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Le Mali et la Syrie s’immiscent sur la Croisette

Mardi, 20 mai 2014

Parmi les premières projections, deux oeuvres mettent en lumière le monde musulman : Timbuktu d’Abderrhamane Sissako et le documentaire Eau argentée : Syrie autoportrait.

Le Mali et la Syrie s’immiscent sur la CroisetteCannes : début phénoménal
Timbuktu.

Premier film de la compétition offi­cielle à être présenté à la presse, Timbuktu, du Mauritanien Abderrhamane Sissako, a réussi à gagner la sympathie et l’admiration d’une grande part des festi­valiers sur la Croisette. On y découvre une ville mauritanienne, prisonnière du jour au lendemain, tombée sous le joug des extrémistes religieux, dits djiha­distes. Le film expose l’état détérioré du pays tant sur le plan social que psycholo­gique des habitants impuissants, alors que le régime de terreur des djihadistes vient prendre leur foi en otage. Tout est interdit, et fini donc la musique, les ciga­rettes et même le football, alors que les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité.

Malgré une image stéréotypée, dont le déjà-vu choque les yeux et la mémoire dans plusieurs scènes, la spécialité de Timbuktu réside dans le contraste entre l’extrêmisme brutal et la poétique de certaines situations ainsi que la beauté et la spontanéité surprenante des visages et de l’image. Cet antagonisme donne nais­sance à des moments de pure poésie où se confondent le beau et l’absurde, à l’instar d’une séquence où les jeunes habitants s’imaginent jouer au football, jouant un match complet sans avoir de ballon mais en l’imaginant entre leurs pieds. Mi-fiction, mi-pamphlet, ce film met la barre assez haut, sans être toute­fois très original.

Le Mali et la Syrie s’immiscent sur la CroisetteCannes : début phénoménal
Eau argentée.

Une tragédie syrienne s’est aussi invitée cette année au Festival de Cannes avec le documentaire Eau argentée : Syrie auto­portrait, co-signé le Syrien Ossama Mohamad et la Kurde Wiam Simav Bedirxan. Composé d’images Internet et de vidéos YouTube du conflit mené par le régime syrien contre l’opposition, le Syrien Ossama Mohamad présente un documentaire poignant, véritable mais parfois insoutenable. Eau argentée, c’est la signification du prénom kurde d’une jeune habitante de la ville de Homs, Wiam Simav Bedirxan, qui dévoile avec sa petite caméra le quotidien de sa cité dévastée. Un long métrage dont la longueur et le leitmo­tiv des idées prennent une vision poétique, mais qui reste un témoignage historique et humain important sur la ténacité d’un régime et le tourment d’un peuple en quête d’espoir et de meilleurs lendemains.

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