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Un centre-ville plus vivant

May Sélim, Lundi, 19 mars 2018

Du 8 au 29 mars, la 7e édition du festival artistique pluridisciplinaire D-Caf fait vibrer le centre-ville cairote, avec ses multiples activités.

Un centre-ville plus vivant
Alors Est-ce que c’est là  ?

Le coup d’envoi a été bien donné. La 7e édition du festival artistique D-Caf a réussi son pari, en vivifiant le centre-ville cairote, grâce à un programme copieux et une cinquan­taine d’événements. D-Caf multiplie ses activités cette année et s’ouvre sur d’autres espaces du centre-ville.

Fidèle au même concept dès sa première édition, le festival se carac­térise par une « vision urbaine », visant à présenter la danse ou d’autres performances dans les rues de la capitale. Les danseurs nous font redécouvrir de nouveaux espaces urbains, comme la mosquée Qaïtbay ou le quartier d’Al-Korba. « Dès le départ, on s’est intéressé au centre-ville. Ces deux derniers espaces font partie de l’héritage culturel et architectural de l’Egypte. On y tenant des spectacles, on a voulu s’ouvrir sur d’autres espaces urbains, et s’approcher davantage du public », lance Ahmad Al-Attar.

Le programme comporte notam­ment des chorégraphies interprétées par des jeunes artistes handicapés. Depuis trois ans, le festival accorde plus d’intérêt aux personnes de besoins spéciaux. Il cherche à jeter la lumière sur leur côté créatif, au-delà des clichés et des slogans creux de solidarité. Les artistes sont souvent initiés à la création de spectacles, après avoir suivi des ateliers spécia­lisés, animés par des chorégraphes et des metteurs en scène internatio­naux, quelques semaines avant le festival.

Au théâtre, des spectacles bien sélectionnés ont capté l’attention du public, comme le spectacle cana­dien Cherepaka et le monodrame français Alors est-ce que c’est là ? Chorégraphié et interprété par Andréane Leclerc, Cherepaka met en scène une créature qui redé­couvre son corps et ses capacités par le biais de la danse. S’inspirant des peintures de Francis Bacon, la chorégraphe mêle la danse contem­poraine aux jeux d’acrobatie. Elle change habilement de postures, varie les mouvements du corps, faisant preuve d’une grande flexibi­lité. De quoi pousser certains spec­tateurs en salle à la qualifier de « femme en caoutchouc ».

Alors est-ce que c’est là? est écrit, interprété et monté par Clémentine Baert laquelle approche l’idée de la mort, de manière si simple et pro­fonde. Par une prestation parfaite, pendant une heure, elle a déclenché les applaudissements en salle.

Un clin d’oeil à la BD

La programmation cinématogra­phique de cette année est plutôt axée autour de la bande dessinée, notamment celles qui se sont trans­formées en longs métrages, vu leur énorme succès. Ainsi, Snowpiercer, du réalisateur Bong Joon-ho d’après la bande dessinée chinoise Le Transperceneige, est projeté à la salle de cinéma Zawya. Et un atelier est prévu, le 23 mars, au profit des jeunes réalisateurs et dessinateurs qui cherchent à transformer une oeuvre de BD en courts ou longs métrages.

En coopération avec l’association Medrar pour les arts contempo­rains, le volet du festival réservé à l’art plastique permet de former dix jeunes artistes pendant six mois de travail intense.

Et pour ce qui est musique, D-Caf opte pour les nouvelles tendances de la musique électronique. Ainsi, il propose différents concerts, offrant pour la plupart une fusion entre l’électro, le chaabi ou le pop.

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