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Lekhfa, chanter comme des électrons libres

Yasser Moheb, Lundi, 18 septembre 2017

Les trois chanteurs-stars de la scène Underground, Maryam Saleh, Tamer Abou-Ghazalah et Maurice Louca, viennent de terminer l’enregistrement de leur nouvel album Lekhfa (en cachette) dont la sortie officielle est prévue le 22 septembre. Un projet mariant chant oriental et arrangements occidentaux.

Lekhfa, chanter comme des électrons libres
Maryam Saleh et Tamer Abou-Ghazalah, une belle aventure.

Un look rebelle et des regards brillants. Complètement obnubilés par le travail, Maryam Saleh et Tamer Abou-Ghazalah se préparaient au lancement de leur nouveau projet musical. Ils sont en train de faire leurs répétitions sur les chansons de leur nouvel album qu’ils vont présenter lors de leur concert du 23 septembre au parc d’Al-Azhar, au Caire. Le premier de toute une série de concerts, visant à promou­voir leur album entre Paris, Stockholm et Dubaï.

« C’est un projet dont l’idée est née en 2014, lorsque nous nous sommes rencontrés, chacun réalisant son point de vue artistique et son style musical », souligne Maryam Saleh, grande source de création, reconnue pour sa voix puissante et captivante ainsi que pour sa prestance et son charisme sur scène. Cette chanteuse et auteure-compositrice égyptienne compose et interprète depuis sept ans une musique qui lui ressemble. « Nous trois avons l’intérêt à travailler ensemble, étant donné que chacun suit le travail de l’autre, et l’appré­cie. On a toujours eu des idées communes qui nous obsèdent. C’est de là qu’est né Lekhfa », dit-elle.

Les chemins de ces trois musiciens cairotes de la génération des années 1990 se recroisent quelques années plus tard lorsque chacun découvre le travail de l’autre. D’une com­mune consonance, ils se rencontrent dans un cabanon au bord de la mer à Alexandrie. Il s’ensuit plusieurs résidences à Amman, au Caire et à Beyrouth pour créer et enregistrer cet album.

« Etant donné que les chansons de ce projet sont mises en musique par nous trois, on a tenu à ce que chacun donne de lui-même, les imprègne de son style et de ses airs préférés, même lorsqu’il s’agit d’improvisation », explique Tamer Abou-Ghazalah. « Ceci a sans doute nécessité une période de préparation, pour que nous puissions trouver le ton ou la voix commune, à travers laquelle nous nous adressons aux audi­teurs. C’est durant cette période de préparation, puis d’exé­cution, que nous nous sommes sentis proches de ce que nous aimons présenter ensemble », poursuit Abou-Ghazalah, connu pour ses grands succès, multipliant les collaborations artistiques, tout en se produisant pendant des années avec ses différents projets lors de concerts à guichets fermés au Caire, à Alexandrie, à Beyrouth, à Tunis et à Amman.

En fait, le trio propose, avec Lekhfa, une musique sans accommodement stricte, des tonalités insolites, à la fois fortes et aguichantes, puisque tous les trois font partie des figures de proue du milieu musical avant-gardiste dans le monde arabe.

Mariage d’expériences
C’est avec la grande expérience de Louca dans le monde de la musique électronique contemporaine que Maryam et Tamer chantent une sélection de poèmes de leur contemporain Mido Zoheir, que l’on peut placer au rang de quatrième membre de cette création, sans doute l’un des poètes égyptiens les plus libres et talentueux de sa génération.

« Ô rythme cassé ... en quatre, tu frappes l’illusion ... sur les oreilles », c’est ainsi que commencent les paroles de leur chan­son Iqaa Maksour (rythme cassé), prenant ce vers comme refrain combinant les voix de Maryam et Tamer pour les pous­ser plus loin. Un tube lancé depuis quelques semaines sur Internet, comme apéritif des huit chansons prévues que regroupe le CD.

« C’était grâce à Maryam que nous avons pu avoir ce grand bouquet de textes et de poèmes de Mido Zoheir, vu qu’ils ont beaucoup travaillé et que Maryam a chanté un grand nombre de ses poèmes. Elle nous a apporté presque tous les poèmes de Mido et nous les a mis sur la table, et c’est ainsi que nous avons pu lire et choisir chacun selon son goût », indique Tamer Abou-Ghazalah. D’après lui, c’est l’un des plus grands apports de Maryam Saleh à ce projet produit par le groupe Mostaqel (indé­pendant).

Kont Rayeh (j’étais en train de m’en aller) est une seconde chanson dévoilée, quelques heures avant la sortie de l’album. « Nous avons essayé de présenter un mélange de rythmes et de formes musicales, différentes de par leurs harmonies ou leurs arrangements, variant entre le mood music ou la musique psy­chédélique, la musique électronique et l’électro-chaabi dits Mahraganat, à la mode ces dernières années », affirme Abou-Ghazalah.

Huit chansons, parfumant habilement le chant traditionnel arabe de beats électro et de rythmes berçant entre hip-hop et absurdité .

Concert le 23 septembre au théâtre Guéneina, parc d’Al-Azhar, à 20h.

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