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Jette Sandahl : « Les organisateurs de Sandouq al-dounia sont encore à la recherche du lieu »

Ati Metwaly, Mardi, 10 septembre 2013

Jette Sandahl, directrice du Musée de Copenhague, est l’initiatrice principale de la création du Mur de cette ville, engagée dans le projet de Sandouq al-dounia dédié à l’Egypte. Entretien.

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- Ahram Hebdo : Dans quel but avez-vous créé le Mur de Copenhague ?

Jette Sandahl : Le Musée de Copenhague a créé le Mur dans un effort de communiquer avec la communauté dans un sens plus large. Jusqu’à la création de cette installation artistique en 2010, nous étions un musée beaucoup plus traditionnel. Nous avions besoin de faire quelque chose dans la cité, dans l’espace urbain. Le Mur est devenu une plateforme dynamique qui permet au public de voir les images, mais aussi de télécharger son propre produit. De même, c’était pour le musée un moyen de présenter le contenu dont nous disposons dans nos archives.

— Donc, le Mur est-il un moyen de présenter l’héritage culturel de la ville ? Comment les visiteurs y contribuent et quel type d’audience vous visez ?

— Le Mur est un outil qui n’écarte personne, l’interface est conçue d’une manière qui permet à tout le monde de voir le contenu et d’ajouter le sien. Ce projet qui n’exige pas de langage verbal s’adresse également à ceux qui ne lisent pas, aux enfants, ou toute personne qui préfère le langage de l’image. Le Mur a attiré 1,4 million d’utilisateurs qui ont ouvert un total de 7 millions d’images. C’est intéressant de savoir comment Copenhague a contribué au développement de l’installation en fournissant l’information culturelle spécifiée qui permet de naviguer en profondeur en partant des matériaux insérés par les gens.

— Actuellement, le projet du Mur de Copenhague s’est transformé en Sandouq al-dounia pour présenter la ville du Caire. Quels ont été les dessous de cette initiative ?

— En gros et après la création du Mur de Copenhague, un groupe de jeunes gens dynamiques ont visité la ville via DEDI. Ils étaient intéressés par le Mur et ont voulu créer une installation similaire au Caire. La partie égyptienne était surtout attirée par les principes phare derrière le Mur dont la démocratie culturelle, la direction vers les espaces publics et la participation du public dans tout projet artistique. Le Mur n’était pas encore présenté au Caire, mais DEDI et les autres partenaires ont créé un projet-pilote présentant Le Caire sur le Mur de Copenhague.

— Quand comptez-vous présenter Sandouq al-dounia au Caire et où exactement ?

— Les organisateurs de Sandouq al-dounia ou du Mur du Caire sont encore à la recherche du lieu. Il est important de noter que le Mur du Caire ne sera pas exactement le même que nous avons à Copenhague. Il ne peut pas être le même. Le Mur doit s’adapter aux conditions locales que ce soit dans le contenu, le climat, etc. L’un des défis majeurs pour le Mur de Copenhague est le froid extrême pendant l’hiver, c’est là où la façade-écran tend à devenir plus lente. Pour Le Caire, j’imagine que la chaleur, le soleil et la poussière seront nos défis. Nous devons le repenser différemment lorsque nous travaillons avec nos partenaires du Caire et inviter des spécialistes qui pourraient recommander des endroits plutôt que d’autres. L’installation au Caire doit être mobile, pour la véhiculer autour de la ville et s’adresser à un groupe de gens plus vaste. Quant au moment précis, ce n’est pas encore décidé. Cela dépend de la situation politique et sécuritaire du pays .

Le Mur de communication

Inaugurée le 30 août et tenue pendant 3 semaines, l’installation en plein air primée de Copenhague connue sous le nom du Mur est transformée en Sandouq al-dounia. Située en bas du pont Queen Louise dans le quartier de Nørrebro, l’installation diffuse des images interactives représentant la culture, l’histoire et l’héritage de Copenhague depuis 2010. Aujourd’hui, le Mur a cédé ses écrans aux images venant du Caire, invitant les observateurs à faire un voyage fascinant dans la capitale égyptienne.

Le Mur est une interface multi-utilisateur, multicouches initiée par le Musée de Copenhague, en association avec Gibson International et Splid af TId/Waste of Time. Les 12 m de longueur et 2 m de hauteur de cette installation consistent en 4 écrans plasma. En touchant l’écran, les visiteurs peuvent s’offrir un voyage dans le monde des images évoquant la ville. Ils peuvent également télécharger leurs photos, ajouter librement des commentaires, des descriptions afin de développer le contenu à leur manière.

Quant à Sandouq al-dounia, il est développé par DEDI et ses partenaires : le Musée de Copenhague, The Centre for Documentation of Cultural and Natural Heritage (CULTINAT) et Women and Memory Forum (WMF). Les organisateurs collaborent avec beaucoup d’institutions culturelles, des architectes et d’individus. Ils comptent créer un mur similaire au Caire prochainement .

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