habib
Chérif Habib, directeur technique de la sélection de natation.

Al-Ahram Hebdo : Comment évaluez-vous la performance de l’Egypte à la dernière édition des Championnats d’Afrique ?

Chérif Habib : Lors de ces Championnats, l’Egypte a confirmé son statut de meilleure équipe africaine, car elle a terminé en 3e place derrière l’Afrique du Sud, 1re, et l’Algérie 2e. Elle a réalisé cette performance en raflant 41 médailles, dont 3 d’or, 20 d’argent et 18 de bronze. A vrai dire, c’est une moisson très satis­faisante pour plusieurs raisons. Premièrement, la compétition était très rude face à l’Afrique du Sud et l’Algérie qui possèdent des nageurs très expérimentés et qui ont des palmarès pleins de médailles internationales et olympiques. Deuxièmement, l’Egypte a disputé cette com­pétition sans les nageurs du premier rang, à savoir Ahmad Akram, Farida Osman qui s’en­traînent aux Etats-Unis, et qui n’ont pas pu y prendre part à cause des études.

Du point de vue technique, on n’a pas eu le temps de bien préparer la sélection, car après les JO de Rio, la fédération n’avait pas un budget suffisant pour effecteur un stage à l’étranger. La fédération s’est contentée d’organiser un stage de préparation au Stade du Caire.

— Qui sont ceux qui ont brillé lors de ce tournoi ?

— Il faut d’abord affirmer que l’Egypte a participé avec 12 nageurs (6 hommes et 6 dames) qui font partie de la nouvelle généra­tion. Malgré leur jeune âge, les 12 nageurs ont pu rafler des médailles. Mais certains ont fait la surprise comme Marawan Al-Amrawi qui a brillé avec 6 médailles, une d’or, et 5 d’argent. Il y a aussi Mohamad Sami, qui a obte­nu 8 médailles, une d’or, 4 d’argent et 3 de bronze.

Chez les dames, on peut citer Rowaida Hicham qui a raflé 7 médailles, 3 d’argent et 4 de bronze. Ce résultat démontre bien que la sélec­tion renferme des nageurs et des nageuses prometteurs qui ont le potentiel de deve­nir des stars au cas où ils jouiraient de l’attention nécessaire.

— Vous avez pris la charge de la sélection égyptienne en 2014. Quelle est votre stratégie pour relancer la natation égyptienne ?

— C’est vrai. J’ai pris cette mission précisé­ment en mai 2014 après l’Américain Gabriel Mazurkiewicz qui était en poste depuis 2013. En fait, le niveau des entraîneurs égyptiens n’est pas inférieur à celui des étrangers. Toutefois, ce sont les moyens financiers qui les rendent incapables de mener à bien leur mis­sion. En ce qui me concerne, j’ai reçu des stages à l’étranger. J’essaie de suivre les récentes tech­niques d’entraînement, mais cela n’est pas suffisant pour mettre la sélection sur le chemin du professionna­lisme, car il s’agit de tout un système de création d’une star qui manque à l’Egypte. Par exemple, aux Etats-Unis, le système d’entraîne­ment est totalement diffé­rent, car il permet à l’athlète de bien se concentrer et d’or­ganiser son temps. Là-bas, le sport est considéré comme une matière faisant partie des études. Cela rend la vie de l’athlète bien organisée. Contrairement à l’Egypte où l’athlète est tou­jours dispersé entre l’entraînement et l’étude.

— Comment évaluez-vous le niveau de la natation égyptienne actuellement ?

— Je pense que la natation égyptienne vit actuellement son âge d’or. L’Egypte a enfanté, les cinq dernières années, de nombreuses stars qui pourront dans les années à venir faire de la natation une des disciplines phare de l’Egypte. Durant les années 1990, il n’y avait que Rania Elwani, qui était la vedette de son époque. Mais actuellement, de nombreux noms commencent à retentir. Citons, par exemple, le nageur Ahmad Akram qui a terminé 4e aux derniers Mondiaux sur 1 500 m libre. Il y a aussi Marawan Al-Qammach, Mohamad Khaled, et Ali Khalafallah qui ont réalisé de bons résultats au niveau africain et international. Chez les dames, il y a la star Farida Osman, qui a réalisé plu­sieurs exploits pour la natation égyptienne et dont le dernier était une 5e place aux derniers Mondiaux sur 50 m papillon. On ne peut pas nier que la performance d’Akram et Farida est la meilleure depuis 1910, date de la création de la Fédération égyptienne de natation.

Quels sont les principaux défis que la sélection devra relever cette saison ?

— Les défis sont nombreux et difficiles. Cette saison comporte des tournois très importants tels que les Championnats du monde en juillet prochain en Hongrie et les Jeux méditerranéens de 2017. Sans compter d’autres tournois organi­sés par la Fédération internationale de natation. A long terme, on doit bien travailler pour prépa­rer la sélection pour les tournois qualificatifs des prochains JO de Tokyo 2020.

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