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Du cinéma, de la Francophonie et de l’humanisme

Névine Lameï, Mercredi, 07 décembre 2022

La deuxième édition du Festival du Film Francophone du Caire (FFFC) s’est tenue du 28 novembre au 2 décembre. Avec, au menu, une diversité culturelle et cinématographique du monde francophone.

Du cinéma, de la Francophonie et de l’humanisme
L’actrice Dorra entourée de journalistes.

Des célébrités égyptiennes et arabes et des stars foulant le tapis rouge. Des médias installés en nombre avec leurs caméras. Des effigies de personnages, comédiens et de cinéastes égyptiens ayant influencé le mouvement francophone dans le monde décorant les salles. Devant un écran interactif avec une caméra intégrée, les invités se prennent en selfies …

Dans une ambiance festive et glamour, la deuxième édition du Festival du Film Francophone du Caire (FFFC) s’est tenue du 28 novembre au 2 décembre à l’Opéra du Caire. Avec pour film d’ouverture le long métrage argentin El Exilo del Mar (l’exil loin de la mer), une première mondiale du réalisateur Mauricio Abel Brunetti. En fait, l’Argentine est un Etat observateur membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) depuis 2016. El Exilo del Mar est basé sur une histoire vraie et humaine. C’est l’histoire de Joanna, une Colombienne qui, forcée par son envie de changer de vie, d’habitudes, décide de quitter son pays natal, l’Argentine, à destination du Mexique. Elle a tout laissé derrière elle dans l’espoir d’un avenir meilleur, voire de tenter une chance de survie. L’histoire de Joanna reflète celle de millions d’autres qui se battent chaque jour pour aller de l’avant. Vivra-t-elle sans difficultés ? Joanna finira par retourner à sa patrie. 

« Le langage cinématographique du film est plein de douceur. Nommé L’exil loin de la mer, car Joanna convoque tout au long du film un flash-back de ses plus beaux moments d’enfance avec son père au bord de la mer. Pour elle, être loin de la mer, c’est synonyme d’exil et d’expatriation. Portant un message universel, le film parle de la souffrance humaine, notamment des jeunes, avec des analyses statistiques données tout au long du film sur le taux de la pauvreté et de la famine dans le tiers-monde, y inclus le taux de migrants dans le monde, selon les estimations des Nations-Unies. Ce film m’était le choix idéal pour la cérémonie d’ouverture du FFFC, surtout que nous célébrons cette année le centenaire de Boutros Boutros-Ghali (1922-2016), premier secrétaire général de la Francophonie, qui appelait dans ses écrits à des questions humanitaires », explique le président du festival, Yasser Moheb. Le choix de ce film a simplement introduit une longue liste de projections, de cinq jours, autour des questions humanitaires : 33 films en provenance des Etats membres de l’OIF.

A citer, entre autres, Mon fils Malik, On m’appelait Marguerite et Là est ma maison (France). En dehors la vie continue (Suisse). Tembele (Ouganda). An Illusion et De l’Or sous la gadoue (Cameroun). La Traversée (Burkina Faso). Heaven Beneath my feet, Table for two, et Kasra Damma Sekoun (Liban), Habiba (Maroc), Clara (Arménie), Tok, Achromatopsia et El-Flouka (Egypte) …


El Exilo del Mar, le film d’ouverture. (Photo : Névine Lameï)

Message de paix

Cette édition a rendu hommage à la comédienne tunisienne Dorra. De plus, elle a été marquée par un film promotionnel qui décrit l’histoire de la Francophonie en Egypte, y compris ses figures emblématiques. Une manière de la part du festival de résumer son contenu, côté projections, jury, honorés, débats et ateliers animés par des cinéphiles spécialistes égyptiens et arabes, en matière francophone d’une riche diversité culturelle. Dans son voyage au coeur de l’industrie du cinéma francophone et de ses arts, le FFFC s’est préoccupé de communiquer des messages « de paix, de partage, de dialogue, de solidarité et de fraternité », a déclaré Fatma El-Zahraa, ambassadrice et représentante de l’Egypte auprès de l’OIF durant cette édition. Elle a ajouté : « Le 18e Sommet de la Francophonie vient de se tenir à Djerba, en Tunisie. Nous venons de célébrer le cinquantenaire de la Francophonie. Un sommet qui souhaite mettre le français au service de la solidarité, du développement et du rapprochement entre les peuples ». Pour sa part, Yasser Moheb affirme : « Organisé et autofinancé par la société privée Media Hub for PR, Events and Communications, le FFFC, qui vise le développement de l’industrie du cinéma francophone en particulier, nous ouvre à de nouvelles perspectives et de nouveaux horizons … La Francophonie ne se réduit pas à la promotion de la langue française. C’est un marché en plein essor ».

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