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Laurent Doucet : Le mouvement égyptien n’était ni subordonné ni secondaire dans son développement par rapport à ce qui se passait à Paris

Névine Lameï, Mercredi, 23 février 2022

Laurent Doucet, écrivain, poète, directeur de la Maison André Breton et président de l’association culturelle La Rose Impossible, municipalité Saint-Cirq-Lapopie.

Laurent Doucet,
(Photo : Névine Lameï )

Al-Ahram Hebdo : Comment est née l’idée d’une exposition internationale sur le surréalisme, qui se tient en Egypte, en collaboration avec la Maison André Breton, La Rose Impossible et des groupes surréalistes contemporains de par le monde ?

Laurent Doucet : La Maison André Breton et La Rose Impossible ont été contactées pour un travail de co-organisation, par le nouveau groupe surréaliste égyptien du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, fondé en 2019 par Mohsen ElBelasy (directeur général de l’Exposition internationale du surréalisme en Egypte). Au cours des deux dernières années, les activités surréalistes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont revenues, connectées à de nombreux groupes surréalistes dans le monde. D’où, aujourd’hui, l’exposition internationale du surréalisme en Egypte, qui est née d’un travail collectif et qui est considérée comme la deuxième du genre dans l’histoire du pays.

Le surréalisme a été témoin, dans les années 1930 et 1940, de relations culturelles exceptionnelles entre l’Egypte et la France. En ce temps, le surréalisme égyptien n’était ni subordonné ni secondaire dans son développement par rapport à ce qui se passait à Paris, mais original, innovant et créatif, avec son fondateur Georges Henein (1914-1973) et le groupe Art et Liberté.

Selon les mots de l’initiateur et animateur du surréalisme le poète André Breton, adressés à Georges Henein : « Si la tempête avait deux ailes, l’une serait ici et l’autre en Egypte ». Aujourd’hui, en Egypte, le surréalisme nous étonne de nouveau par son étrangeté, ses réseaux sociaux et ses outils communicatifs multiples aux niveaux local et mondial.

— Pouvez-vous nous parler du lien entre la Maison André Breton et l’association La Rose Impossible qui participent à l’organisation de cet événement international ?

— En 1951, André Breton acquiert la maison où il séjournera jusqu’à sa mort en 1966. Aujourd’hui, elle a été acquise par la municipalité de Saint-Cirq-Lapopie sous l’impulsion de l’association La Rose Impossible. Cette dernière, fondée en 2014, est en charge de la gestion culturelle du lieu devenu un centre international bien actif du surréalisme et des citoyens du monde.

— Quel est le message qu’une telle exposition sur le surréalisme peut nous faire passer aujourd’hui ?

— Né des pires guerres et colonisations, le surréalisme se veut un mouvement de révolte. Un mouvement humaniste d’émancipation sans frontières. Son but est de contrebalancer la violence des sociétés humaines et des systèmes économiques, pour plus de pacifisme, plus d’égalité, plus de liberté et plus de créativité. Aujourd’hui, l’Exposition internationale du surréalisme est venue prolonger le surréalisme égyptien et donner un aperçu de l’état actuel de ce grand mouvement international dans le monde contemporain.

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