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Elles créent comme elles respirent

May Sélim, Mercredi, 21 septembre 2022

Pour sa deuxième édition, le festival She Arts (elle et les arts) se veut plus versatile, comme en témoigne la grande variété de festival She Arts. L’événement se tient du 30 septembre au 4 octobre au Centre culturel de Tahrir.

Elles créent comme elles respirent
Farah El-Dibany chantera Dalida durant la cérémonie d’ouverture.

Le festival She Arts (elle et les arts) a été lancé en septembre 2021. Cette festivité, qui a duré trois jours, misait sur l’expression féminine dans les différents domaines artistiques. Cette année, la deuxième édition est prévue au Centre culturel de Tahrir (TCC), du 30 septembre au 4 octobre. L’objectif souligné par la fondatrice du festival, Nevine Kenawy, est toujours le même: « Permettre aux femmes de se lancer dans les différentes formes d’expression artistique, les encourager et les soutenir ».

Le festival cible la création féminine en musique, arts de la performance, cinéma, etc. « Ce sont des domaines auxquels les femmes participent souvent moins que les hommes, surtout aux festivals locaux et internationaux. Ceux-ci ne prennent pas toujours en considération le rôle des femmes dans l’enrichissement de la scène culturelle. Notre festival met l’accent sur l’égalité des chances entre les deux sexes et l’importance de créer de nouveaux espaces permettant aux artistes femmes de présenter leur production, d’échanger leurs expériences, tout en ciblant un large public », ajoute Nevine Kenawy.

Le coup d’envoi sera donné à la salle Ewart (ancien campus de l’Université américaine) par la mezzo-soprano internationale d’origine égyptienne, Farrah El-Dibany, accompagnée de l’orchestre She Arts, regroupant des musiciennes professionnelles. La maestro allemande Magdalena Klein dirigera l’orchestre, qui accueillera la soliste de violon allemande Magda Makowska. « Dibany est une figure iconique aujourd’hui de la scène musicale internationale, nous sommes ravis de l’avoir. Elle chantera une compilation des tubes de Dalida », précise Kenawy. El-Dibany est une grande fan de Dalida, elle sait puiser dans son legs hors pair, soutenue par l’orchestre She Arts, formé spécialement à l’occasion du festival. « On a pensé créer un orchestre regroupant les meilleures musiciennes d’Egypte. Cependant, c’est une tâche difficile car les vraies professionnelles ont d’autres responsabilités à assumer. L’orchestre est une forme musicale qui n’a jamais été féminine en Egypte. Les troupes de femmes sont souvent limitées. Le festival a donc voulu lancer cet orchestre, afin d’offrir aux musiciennes une occasion de se retrouver entre elles et de jouer un programme varié. Nous espérons dans l’avenir proche avoir une programmation spéciale pour cet orchestre, qui s’étendra sur l’année », explique la fondatrice du festival.

Kenawy tient à préciser que le festival maintient la tradition commencée l’année dernière, laquelle consiste à avoir un concours de musique pour les artistes femmes et les talents émergents. De nombreuses chanteuses, musiciennes et compositrices ont soumis leur candidature avant le festival, et le jury annoncera les lauréats le quatrième jour de l’événement.

La lauréate de ce concours l’an dernier, Cathie Halim, chantera accompagnée de l’orchestre She Arts, lors de la soirée d’inauguration. « Cathie Halim a toujours notre soutien. Le festival, en coopération avec la Radio NRJ, a produit sa chanson Al-Nass Al-Helwa et l’a mise en ligne sur YouTube. Cette première chanson a été écoutée par plus de 30 000 personnes », indique Kenawy.


La soliste de violon allemande Magda Makowska.

Le programme musical du festival comprend aussi différentes troupes et artistes égyptiennes, exclusivement féminines : Bahgaga, Tablet Al-Sett, l’ensemble Anamel Sharkeya de la harpiste Manal Mohieddine, les chanteuses Dalia Farid, Samar Tarek, Mai Kamal, ainsi que les duos Hafez et Boustan et Sagy et Dareen. S’ajoute à cela la participation internationale de Jasmine El-Bash (Suisse), Simona Severini (Italie), Toldya (France), le quartet Amara (Portugal) et le trio Iroko (Brésil).

L’orchestre d’Al-Nour Wal Amal, regroupant des musiciennes non voyantes, clôturera le festival. Ces femmes extraordinaires ont réussi à se faire remarquer sur la scène internationale, et la dernière note du festival sera donnée par la chanteuse émiratie Almas.

Danse, photographie et cinéma

La danse et les arts de performance auront également une place de taille durant le festival. La troupe de danse folklorique Canaan (Palestine) animera la soirée du 1er octobre à la salle Ewart. Créée en 2007 au sein de l’association artistique Hawaa et dirigée par Rana Abdel-Hadi, cette troupe vise à préserver l’héritage palestinien. Ses spectacles mettent l’accent sur la spécificité culturelle du pays et reprennent, notamment les danses ancestrales des fêtes et des cérémonies.

La danse orientale sera également au menu, grâce à la présence de l’une de ses stars égyptiennes, à savoir Amie Sultan. Et ce sera à l’Espagnole Isabel Vinardell de présenter un autre genre de danse, mêlant les mouvements de la danse orientale, du flamenco et des danses latines, et ce, le 30 septembre, à 21h au Théâtre du jardin du TCC.

En outre, Dalaa Moänath Salem (grâce féminine) est un spectacle de la troupe de théâtre Sudoku, prévu au théâtre Al-Falaki le 1er octobre à 20h. La troupe évoque, dans un langage lyrique et narratif, les contraintes imposées aux femmes dans une société masculine et conservatrice. Cette pièce sera suivie d’un stand-up donné par la troupe de femmes Comedy Al-Sett, à la salle Ewart, le soir même, à 21h.

Par ailleurs, les rencontres cinématographiques et les projections débuteront le 1er octobre à partir de 17h30 dans la salle orientale du TCC. Une série de courts métrages, produite par MAD Films, est ainsi prévue, sous l’intitulé Because She Created (parce qu’elle a créé). Ils tournent autour des femmes et sont tournés par des femmes. La cinéaste égyptienne Hala Khalil sera au rendez-vous, le 2 octobre, pour une rencontre-débat. Et ce, sans oublier l’exposition collective de photographies She is Always Inspiring (elle est toujours une source d’inspiration), qui se déroule au Centre culturel de Tahrir, tout au long du festival. Un beau panorama des créations féminines, à ne pas rater.

Au Centre culturel de Tahrir (TCC), ancien campus de l’AUC, au centre-ville du Caire. Des événements supplémentaires sont organisés au Centre culturel des Jésuites et à l’Institut français d’Alexandrie. www.shearts.net

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