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Du jazz à la musique du monde

Névine Lameï, Mercredi, 26 octobre 2022

Le Festival international du Caire sur la musique jazz (CJF) en est à sa 14e édition. Trente soirées sont prévues du 27 octobre au 4 novembre.

Du jazz à la musique du monde
L’interprète et compositrice marocaine Sara Moullablad.

Cent jazzmen de 16 pays de par le monde sont attendus au Festival international du Caire sur la musique jazz, au Tahrir Culturel Center (TCC), notamment à l’Ewart Hall, dans l’ancien campus de l’Université américaine du Caire.

Organisé par Agwa et financé par l’Union européenne, en collaboration avec l’Union des instituts nationaux de culture européens (EUNIC), le ministère égyptien de la Culture et plusieurs ambassades, le festival est devenu l’un des rendez-vous annuels incontournables. Cette édition s’annonce d’une grande richesse.

L’auteure-compositrice et interprète marocaine Sara Moullablad se produit le 27 octobre. Charmée par la scène underground, sa musique est un mélange de musique jazz brésilienne et classique, de musique latine, de bossa nova, de flamenco, de musique africaine et orientale. Son répertoire couvre un large éventail de chansons de jazz anglaises, et surtout françaises de Lara Fabian, Charles Aznavour et d’autres. Moullablad écrit ses chansons en dialecte marocain et mène une vie de bohème, sillonnant les quatre coins du monde.

Ayant les meilleurs titres jazz remixés, le groupe suisse No-Mad Spirits (27 octobre) bouleverse toutes les étiquettes. Amine Mraihi est associé à Angel Demirev (guitare), Axel Lussiez (batterie) et Valentin Conus (saxophone) pour redonner vie au concept d’éclectisme. Des riffs de guitare mêlés à des envolées de oud (luth oriental), de quoi marquer Les Docks pour longtemps.

Le quartet Alessio Menconi (28 octobre), regroupant les plus populaires musiciens de jazz d’Europe, a décidé de célébrer à travers le festival les 100 ans de la naissance de Wes Montgomery (1923-1968), l’un des plus grands guitaristes de jazz de tous les temps. Ils joueront un grand nombre de ses compositions: Franck Taschini (saxophone), Giuliano Raimondo (basse) et Jérôme Achat (percussions).

Le guitariste italien de renom Alessio Menconi, professeur de jazz au Conservatoire d’Etat de son pays, jouera avec le jeune percussionniste égyptien Ahmed Mostafa Riad, surnommé Mickey. Ce dernier se produit également au CJF avec sa troupe nouvellement formée, Chameleon (28 octobre).

Du Danemark, la troupe Andorre (28 octobre) est un vintage moderne qui fusionne un jazz complexe avec des grooves profonds, des effets cinématographiques et une attitude exubérante. Le groupe, qui intègre le langage jazz scandinave aux accents lyriques, interprétera des chansons de son dernier album Mother Tongue.

Des Etats-Unis, le Sandberg-Brock Duo (28 octobre), formé du pianiste-compositeur Steve Sandberg et du violoniste Zach Brock, mélange magistralement, depuis 2016, la musique classique, le jazz et la musique du monde.

Des hybrides vibrants

De Malte est invitée Nadine Axisa (28 octobre), une chanteuse polyvalente passionnée par le jazz, la musique latine, le swing et le soul. Elle a reçu une formation vocale en chant classique à un jeune âge, puis en musique jazz, au Malta School of Music avec Joe Debono. En 2019, son deuxième album Il-Hoss tal-Ghabex a remporté le prix du meilleur album aux Malta Music Awards.

L’artiste pluridisciplinaire Leo Gandelman (29 octobre), l’un des saxophonistes brésiliens les plus influents de la musique du jazz et du pop. Compositeur, arrangeur et producteur, ayant plus de 35 ans de carrière, il reprend avec son groupe des oeuvres de tous les grands noms de la musique brésilienne.

Le soir même joueront le saxophoniste égyptien Amr Waguih et le pianiste Andrew Milad, élève de la grande pianiste Marcelle Matta, ayant 17 ans. Il sera suivi par un autre jeune talent, Rashad Fahim, lauréat de plusieurs concours de piano classique.


Alessio Menconi, l’un des meilleurs guitaristes italiens.

Ensuite, trois géants du jazz français contemporain: le contrebassiste Gary Brunton, le pianiste serbe Bojan Z et le batteur Simon Goubert se produiront dans Night Bus Trio (30 octobre). Le nom de leur groupe est d’une virtuosité éblouissante. Le trio se permet d’emprunter à d’autres styles, tels le rock progressif et le pop.

Le quatuor de l’Autriche J.DHive (31 octobre) a pour leader le jazzman Johannes Dickbauer, membre-fondateur du quatuor à cordes Radio Vienne. Le vocabulaire musical de Dickbauer se caractérise par un esprit d’aventure indéniable, fusionnant de manière ludique des éléments classiques, jazz et rock.

Le couple de jazz le plus remarquable de la Lituanie, Dmitrij Golovanov et Veronika ChiChi (3 novembre), constitue une combinaison de voix soul avec des improvisations habiles. Golovanov a été élu président de l’Union lituanienne de jazz, il est lauréat de plusieurs concours de jazz locaux et internationaux.

Des Etats-Unis participe le trio Dave Meder (4 novembre). Pianiste et compositeur, Meder est l’un des artistes éminents de sa génération. Avec sa troupe Stories Trio, il apporte une nouvelle approche au format de trio de jazz traditionnel, en passant sans heurt des anciens standards du gospel aux déconstructions audacieuses d’avant-gardistes, comme Thelonious Monk et Andrew Hill, et même à des explorations complexes inspirées par des minimalistes américains, comme Philip Glass et John Adams.

Les Jazz Talks

Par ailleurs, une série d’ateliers et de discussions se dérouleront durant le festival, présentant plusieurs éléments de réflexion aux personnes intéressées. Le 28 octobre, à 15h30, l’Italien Alessio Menconi animera un atelier, évoquant le timing, l’improvisation, la compilation, la mélodie des accords et le bebop.

Et le 31 octobre à 18h, ce sera au tour d’Andy Ninvalle (Pays-Bas—Guyane) de parler du hip-hop et du Beat Box, en se basant sur l’expérience personnelle.

Pour la cinquième année consécutive, en collaboration avec Bandmakers Music Academy, le festival présente Jazzinino ou Jazz pour enfants (4 novembre). Cette année, le programme Jazzinino s’étendra sur trois jours, offrant des ateliers de formation animés par les musiciens du groupe suisse No-Mad Spirits (28 octobre) et le groupe danois Andorre (29 octobre).

Tous les concerts se déroulent à l’Ewart Hall, ancien campus de l’AUC, centre-ville. Les ateliers et débats, à l’Oriental Hall. A consulter la page Facebook du Cairo Jazz Festival, pour programme détaillé.

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