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Une fête de toutes les couleurs

Névine Lameï, Mardi, 18 juin 2013

Accessible gratuitement, la Fête de la musique 2013, organisée en plein air, promet de faire vibrer à nouveau le public égyptien sur les rythmes d’une jeunesse ardente.

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Après une interruption d’un an, la Fête de la musique lancée en France depuis 1983, et fêtée dans plus de 110 pays sur les 5 continents, est célébrée cette année en Egypte, mettant l’accent sur la jeune création égyptienne, assez dynamique.

Ainsi, et en collaboration avec l’Institut français d’Egypte, 5 jeunes troupes égyptiennes de musique indépendantes sont au menu. A savoir : Darwacha, Salalem et Egyptian Project, à la Citadelle du Caire. Simultanément, le 20 juin, Chawaréena et Wasla se produiront à la Bibliothèque d’Alexandrie.

5 troupes, dont les styles sont différents, ont vite réussi à se faire une place sur la scène artistique égyptienne. Leur musique, débordante d’énergie et de rythmes, dépasse les frontières, touche aux problèmes du quotidien, pour répondre aux besoins des jeunes.

Sur le parvis de la Citadelle

A 20h, la Citadelle du Caire accueille la troupe Darwacha qui, née il y a un an à peine, est en pleine ascension. Et ce, depuis sa participation au festival Combo de la musique indépendante au théâtre Rawabet au centre-ville cairote. Fondée par Mohamad Darwich (guitariste, luthiste et compositeur), Darwacha utilise l’essence des comédies musicales pour créer une fusion de rock/métal arabe avec de la musique électronique. Entre tradition et modernité, sa musique porte un cachet oriental contemporain, incrusté de sarcasme. D’ailleurs, pour Darwacha, ce sont le goût du public et son quotidien qui lui dictent ses lois.

Suivra le concert de Salalem qui, ni commercial, ni tout à fait underground, présente des chansons enthousiastes, aux paroles simples et sincères. Et ce, d’une manière originale qui se rapproche du monologue. Une sorte de revue satirique, relevant les divers états de la société et décrivant un quotidien sombre, sur un fond musical imprégné de jazz, funk, soft rock et oriental. Avec une moyenne de 100 concerts par an, Salalem a débuté en 2004, quand Mohamad Ali (parolier, compositeur, guitariste), Ossama Saad et Amr Guiouchi, ces trois fondateurs qui avaient l’habitude de jouer leur musique sur les marches d’escalier à l’université, ont décidé de mettre en commun leurs talents et leur envie d’innover. Avec des textes sarcastiques parlant du quotidien de la jeunesse égyptienne, Salalem a su gagner son public parmi les jeunes, en les faisant danser sur leurs airs entraînants. La troupe préfère ne pas aborder la politique, bien qu’elle soit toujours présente dans ses chansons. Comme c’est le cas de sa chanson phare Maelechi (ne te dérange pas) et Kélma abiha (gros mot), présentes au programme.

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Salalem (escaliers).

Quant à l’Egyptian Project, ses musiciens nous emmènent jusqu’à minuit dans un monde fait de métissage musical d’instruments traditionnels et d’électro. Egyptian Project est le fruit d’une collaboration égypto-française entre des tenants de la tradition égyptienne et le jeune musicien nantais Jérôme Ettinger, qui mêle aux sonorités du Delta du Nil les ambiances de hip-hop et du trip-hop, de l’électro ou bien de la musique classique à sonorités occidentales. De quoi donner lieu à une jonction musicale hors du commun. Le rebab, l’arghul (double clarinette égyptienne), la darbokka (percussions) et la kawala, aux sonorités magnifiques et anciennes, sont amplifiés par les rythmes et les résonances électroacoustiques (du violon et de la guitare), pour réveiller et révéler les beautés de la musique des bords du Nil, afin d’emmener l’auditeur très loin, sur des « terres inexplorées ».

Faire la fête à Alexandrie

C’est à Alexandrie que la jeune troupe alexandrine Chawaréena (nos rues), composée de 7 jeunes musiciens et jouant une fusion de rock oriental et pop reggae, a pris naissance en 2009. Son nom est très révélateur de son objectif, à savoir surveiller le tempérament de la rue égyptienne, les problèmes sociopolitiques du monde arabe, et surtout les soucis quotidiens de la jeunesse. C’est pour cela que le groupe préfère jouer dans des espaces publics (centres culturels, écoles, universités ...). C’est ce qui a permis à Chawaréena d’attirer un large public parmi les jeunes et les moins jeunes, lorsque le groupe a commencé par donner des concerts sans instruments musicaux, avec notamment du chant dans le beat-box, à travers le mouvement et les expressions du visage.

Vient ensuite la troupe Wasla, fondée en 2011. Les membres de Wasla (connexion) sont unis par un même langage universel, même s’ils appartiennent à différents backgrounds musicaux. Leur musique, entre flamenco, funk, blues, country, rock, jazz, vise à promouvoir la compréhension mutuelle entre les cultures. Wasla est actuellement en voie de lancer son nouvel album Ghanni (chante), produit par le consulat britannique en Egypte. Les chansons du nouvel album ont été intégrées au programme de la soirée de clôture de la Fête de la musique à Alexandrie .

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