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Les arts au rendez-vous

Lamiaa Alsadaty , Mercredi, 09 mars 2022

La première édition du Festival 3031, organisée par Darb 1718, à Fostat, offre un large éventail d’activités artistiques. Exposition, spectacles de danse et de théâtre, jusqu’au 12 mars.

Les arts au rendez-vous
Le spectacle Hayatena (notre vie).

Depuis quatorze ans, l’espace Darb 1718, situé à Fostat dans le Vieux Caire, à proximité de l’église Suspendue, accueille différents événements culturels. Ses activités assez variées ont été interrompues par la pandémie, et puis voilà, après deux ans de fermeture, Darb 1718 rouvre ses portes. Et ce, avec un événement de taille, regroupant 37 artistes visuels et 25 interprètes, toutes disciplines confondues, lesquels se reproduisent pendant les 9 jours du Festival 3031.

«  Le festival vise, d’une part, à mobiliser, à soutenir et à encourager les artistes et, d’autre part, à réintroduire le public dans une expérience esthétique d’une grande intensité », souligne le plasticien et vidéaste Moataz Nasreldin, fondateur de Darb 1718.

Le Festival 3031 réunit la communauté d’art contemporain du Caire pour une célébration unique et multidisciplinaire. Car l’événement comprend une exposition éclectique d’art visuel ainsi que de la musique en direct, des spectacles de théâtre et de danse, et des ateliers interactifs par des experts reconnus dans le monde de l’art contemporain en Egypte. « Le festival vise, entre autres, à créer un réseau de collaborateurs rassemblant des artistes de tous bords. Et ce, après une période assez difficile aussi bien pour les artistes que pour le public », lance Omnia Salah, qui participe avec une installation abordant l’impact de la technologie numérique sur l’identité humaine. « Par le biais d’un logiciel de modélisation 3D Blender, j’ai fait des corps gélatineux exposés selon un concept muséal. L’idée est le fruit d’un atelier intitulé Les Fantômes dans la machine, organisé il y a un an par la fondation alexandrine Wekalat Behna. Puis, c’est à Darb 1718 que l’idée a pris corps. Cet espace culturel indépendant a toujours le mérite de faire place à l’art numérique et de sensibiliser le public afin de mieux l’intégrer », souligne-t-elle.


Le groupe musical Estabena.

Séquences de vie

Les diverses formes artistiques que l’on a visionnées chez soi, pendant la pandémie, à travers des vidéos d’une minute, ont marqué les organisateurs du festival. Ils s’en sont inspirés. Ainsi, la troupe Shief Cie, spécialisée dans les arts de la scène, a puisé dans les scènes de la vie quotidienne pour en faire un vrai terrain de jeu. Normalement, elle a tendance à travailler sur l’aspect poétique de la routine, le pouvoir de l’habituel et la chaleur écrasante des rues. Durant le festival, elle présente son spectacle Hayatena (notre vie), où les danseurs nous emmènent dans un voyage poétique dans l’une des nombreuses communautés du Caire. A travers la cohabitation entre la tradition et le mode de vie moderne, le spectacle montre comment le vulgaire peut être beau, et comment les objets et les lieux peuvent se transformer en un corps vivant, fait de sentiments, d’émotions et de routine.

Une autre expérience théâtrale est à explorer avec la troupe Kenoma, participant au festival avec le spectacle Dayret Ihtemam (un cycle d’attention). Il s’agit de reprendre, pendant une heure, des scènes de plusieurs spectacles anciens ainsi que d’autres programmés afin d’être donnés dans les locaux de Darb 1718. Cette mise en scène d’Ahmad Hani et Moustapha Khalil revisite ainsi des scènes tirées des spectacles For Her (2015), Not I (2018), Al-Makhzan (2021) et Art (2022).


Le spectacle Dayret Ihtemam (un cycle d’attention).

En outre, la musique se taille une place importante parmi les activités de ce festival. Du rap, R&B, reggae, il y en a pour tous les goûts. Le groupe Estabena, composé d’artistes de différentes cultures et nationalités méditerranéennes, interprète des chansons folkloriques égyptiennes, algériennes, libanaises, françaises et italiennes. Avec Lily, le public suivra les rythmes cadencés du rap et du reggae.

Il y a aussi des ateliers de formation, destinés aux adultes et aux enfants, touchant par ailleurs aux différents genres artistiques. A titre d’exemple, Helen O’Grady offre deux ateliers de drame pour les enfants âgés de 5 à 8 ans, puis de 9 à 12 ans. Dina Jereidini anime un atelier portant sur la sculpture des figures numériques.

Le Festival 3031 offre également au public la possibilité de passer plusieurs jours avec un expert, pour échanger autour des enjeux du monde actuel et du rôle que l’art et la culture peuvent y jouer. De quoi permettre d’acquérir de nouvelles perspectives, de réfléchir sur les sujets qui concernent le monde et de découvrir de nouvelles tendances.

Pour en savoir plus, à consulter :

http://www.darb1718.com

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