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Al-Maslahjiya, une diatribe contre l’arrivisme

Rasha Hanafy, Mardi, 18 août 2020

Al-Maslahjiya (les arrivistes) est un nouveau roman de l’écrivain et blogueur iraqien Ossama Al-Joubouri. Il y dénonce ceux pour qui tous les moyens sont bons, afin d’aboutir à leurs fins, ceux qui sèment la haine dans leur entourage pour en tirer profit.

Al-Maslahjiya, une diatribe contre l’arrivisme

« Les coeurs honnêtes ne trompent pas les autres et ne servent guère ni de leurs liens d’amitié, ni de parenté pour réaliser leurs inté­rêts personnels ». C’est l’adage du nouveau livre de l’Iraqien Ossama Al-Joubouri, intitulé Al-Maslahjiya (les arrivistes), qui vient de paraître en Egypte aux éditions Ghorab. Un petit livre, simple et concis, qui aborde le sujet des arrivistes, prêts à tout pour atteindre leurs objectifs, quels que soient les moyens. Et ce, à travers les dialogues qui se déroulent entre les différents personnages, travaillant dans un lycée. L’écrivain, né en 1989 à Bagdad, s’adresse au lecteur, introduisant son sujet comme suit : « Quand tu vis avec des arri­vistes, ne sois pas affecté par leurs positions et rappelle-toi que perdre ces gens est un véri­table gain ».

Ayant travaillé en 2009 au ministère iraqien de l’Education, après avoir obtenu un diplôme en technologie, Al-Joubouri met les lecteurs en garde, au début de son roman, contre les arri­vistes qui ne laissent passer aucune opportunité pour réaliser leurs fins : « C’est un roman basé sur des faits réels commis par des arrivistes, que toute personne peut rencontrer dans les milieux du travail comme ailleurs … Ils vivent partout autour de nous, méfiez-vous donc ».

Il s’agit d’un roman, où la fiction tient le beau rôle. L’écrivain y a adopté un style clair, qui ne nécessite aucun effort d’interprétation de la part du lecteur. Les personnages de l’oeuvre peuvent se trouver dans toutes les sociétés aux quatre coins du monde, malgré la différence de traditions, de coutumes, de convictions, etc. Ils sont prêts à faire tout pour aboutir à leurs buts, sans scrupule ni culpabi­lité.

Une miniature de la société

Les événements du roman Al-Maslahjiya se déroulent dans un lycée, situé dans le quartier d’Al-Mansour, à l’ouest de la capitale, Bagdad. Le conflit entre les per­sonnages principaux consiste à utiliser tous les moyens pour occuper de hauts postes adminis­tratifs au sein du lycée. Les dialogues qu’entre­tiennent les personnages éclaircissent les motiva­tions de chacun d’entre eux. Riyad vient d’être nommé directeur du lycée, par le ministère de l’Education ; il aspire à rester en son poste en tirant profit des rela­tions de son beau-frère. Il explique lui-même comment il a pu accéder à ce poste : « Je ne suis pas content dans ma vie conjugale, puisque j’ai fait un mariage d’intérêt … mon beau-frère travaille au ministère de l’Educa­tion et je voulais qu’il me soutienne dans ma carrière, afin de graviter les échelons ». Mais Riyad finira par être limogé et va retourner au poste de professeur dans un autre lycée, et ce, après avoir échoué à gérer le lycée en soule­vant la colère des pro­fesseurs, de par ses plans administratifs.

Rim, assistante à la direction, aspire à deve­nir directrice du lycée, et Ahmad, responsable des programmes spor­tifs, rêve de lui succéder au poste d’assistant à la direction. Tous les deux essayent de mettre des bâtons dans les roues au nouveau directeur dési­gné par le ministère. Et ce, en semant la zizanie parmi les professeurs d’une part et entre le corps enseignant et la direction d’une autre part. En fait, en fin de compte, Rim perdra sa place et travaillera comme simple profes­seure et Ahmad sera muté à une autre pro­vince. Il en est de même pour Abir, la profes­seure de dessin, qui a voulu exploiter sa relation avec le directeur, Riyad, et laquelle s’est trouvée dans l’obligation de chercher un poste dans un autre lycée pour sauver sa réputation. « Le lendemain, Abir s’est dirigée au lycée et a soumis une demande pour chan­ger son lieu de travail. Sa demande fut tout de suite acceptée par Riyad, sans hésitation, car il voulait écarter toute menace, notam­ment de la part de Rim », écrit Al-Joubouri dans son livre.

Les deux personnages honnêtes du roman, Hadil et Aliaa, deux professeures qui se sont placées au-dessus des stratagèmes des fonc­tionnaires du lycée, ont été récompensées par le ministère : la première est devenue la directrice, la seconde assistante à la direction.

L’auteur, qui est à son deuxième roman, montre que le destin règle les comptes, à sa façon. Il est toujours rapide à le faire, beau­coup plus rapide qu’on pourrait le croire.

Al-Maslahjiya (les arrivistes) d’Ossama Al-Joubouri, aux éditions Ghorab, 2020, 106 pages.

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