Culture > Idées >

« J’espère qu’on arrivera dans l’avenir à créer un syndicat »

Propos recueillis par Rasha Hanafy, Lundi, 08 octobre 2012

Alors que la journée du 15 octobre leur sera dédiée, Camélia Sobhy, directrice du Centre national de la traduction et responsable des relations culturelles étrangères au ministère de la Culture, plaide pour que la culture circule entre les pays.

Camelia

Al-Ahram Hebdo : Le 15 octobre est la journée consacrée au traducteur. Quelle a été la réaction des différentes institutions travaillant dans le domaine de traduction ? Le Centre national de la traduction a-t-il reçu des réponses à l’invitation lancée il y a quelques mois ?

Camélia Sobhy : En fait, le centre a reçu plus de 15 réponses à l’invitation. Il s’agit des institutions qui se préoccupent de la traduction, du traducteur et de la culture en général. Parmi les universités, citons à titre d’exemple l’Université du Caire, de Aïn-Chams, de Mansoura, de Ménoufiya, l’Université française et l’Université américaine. Nous avons également reçu des demandes de la part de quelques maisons d’édition comme Al-Masriya al-lobnaniya et Afaq. La Bibliothèque d’Alexandrie et nombreux centres culturels ont exprimé également leur volonté d’y participer. Les activités de cette journée sont diverses : des colloques sur le traducteur et la traduction, des expositions pour les ouvrages traduits, des conférences sur la traduction des films. Autour des différents types de traduction et de traducteurs. Chaque instance aura son programme consacré à tout ce qui est lié à l’importance du traducteur et à son travail en tant qu’instrument de communication entre les civilisations.

— A cet égard, verrons-nous une cérémonie principale pour cette journée et des invités étrangers ou traducteurs venant d’autres pays pour cette occasion ?

— Je considère cette journée comme une sorte de fête des mères célébrée en Egypte. Existe-t-il une cérémonie principale pour cette fête ? Non. Mais la célébration a lieu dans toutes les maisons. Pareil pour la journée du traducteur. Je pense que tous les participants sont des organisateurs. Ce qui m’importe est le traducteur. Toutes les activités seront tenues le même jour dans chaque université, centre culturel ou institution. Chacun de ces appareils aura ses visiteurs et sa propre audience. Attirer la plus grande audience possible, proposer une diversité de colloques et parler de l’importance du traducteur dans la vie culturelle sont les objectifs de cette journée. J’espère qu’on arrivera dans l’avenir à créer un syndicat pour les traducteurs. Le Centre national de la traduction fonctionne selon les ressources disponibles. Pour la première session de cette journée, il n’y a pas d’invités. La diversité des lieux, des sujets et la simplicité avec laquelle on s’adressera au public sont importantes pour la réussite d’un tel événement.

— Vous avez participé à la visite effectuée récemment en Chine par une délégation égyptienne. Quels en sont les résultats sur le plan culturel ?

— La Chine possède une forte volonté de coopérer avec l’Egypte, notamment dans le domaine des industries de la culture. Il est question de tout ce qui résulte du processus culturel, c’est-à-dire le produit culturel, qu’il soit littéraire, cinématographique ou musical. A l’intérieur du pays, la culture de toute forme est considérée comme un service présenté à la société et on doit œuvrer à préserver ce statut. Mais entre les pays, il faut la considérer comme un article dont la circulation doit surmonter les difficultés. La culture est un genre de produit raffiné que tous les pays peuvent échanger. Cette conception de la culture est toujours demeurée limitée. La Chine et l’Egypte possèdent une diversité culturelle remarquable. Les deux pays ont la possibilité de créer progressivement des marchés émergents dans le domaine de la culture. Une convention est déjà signée entre la Chine et la Ligue arabe, en vertu de laquelle 25 livres sont à traduire de et vers les deux langues arabe et chinoise. Nous œuvrons dans les deux pays pour renforcer ce travail.

— S’agit-il d’une coopération culturelle allant de pair avec la vision politique ? Verrons-nous une telle coopération avec d’autres pays de la région comme l’Iran par exemple ?

— Il serait formidable que l’échange culturel soit conforme à notre vision politique. Cela n’empêche pas que la culture est la force tranquille qui pourrait réaliser nombreux objectifs tombant dans l’intérêt des pays. Je dois souligner à cet égard qu’aucune restriction ne doit être imposée aux relations culturelles entre tous les pays du monde. En ce qui concerne l’Iran, il existe des ouvrages traduits vers l’arabe des grands écrivains et romanciers, il y a également des sections de la langue perse dans les universités égyptiennes. J’aspire à ce que nous puissions rendre effectives les activités culturelles de par le monde. Cela serait dans l’intérêt de tous les pays. Le monde doit saisir que la culture s’adresse aux esprits des peuples.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique