Culture > Arts >

Vive la liberté de jouer

May Sélim, Lundi, 17 juillet 2017

Le compositeur jordanien Tareq Al-Nasser confirme sa légende personnelle à travers ses bandes sonores pour les drames télévisés, ses chansons composées pour le groupe Rum et ses concerts de piano en direct. Il fait revivre le patrimoine de son pays en le mêlant à des airs contemporains.

Vive la liberté de jouer
Tareq Al-Nasser au piano, le public est sous le charme. (Photo:Bossaïna Chaalane)

La semaine dernière, le public alexandrin a bien échappé à la chaleur écra­sante et aux embou­teillages, en cherchant refuge dans la grande salle de la Bibliothèque d’Alexandrie ou s’est produit le pianiste et compositeur jordanien Tareq Al-Nasser, dans le cadre du festival d’été. « Alexandrie m’est une ville très chère. Mon rapport avec l’Egypte date de longtemps. Je viens souvent au Caire pour tra­vailler en studio ou faire des répé­titions, mais Alexandrie est la pre­mière ville méditerranéenne à m’avoir accueilli en concert. C’était il y a 4 ans, au théâtre Sayed Darwich », souligne Al-Nasser. Malgré ses oeuvres à succès, composées pour des feuille­tons télévisés, ses va-et-vient régu­liers entre l’Egypte et la Jordanie, Al-Nasser a dû attendre plusieurs années avant de se produire en concert à Alexandrie. « C’est une ville extrêmement riche. Pourtant, les couleurs de sa musique méditer­ranéenne se perdent dans sa culture cosmopolite », explique-t-il.

Accompagné de cinq musiciens jordaniens, membres du groupe Rum, ainsi que d’autres musiciens égyptiens, Al-Nasser a joué quelques-unes de ses bandes sonores : Al-Gawreh, Melouk Al-Tawef et Le Roi Farouq, mais aussi des chansons de renom telles Ya Mahla Al-Fossha, Rouh et d’autres. Et à lui de dévoiler la richesse de sa musique qui puise dans le patrimoine arabe, pour lui donner un air plus frais et contem­porain : « Le patrimoine est un tré­sor inépuisable. Quand on le soigne, il nous soigne aussi ».

En fait, il s’est lancé dans la com­position de bandes sonores pour drames télévisés, depuis 1993. Ensuite, en 1998, il a fondé le groupe Rum, dont le nom est inspi­ré de celui de la célèbre vallée jor­danienne. Al-Nasser écrit, compose et arrange les chansons inspirées des mélodies profondément orien­tales. « Rum est un projet qui se suffit à lui-même. Il a déjà été bien mis en valeur dans les années 1990 et aux débuts des années 2000. Le groupe compte quelque 25 musi­ciens et chanteurs. On y trouve des joueurs d’instruments occidentaux et orientaux à la fois. La notion de troupe ne nous intéresse pas, mais nous cherchons plutôt à jouer, à dialoguer, de manière flexible et libre », explique Tareq Al-Nasser.

Jouer c’est communier
Durant les concerts, certains musiciens de Rum, dirigé par sa soeur Russl, peuvent s’absenter, alors d’autres nouveaux éléments peuvent les remplacer, etc. Al-Nasser ajoute : « La musique est une vraie incarnation de la paix et de la liberté. C’est là toute son ori­ginalité. Quand on joue, on part de l’individualité et de la spécificité de chacun pour interpréter une oeuvre unique. Selon l’orchestration exis­tante, chacun fait de son mieux pour atteindre la meilleure forme. C’est le meilleur exemple de rela­tions humaines qui puisse exister, des êtres en parfaite harmonie, au vrai sens du terme ».

Même si Al-Nasser est pris davantage par la composition de bandes sonores et génériques pour les drames télévisés ou cinémato­graphiques, il est soucieux de retrouver le public de temps en temps. D’où l’importance de ses concerts en direct. « Ce qui compte pour moi et pour les membres de Rum, c'est d’offrir aux mélomanes des chefs-d’oeuvre, de graver notre projet musical dans les mémoires. Je m’intéresse à donner deux concerts par an avec les musiciens de Rum ».

Ces derniers cherchent souvent à partager leur expérience avec d’autres, à s’ouvrir à d’autres hori­zons. Ainsi ont-ils collaboré avec la troupe égyptienne Al-Nafikha pour les instruments à cuivre et avec le groupe alexandrin Massar Egbari, réputé pour son répertoire révolu­tionnaire. Le succès fut au rendez-vous dans les deux cas.

Concert avec Rum et Tareq Al-Nasser, le 2 août à 20h30, au Théâtre rou­main à Amman (Jordanie), dans le Cadre du Festival Moussiqa Al-Balad (la musique du pays).

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique