Culture > Arts >

Afrojazz : Cécile Eke mixe les genres

Houda El-Hassan, Lundi, 30 mars 2015

Le premier album de la Camerounaise Cécile Eke est une invitation à la bonne humeur. La jeune chanteuse, qui y aborde les problèmes de son pays, demeure positive en tous points. Plutôt jazzy, Ongola touche aussi au rap et au slam. Découverte

Afrojazz : Cécile Eke mixe les genres
Une jeune chanteuse à la voix douce et suave.

Cécile Eke : cette star camerounaise monte en flèche depuis quelque temps. Ayant fait ses premiers pas dans la musique au sein d’une formation appelée Cayou Band, la nouvelle icône de l’afrojazz et du folk africain affirme avoir préféré « tâter le pouls du marché de l’industrie musicale camerounaise » avant de se lancer en solo. Mais c’est désormais chose faite avec son premier album intitulé Ongola.

Native de Yaoundé (Ongola est le deuxième nom de Yaoundé), la jeune chanteuse à la voix douce et suave vient de rendre un vibrant hommage à ses voisins et à sa famille récemment expropriés. La chanteuse tente de faire connaître les malaises sociaux qui tou­chent son pays.

« Avec cet album de neuf titres, je veux apaiser ces familles qui ont été dépossédées de leurs biens pour des raisons aussi injusti­fiables qu’injustifiées. Mon geste peut paraître infime pour certains, mais j’ai tout de même tenu à le leur offrir », lance-t-elle, avant de poursuivre : « Ces familles, qui ont su garder la tête haute malgré leur expro­priation — et dont la presse africaine et internationale s’est récemment faite l’écho — méritent bien plus qu’un geste de solidarité ».

Si le titre principal de son album renvoie à cet événement, sa chanson Foé té est un hymne à la paix et à la tolérance. « Dans une époque où certains hommes prennent leurs épouses pour des meubles, et surtout dans une époque où le mot guerre revient comme une ritournelle dans les infos, nous, artistes, sommes obligés de chanter de toutes nos forces et du fin fond de nos entrailles, pour la paix et la tolérance ».

De toutes ses chansons, Bine, signifiant (nous sommes), reste de loin la plus douce et la plus entraînante. Sans comprendre le dia­lecte local, l’on comprend qu’il s’agit d’une invitation à danser, à faire la fête, à rire et à aller vers l’avant. « La positivité. Il n’y a que cela de vrai, rigole Cécile Eke. Mes chansons sont différentes de par leurs thèmes, mais elles finissent par se ressembler au niveau de leur optimisme. Si je devais résumer mon album en une phrase, je dirais que, quoi qu’il nous arrive, nous devons aller vers l’avant ».

Rythmes jazzy
Les amoureux du jazz trouveront certaine­ment leur bonheur dans le répertoire de la jeune femme, surtout que l’afrojazz ne dif­fère pas tellement du jazz noir américain. Bon nombre de critiques sont de cet avis. Cécile est une adepte du Bukutsi, un style musical très répandu au Cameroun, mais aussi de la musique pop, du rap et du slam.

A en croire les neuf titres d’Ongola, Cécile Eke sait jongler avec les genres musicaux. Elle sait également transmettre ses sensations par le biais de sa voix, mélodieuse et délec­table. Et toujours elle puise ses chansons dans le vécu du citoyen camerounais et de l’humain en général.

L’été 2015 sera chaud pour les amoureux de l’ex-chanteuse du groupe Cayou, qui s’ap­prête déjà à voyager au-delà des frontières camerounaises avec cet album.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique