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L’Autre, cet humain qui nous ressemble

May Sélim , Mardi, 30 octobre 2012

La compagnie espagnole Teatro 4 M présente sur les planches du théâtre Al-Falaki sa pièce El Otro (l’Autre) de Marco Magoa, adaptée des poèmes d’Angel Gonzalez et de José Hierro. En arabe et en espagnol.

Theatre
La danse butoh, une expression physique qui accentue la poétique de la pièce. (Photo: Miguel Angel Sanchez)

Qui est cet Autre ? A quoi ressemble-t-il ? Comment le situer ? Des questions soulevées dès le début à travers le titre de la pièce l’Autre (El Otro, en espagnol) mise en scène par Marco Magoa et produite par la compagnie espagnole Teatro 4 M en coopération avec l’ambassade d’Espagne au Caire, le studio Emadeddine et la compagnie de production L’Orient. Le spectacle est joué par des comédiens égyptiens et le metteur en scène lui-même. Tous se donnent la réplique en arabe et en espagnole.

A travers sa boîte de production Teatro 4 M créée en 2007, Marco Magoa cherche à présenter des spectacles en arabe, en anglais et en espagnol, tous basés sur des œuvres littéraires. El Otro est sa deuxième expérience au Caire. Il a monté l’an dernier au théâtre Al-Gomhouriya Noces de sang, tirée du texte de Gabriel Garcia Lorca. La pièce a été jouée par des jeunes universitaires en arabe.

« Ma version de Lorca puisait dans la vie populaire égyptienne. Mais après le spectacle, beaucoup de spectateurs m’ont dit : on voulait voir une version espagnole et découvrir cet Autre », explique Magoa. D’où l’idée d’El Otro. « Mon Autre n’est pas ce type d’étranger espagnol parmi des Egyptiens. Mon thème s’inspire plutôt de l’humain. Découvrir l’autre, c’est savoir nouer relation avec d’autres personnes, avec les comédiens sur les planches, communiquer ensemble pour partager quelque chose », ajoute-t-il.

Le metteur en scène a écrit son propre texte en se basant sur des extraits de poèmes d’Angel Gonzalez et de José Hierro traduits vers l’arabe par Mark Gamal. Il nous plonge ainsi dans la philosophie de ces poètes à travers un drame théâtral-dansant de 50 minutes.

Au départ, Magoa présente l’Espagne par la musique et la projection vidéo. Mélodies d’Espagne et séquences sur la côte atlantique sont au rendez-vous. Le son des vagues envahit la scène, puis s’abaisse pour permettre aux comédiens d’interpréter les poèmes en arabe classique et en espagnol. « Quand il s’agit de jeu et d’interprétation, c’est l’humain qui compte. Aucun détail vestimentaire, aucun accessoire ne nous renvoie à l’Espagne. On évoque l’homme tout simplement », explique Marco Magoa. Les comédiens portaient alors des chemises blanches et des habits neutres.

La scène est toujours sobre. Des toiles de fond tantôt noires, tantôt blanches accueillent des séquences vidéo. Un petit réservoir d’eau de 9 mètres de largeur couvre une partie de la scène. Il sert à créer l’étendue d’eau nécessaire pour la pièce, soit un espace où se font les jeux et la danse. Magoa a aussi recours à la danse butoh avec ses mouvements expressifs et subtils. « La danse est un autre langage poétique », souligne-t-il.

Les comédiens prennent position sur l’eau, commencent leur jeu et avancent sur les planches sobres. Pour Magoa, cette surface plane est en quelque sorte le miroir de l’âme humaine. L’éclairage, conçu par Roberto Cerda, pousse à la réflexion. Sur le plan visuel, la scène est attirante et accentue le sentiment poétique du spectacle. Après la présentation au Caire, le metteur en scène compte partir en tournée dans d’autres pays, afin de faire passer son message ailleurs dans le monde.

Les 2 et 3 novembre à 20h, au théâtre Al-Falaki de l’Université américaine, 24 rue Al-Falaki, de la rue Mohamad Mahmoud, Bab Al-Louq. Tél. : 2576 3875

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