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S'autoproduire, la tendance de l'été

Yasser Moheb, Lundi, 10 juin 2013

Produire soi-même son album : la solution adoptée par certains artistes face à un marché musical en crise est la seule disponible.

Latifa, Samira Saïd, Issaf, Tamer Achour et d’autres viennent de prendre comme devise : « Pas de recul, ni soumission » face à la crise politico-économique qui a laissé la production musicale sur le banc de touche.

« Ce n’est pas la première fois que les chanteurs décident de s’émanciper des contraintes du marché et des lois des producteurs, pour financer et produire eux-mêmes leurs albums », souligne Ali Massoud, l’un des grands distributeurs du Caire et de Guiza.

« Alors que la production reste très difficile à assumer pour un chanteur, elle vient d’apparaître comme conséquence à la rupture entre certains chanteurs et leurs boîtes de production qui ne peu­vent plus payer leurs cachets, explique le distributeur. D’autres chanteurs se lancent aussi dans la production, mais pour présenter ce qu’ils veulent offrir à leurs fans, et non ce que le producteur veut vendre ! C’est la raison pour laquelle plusieurs chanteurs sont restés sans maison de production pendant des années. C’est le cas de Samira Saïd, Mohamad Fouad ou Hicham Abbass ».

Les revenus engrangés ces deux dernières années par les albums mis en vente n’ont rapporté qu’entre 1 et 5 % du coût de leur pro­duction. Le piratage bat son plein sur Internet, rendant disponibles les disques quelques minutes après leur sortie, et parfois même avant.

Mais cet état de lieux n’a pas empêché deux divas arabes de financer et d’enregistrer leurs chansons : elles se produisent désor­mais elles-mêmes. Il s’agit de Samira Saïd et Latifa. Les jeunes chanteurs Issaf et Tamer Achour préparent aussi, chacun, leur nou­veau tube, à leurs frais.

Une alternative ou un nouveau pas qui nous enfonce un peu plus dans la crise ? Les recettes du box-office le diront.

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