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Une idylle sans saveur

Yasser Moheb, Dimanche, 24 février 2019

Qessat Hob (histoire d’amour) est une romance à l’eau de rose, regroupant de jeunes comédiens talentueux comme Ahmad Hatem et Hana Al-Zahed. Cependant, elle est en deçà des attentes.

Une idylle sans saveur
Le courant ne passe pas entre Hana Al-Zahed et Ahmad Hatem.

Il faut d’abord le signaler : cette comédie romantique, Qessat Hob (histoire d’amour) avait du potentiel. Sorti dans les salles à l’occasion de la Saint-Valentin, ce métrage, dont le titre semblait prometteur, n’a pas été à la hauteur des attentes du jeune public.

Une belle affiche, un casting frais, mais le film commence à la hâte, pour présenter le couple principal. Youssef— campé par Ahmad Hatem— est un jeune architecte qui, vivant seul après le départ de sa soeur unique Yomna— Farah Youssef—, passe presque tout son temps entre le bureau et les sorties avec ses amis.

Sur le point de se fiancer, il est renversé par une voiture alors qu’il traverse la route et perd temporairement la vue. Il rencontre alors par hasard Gamila— interprétée par la jeune Hana Al-Zahed—, éducatrice dans une garderie. C’est le coup de foudre, suivi d’une idylle parsemée de maints problèmes.

La comédie romantique est un genre bien particulier qui doit respecter certaines règles de base pour réussir. Tout d’abord, l’affinité entre les deux protagonistes. Impossible d’être pris par une histoire d’amour si les personnages principaux ne sont pas en complète attirance. Malheureusement, Ahmad Hatem, ce jeune acteur qui commence à se faire remarquer, et Hana Al-Zahed, qu’on a vue récemment dans plusieurs seconds rôles, ne sont pas tout à fait convaincants en tant qu’amants. D’où l’effet glacial de l’histoire.

De beaux visages, malheureusement sans âme, avec une performance se voulant trop cool, mais qui reste loin de la profondeur ou du spleen romantique. Bien que le charisme des personnages ne soit pas complètement absent, le scénario plus qu’insipide nous use rapidement. La musique— signée Achraf Mahrous— n’est, quant à elle, pas en adéquation avec plusieurs scènes.

Ceux qui aiment les histoires d’amour seront peut-être charmés, mais ceux qui considèrent qu’une trame pareille manque d’inventivité dans ses postulats resteront de marbre face à ce film sentimental plutôt anodin qui manque clairement de punch.

Manque d’imagination

La jeune scénariste Amira Al-Tounsi se contente dans son premier scénario de l’idée principale déjà utilisée à maintes reprises du film américain légendaire Love Story (histoire d’amour), signé en 1970 par le réalisateur Arthur Hiller.

Mais ici, une paresseuse succession de faits bruts lancés au spectateur, seul juge de ce qu’il regarde. La trame du film aurait pu être beaucoup mieux développée, et l’histoire racontée s’avère glaciale, sans intérêt avec une fin trop classique. En bref, ce film relève du déjà-vu.

Quant à la mise en scène, la surprise est plus grande. Osman Abou-Laban n’est plus à présenter parce qu’il a réalisé de belles oeuvres, sur le plan esthétique et celui de la direction des acteurs. Il a le don de diriger les jeunes comédiens, un pari qu’il avait gagné il y a 8 ans, en présentant en 2011 plusieurs jeunes talents, à travers son film Al-Markeb (le bateau). Cependant, de bons acteurs et quelques bons mouvements de caméra ne suffisent pas pour faire un bon film.

S’éloignant de ses oeuvres de référence, il nous a surpris ici par ce métrage loin d’être captivant. Plusieurs idées en un seul plat, malheureusement, sans aucune saveur. Car dès les premières minutes du film, on se rend compte que ce n’est pas l’idylle tant attendue, avec une trame ni inventive ni originale. Tout est dirigé de manière artificielle. Jamais on ne ressent la moindre empathie pour ces héros. Même dans des scènes fort romantiques, on peine à y croire, tant elles sont théâtralisées et manquent de chaleur.

Bref, Qessat Hob est un film qui donne vraiment l’impression de rester à la surface de tout. Dommage .

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