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La fièvre télé-crochets

Yasser Moheb , Mardi, 25 juin 2013

Réputée pour découvrir de jeunes talents, une gamme d’émissions TV vient se forger une place parmi les grands rendez-vous musicaux de l’écran en Egypte, comme partout dans le monde arabe.

la fievre
Le Palestinien Mohamad Assaf qui a remporté le titre d'Arab Idol.

Fin du suspense pour Arab Idol. La saison 2 a pris fin cette semaine. Sur les réseaux sociaux, la compétition a fait rage entre les trois derniers chanteurs : Ahmad Gamal (Egypte), Farah Youssef (Syrie) et Mohamad Assaf (Palestine), qui a finalement remporté le titre. Les fans n’hésitaient pas à défendre leurs choix avec verve, tout comme certaines célébrités. « Je n’arrête pas d’envoyer des textos depuis une semaine pour choisir Ahmad Gamal comme l’Arab Idol 2013 », a lancé la jeune chanteuse Chérine Abdel-Wahab, après avoir animé l’émission deux semaines auparavant. Et d’ajouter : « Je ne soutiens pas Ahmad seulement parce qu’il est le seul candidat égyptien présent en finale mais parce que je suis devenue l’une des fans de sa voix et de sa façon authentique de chanter ».

Si la chanteuse syrienne Assala vient d’avouer son soutien à sa compatriote, la jeune concurrente Farah Youssef, plusieurs célébrités libanaises ont, elles, mené une vaste campagne sur Internet pour soutenir le concurrent libanais, Ziad Khouri.

« Cette émission hebdomadaire s’est imposée comme l’émission nº1 sur la chaîne MBC, donnant l’occasion aux jeunes concurrents de rencontrer une élite de coachs et de célébrités, ainsi que de passer des moments inoubliables avec leurs artistes préférés, à travers une compétition, des shows et des tests, tous en direct », se réjouit Mohamad Samäan, l’un des responsables de la production à la chaîne MBC Egypte. Et d’ajouter : « C’est cet assemblage d’invités VIP, de groupes de danse, de jeune public, de jury et de sélection académique des talents qui fait la richesse de ce genre d’émissions ».

L’émission, diffusée chaque vendredi et samedi soir sur la chaîne libanaise MBC, présente chaque semaine des candidats des pays arabes, qui interprètent une ou deux chansons devant un public et un jury de spécialistes. Puis les téléspectateurs choisissent par SMS leur candidat préféré.

Plusieurs émissions, une seule cible

Avec The Voice, Star Academy, X-Factor et les finales d’Arab Idol, les télé-crochets ont placé la barre très haut sur les écrans arabes ces derniers mois. Certaines chaînes télévisées sont passées maîtres depuis des années dans la fabrication continue de starlettes. LBC, MBC, Al-Hayat … en sont les pionniers.

Après le grand succès de Star Academy, première émission du genre qui a débarqué sur les télévisions arabes il y a plus de six ans, ce genre de « fabriques de stars » dites télé-crochets est devenu à la mode et est au centre de l’attention des différentes générations de « demandeurs d’occasion », désireux de percer dans l’industrie musicale.

Si Star Academy cible un public beaucoup plus jeune à travers des candidats davantage retenus pour leur look et leur personnalité, The Voice offre à la fois de la musique et de la téléréalité, avec un casting constitué également d’amateurs et de professionnels de tous les âges et de tous les styles. La production des émissions tente ensuite de mettre en valeur chaque candidat retenu après une sélection hors antenne.
« On ne peut pas nier bien sûr que ce genre d’émissions suit un concept basé sur les masses, essayant de regrouper un bouquet de concurrents de différentes nationalités arabes », souligne Fadi Al-Chaër, membre de l’équipe de la programmation à la chaîne Al-Hayat. Et d’ajouter : « L’une des règles du jeu consiste à ce que tous les pays ou toutes les régions géographiques arabes soient représentés dans les émissions à travers des concurrents. L’Egypte, le Liban, la Syrie, les pays du Maghreb ainsi que les pays du Golfe doivent être donc représentés, pour que la participation des masses soit intensive ».

Selon Fadi Al-Chaër, ces émissions sont aussi le reflet de l’évolution des moeurs : « Le public veut prouver qu’il a ses stars en herbe. Il faut respecter ce nouveau désir dans la sélection des concurrents et probablement dans le palmarès, si l’on veut capter l’audience la plus large » .

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