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Au coeur du rythme

Dalia Chams, Mardi, 12 novembre 2019

Le coeur, qui a ses propres lois, inspire à la percussionniste Sabrine El-Hossamy son dernier show : Albi (mon coeur), un spectacle de danse contemporaine, conçu avec la chorégraphe et danseuse Chérine Hégazi.

Au coeur du rythme
Enfin, un moment de répit.

Le coeur est un muscle bien présent pendant ce spec­tacle de danse contempo­raine. Nous pouvons le res­sentir et l’entendre. Nous pouvons suivre ses contractions et ses relâche­ments grâce aux mouvements des deux danseuses sur scène. L’une sym­bolise le coeur, l’autre le cerveau. Les cheveux courts, ayant presque la même taille, Chérine Hégazi et Sarrah Gabr transforment leurs corps en ins­trument de musique. L’une ne bouge pas sans l’autre. Et ce, dans la foulée des rythmes que joue la percussion­niste Sabrine El-Hossamy, qui a mis en musique ce spectacle, Albi (mon coeur), avec le DJ Chahir Magued.

« Le battement du coeur est le pre­mier rythme que l’être humain res­sent, alors qu’il est encore dans le ventre de sa mère. Pour ce, les gens aiment les rythmes et les suivent faci­lement », souligne Sabrine El-Hossamy, qui a commencé à jouer la darbouka (instrument oriental à percussion) en 1999. Elle a découvert sa passion pour les percussions alors qu’elle passait une soirée autour du feu avec des amis musiciens, au Sinaï. Depuis, elle essaye de faire sortir cet instrument populaire des carcans habituels de la danse du ventre. Et la voilà qui signe son deuxième spec­tacle de danse, toujours en collabora­tion avec Chérine Hégazi, se limitant cette fois-ci à la danse contemporaine, sans recourir aucunement aux mouve­ments empruntés à la danse du ventre. Pourtant, le spectacle est basé essen­tiellement sur les rythmes, ceux du coeur et ceux de la darbouka.

Guerre et paix

On suit le périple de l’être humain, depuis la naissance. Il vit au rythme des saisons et de la vie. Parfois, il suit son coeur. Parfois, il entre en conflit avec lui, préférant obéir aux règles de la société, plus dominée par la raison. « On nous répète tout le temps qu’il ne faut pas penser avec son coeur, au risque de se trom­per. Pourtant, c’est le foyer de l’in­tuition, le centre de commande de tout le corps », précise El-Hossamy. Et d’ajouter : « Les recherches médi­cales prouvent de plus en plus que le coeur nous dirige plus qu’on ne le pensait ».

On traîne alors ce coeur si mysté­rieux, sur scène. Souvent, on lutte contre son coeur. Puis vers la fin, on parvient à l’accalmie, à une réconci­liation. Sabrine El-Hossamy l’ama­doue, en chantant : « Viens t’instal­ler près de moi ». Et pour exprimer cette phase de sérénité, elle a recours à un instrument à lames d’origine africaine : la kalimba, qu’elle joue différemment, en roulant les doigts, comme elle le fait avec la darbouka.

Le son de cet instrument des conteurs et des veilleurs de nuit n’est pas sans rappeler celui des boîtes à musique. On arrive donc au dénoue­ment de ce conte de fées, cadencé par les battements du coeur et les percussions. « Nous avons d’abord travaillé sur la musique de base, les diverses phases de conflit et de réconciliation », explique El-Hossamy, qui joue souvent des combinaisons de rythmes qu’elle a elle-même inventées. Puis, pour affi­ner cette « ossature musicale », elle a exploré des chemins inconnus avec Dr Chahir, un médecin et profession­nel de la musique électronique. « Le monde de l’électro est plein de sur­prises. On se prête à une exploration délicieuse et on ne sait vraiment pas vers où elle va nous mener », dit Chahir Magued. Le résultat ? Un enchaînement de battements, allant des rythmes plus traditionnels de la darbouka et du tambourin à l’électro-beat et aux sons de synthétiseur. Un voyage d’introspection, à travers lequel tout un chacun pose un regard attentif sur soi-même.

Albi (mon coeur). Les 15, 16 et 17 novembre, à 20h, au théâtre Al-Falaki, centre-ville cai­rote. (Le 15 sur invitation).

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