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Abou-Bakr Chawky : Quand j’avais vu Radi au casting, j’ai senti que ce serait lui

Yasser Moheb, Lundi, 14 mai 2018

Abou-Bakr Chawky, réalisateur du film égyptien Youmeddine (le jour du jugement dernier), sélectionné parmi les films de la Compétition officielle du Festival de Cannes.

Abou-Bakr Chawky

Al-Ahram Hebdo : Comment est née l’idée de Youmeddine ?

Abou-Bakr Chawky: L’histoire remonte à dix ans d’aujourd’hui, lorsque j’ai fait un court métrage documentaire sur une léproserie. J’ai pensé tirer une fiction à partir de toutes les histoires que j’avais amassées à l’époque. L’envie d’un road-movie s’est ensuite naturellement imposée, afin de suivre dans plusieurs circonstances et dans différents milieux— social ou même familial— l’état de ces lépreux brutalement marginalisés.

— Vous avez travaillé avec des acteurs non professionnels. Comment était la genèse de votre premier film ? Et comment avez-vous trouvé l’acteur Radi Gamal — lépreux lui-même— auquel vous avez offert la tête d’affiche ?

— Dans un premier temps, je pensais travailler avec la femme lépreuse qui avait été la protagoniste de mon documentaire, mais l’état de sa maladie s’est malheureusement aggravé, à tel point qu’elle ne pouvait plus marcher. J’ai commencé alors à chercher quelqu’un d’autre, et quand j’ai vu Radi au casting, j’ai senti que ce serait lui. Avec son enthousiasme, sa compréhension pour la nature du personnage et sa saisie de ce que veut dire, une telle aventure artistique, il a eu le respect de nous tous sur le plateau, de quoi me pousser à persister quant à mon choix et de combler son inexpérience par des ateliers d’interprétation, afin de lui apprendre à jouer sans perdre son style naturel et spontané.

— Que pensez-vous de votre sélection à Cannes dès votre premier film et avec une histoire plutôt originale quant à son thème ?

— Une fois les films sélectionnés annoncés, tout le monde s’est demandé qui j’étais, surtout en Egypte. Car j’ai passé ma vie aux Etats-Unis et je ne faisais pas jusqu’alors partie de la scène cinématographique égyptienne (il rit) ! La surprise a été de taille, d’autant plus que mon film ne parle ni de fanatisme religieux, ni de terrorisme, ni de politique, mais d’un sujet humain et touchant, et qui reste universel malgré son allure assez spéciale. C’est un honneur pour moi d’avoir été sélectionné pour représenter l’Egypte dans la majestueuse compétition cannoise et représenter toute une nouvelle génération de cinéastes arabes et africains. Tous les cinéastes du monde rêvent de venir présenter leurs films à Cannes; moi, j’ai eu cette grande opportunité et j’espère rester à la hauteur de cette grande chance.

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