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Tous différents, tous les mêmes  !

Houda El-Hassan, Mardi, 14 octobre 2014

14 KM est une résidence de création musicale qui lie trois musiciens espagnols et trois autres marocains, et ce, pour l'amour de la musique et de la fusion. Malgré ce nom, les six mordus de la scène ont déjà parcouru des milliers de kilomètres.

14 KM
Entre le Maroc et l’Espagne, que de similitudes !

14 KM, c’est la success story de trois Marocains et trois Espagnols qui chantent pour l’amitié, les droits des immigrés, l’amour, les droits de l’homme et le brassage culturel. Et c’est dans la langue de Cervantès qu’ils expriment tout ce beau mélange. Pour se faire connaître, ils sillonnent les villages du détroit de Gibraltar, les villes maroco-espagnoles de Ceuta et Mellilia, mais aussi et surtout, leurs villes d’origine.

Parce que la fusion des genres musicaux est très prisée auprès des jeunes d’aujourd’hui, Mario, Hassan et leurs compères, donnent libre cours à leur imagination et inspiration. « Je ne comprends pas pourquoi nos fans sont surpris de voir que nous sommes un groupe maroco-espagnol alors que musicalement parlant, entre le Maroc et l’Espagne, il n’y a que des similitudes. Lorsque nous savons que la langue espagnole elle-même est riche en mots d’origine arabe, nous devons avouer que nos cultures sont inséparables, être fiers de ce constat et tout faire pour l’immortaliser », constate Mario, chanteur principal du groupe.

« Nous nous sommes rencontrés par le plus heureux des hasards. Nous avons décidé de donner naissance à cette formation musicale, il y a quelques années, et nous voici en train de chanter pour tous ceux qui veulent bien nous écouter et nous suivre lors de nos sempiternels déplacements », ajoute Hassan Krifa, percussionniste du groupe.

Décidément, on ne peut que suivre ces férus de la fusion où qu’ils aillent, a fortiori si l’on sait qu’ils rendent hommage, tour à tour, au rock, au reggae, au rap et au hip-hop.

Aussi, ces six musiciens sont très regardants sur les causes humanitaires du monde tels la pauvreté, les guerres et les droits des marginaux. Partant de cela, ils passent, le temps d’un concert, des messages pour le moins perçants, qui décrivent parfaitement la bêtise humaine et celle politique, plus précisément. « Il me semble que nous n’avons pas besoin d’être des artistes pour nous exprimer contre les injustices commises dans le monde, il suffit d’être un être humain pour le faire », assène Mario.

Après avoir enchanté des dizaines de milliers de mélomanes de par l’Europe, ces mordus de la fusion se préparent pour une nouvelle année musicale qui s’annonce surchargée. Au menu de leur tournée à venir, il y a lieu de citer leur participation à divers festivals européens, dont deux ou trois en Espagne. Plusieurs escales à Saragosse sont prévues. De même, le public marocain de cette résidence musicale a de quoi calmer ses ardeurs. En effet, les six hommes prévoient plusieurs concerts dans les villes de Rabat, Casablanca, Tanger et Meknès. Autrement dit, que la fusion soit !

Ils se ressemblent à 1 000 %

L’Institut Cervantès de Casablanca a récemment projeté « Vers voyageurs », ce documentaire, fruit d’un partenariat entre L’Boulevard et le Festival Las Culturas Pirineos Sur. Tourné à Saragosse et à Casablanca entre les mois de mai et de décembre 2013, le film présente une étude socioculturelle comparative qui a choisi de se pencher sur le vécu d’une demi-centaine de jeunes férus de la danse hip-hop vivant dans deux contrées financièrement différentes, mais socio-historiquement similaires, à savoir le Maroc et l’Espagne. En 29 minutes, les réalisateurs Ignacio Garrlage et Manuek Avellanas font le point sur l’évolution du rap dans les deux pays. Ce travail de longue haleine véhicule un message artistique que certains ignorent complètement: peu importe le niveau de vie d’un artiste, un esprit rebelle aura toujours des revendications socioculturelles. Cette règle s’applique parfaitement aux chanteurs de fusion et de hip-hop.

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