Culture > Arts >

Une peinture, c’est comme un film

Amr Kamel Zoheiri, Mardi, 10 décembre 2019

L’artiste Essam Maarouf expose des peintures pleines d’émotion et de musicalité à la galerie Misr, à Zamalek. Voyageur curieux, il accumule des images durant ses périples, puis peint de mémoire ce qu’il en reste, le moment venu.

Une peinture, c’est comme un film
Un portrait, des visages, peu importe d’où ils viennent.

Essam Marouf est un peintre égyptien né au Caire, mais influencé par son expérience européenne, ayant vécu entre l’Italie, les Pays-Bas et l’Egypte. Cette expérience d’exil volontaire, si l’on ose dire, se fait sentir à travers ses oeuvres. Il essaye d’y arrêter le temps pour donner la chance au spectateur de contempler l’évolution des tableaux.

« Je pense que toute oeuvre d’art, notamment les peintures, mérite le même traitement que les essais imprimés ou les longs métrages cinématographiques ou les romans policiers. On doit prendre son temps pour réagir et réfléchir, avec du recul », fait remarquer l’artiste. Et de poursuivre : « Je pense aussi que l’instant capté ou saisi par l’artiste-peintre, dans chaque tableau, nécessite le même effort que la conception et la réalisation d’un film ».

Une peinture, c’est comme un film
Un portrait, des visages, peu importe d’où ils viennent.

La formation artistique du peintre au Caire, puis sa formation à l’étranger, notamment à l’Académie égyptienne de Rome, l’ont rendu plus attentif et plus sensible aux âmes des villes, à leurs visages, à la musicalité globale qui s’en dégage. Depuis de longues années, ceux-ci sont devenus les dénominateurs communs de ses oeuvres.

Dans son exposition actuelle, Maarouf a recours à une palette enchantée : la couleur rose pâle se marie au gris et au bleu pour enrichir ses créations et leur attribuer un air contemporain. « Je ne perçois dans les couleurs que des reflets de lumière et des lumières qui aident à éclaircir l’oeuvre. Elles sont au service de la composition, et ce, dans le but de retransmettre un état spirituel », explique Maarouf.

Accumulation créatrice

L’artiste enregistre ses expériences visuelles depuis plus de trente ans, de façon à en faire « une mémoire visuelle vivante ». Cette accumulation ressort au moment même de la création, face à la toile ou du papier. L’artiste affirme, par ailleurs, qu’en dépit des influences multiples, le moment de la création reste primordial pour chaque oeuvre. En quête de paix et de tranquillité, dans son travail comme dans la vie, il conçoit son oeuvre comme une mélodie ou un morceau musical et espère avoir jusqu’ici réussi le pari de ses « compositions pittoresques », qu’il s’agisse de portraits, de natures mortes ou de toiles abstraites.

Le voyageur curieux qu’il est porte un regard unique sur tout ce qui l’entoure. Une approche contemplative qui le guide pour trouver la composition adéquate à chaque fois. « J’admire les paysages naturels de l’Egypte. Je trouve, dans son désert et ses montagnes, une beauté inégalée, une source inépuisable d’inspiration », indique Maarouf. Et d’ajouter : « Avec tout le respect que je porte aux autres civilisations humaines, je dois avouer que la civilisation égyptienne reste unique au monde, à tous les niveaux ».

Jusqu’au 19 décembre, à la galerie Misr. 4 a, rue Ibn Zinki, Zamalek. Tous les jours de 11h à 20h, sauf vendredi.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique