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L’énergie de l’art

Nada Al-Hagrassy, Mardi, 23 janvier 2018

Le nouveau centre des arts de Batn Al-Baqara a ouvert ses portes la semaine dernière dans le Vieux Caire et réunit désormais les maîtres potiers de ce quartier. Un symposium de sculpture y est organisé.

L’énergie de l’art
Les jeunes artistes travaillant la pierre, dans la cour du centre. (Photo:Ahmad Abdel-Razeq.)

Une fine poussière blanche se dégage des pierres calcaires taillées par les jeunes artistes en herbe, annonçant ainsi les activités organisées à l’occasion de l’ouverture du centre des arts de Batn Al-Baqara, qui réunit les maîtres potiers de Fostat, dans le Vieux Caire. Cette poussière qui envahit les lieux constitue aussi les pré­mices d’un premier sympo­sium sur la sculpture qui se déroule en ce moment sur place, organisé par le profes­seur de beaux-arts de Minya, Ihab Al-Assiouti.

Les participants sont dis­persés dans la vaste cour du centre artistique, maniant chacun un gros bloc de pierre. « C’est la première fois que je participe à un symposium de sculpture, après avoir termi­né mes études à la faculté des beaux-arts de Minya », affirme Périhan Anas, une scie électrique à la main, taillant la pierre sous la forme d’une feuille de vigne. La plupart des participants sont fraîchement sortis des beaux-arts de Minya, étant donné qu’Ihab Al-Assiouti, l’initia­teur du symposium, a été le chef de la section Sculpture, dans ce même établissement, pendant plusieurs années. « Une fois sortis de la faculté, les jeunes sculpteurs ne trou­vent pas de lieux pour tra­vailler ou exposer. Donc, on a eu l’idée, avec mon cher ami, le feu peintre Ossama Abdel-Tawwab, de transformer cet endroit, l’un des ateliers de poterie à Fostat, en un centre pour les arts plastiques, notamment la sculpture », précise Al-Assiouti.

Le symposium n’a pas de thématique préétablie. Mais on a voulu plutôt laisser aux artistes participants la liberté de développer chacun l’idée qui lui semble proche. Résultat : des travaux qui varient entre des portraits tra­ditionnels et des oeuvres très abstraites comme cette sculp­ture d’Ahmad Farouq, revê­tant la forme d’une éponge végétale en pierre.

Faciliter la commercialisa­tion des oeuvres
L’emplacement du sympo­sium au foyer des artisans-potiers à Fostat facilite en effet la commercialisation des oeuvres produites ou leur vente directe. Bref, les jeunes artistes trouvent en ces lieux un beau champ de travail et d’action. Une énergie posi­tive facilite la cohabitation et l’interaction ente les maîtres artisans et les sculpteurs en herbe. « Chacun d’entre eux influence l’autre. Les sculp­teurs ont appris aux potiers de nouvelles techniques, que l’on voit à titre d’exemple dans leurs dernières créa­tions plus réalistes. Et les maîtres potiers ont inspiré les jeunes artistes par leurs ins­tincts créatifs, dotés d’une fraîcheur naïve. D’où une variété de pièces en poterie, exposées à l’entrée du centre », souligne Al-Assiouti.

Venu en tant visiteur, le peintre Sameh Nabil a fini par passer la journée au centre. Fasciné par les lieux, il a sorti ses couleurs et s’est mis à travailler. Il peint les dômes des ateliers.

Le projet du centre remonte à un an environ, mais l’un des deux fondateurs, le peintre Ossama Abdel-Tawwab, est décédé avant que son rêve ne devienne réalité. Ses amis, dont notamment Ihab Al-Assiouti, ont donné suite à l’idée et ont décidé d’organiser un symposium de sculpture pour donner le coup d’envoi à une série d’activités artistiques qui s’étendront sur toute l’an­née. Celles-ci comprennent des ateliers et des expositions de sculpture, de peinture, de bijoux, etc. Le centre offre un lieu de travail pour les profes­sionnels, mais aussi aide les amateurs à se faire la main grâce à plusieurs ateliers spé­cialisés. La salle d’exposition a été inaugurée le 14 janvier dernier, et les activités du sym­posium se poursuivront jusqu’au 2 février.

Centre des arts de Batn Al-Baqara : Vieux Caire, Fostat, Village de poterie.

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