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Musique : Il est comme il est, Ayman Serdar s'assume

Houda Belabd , Lundi, 15 avril 2013

Avec sa guitare folk, Ayman Serdar compose et chante des musiques qui lui ressemblent. Le jeune Egypto-Syrien au succès grandissant met en chansons sa propre vie, sérieuse, comique et parfois espiègle. Portrait d'un homme entier.

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Des chansons sentimentales, des ballades douces et légères, du chant révolutionnaire et des reprises du folklore syrien … Le dernier concert d’Ayman Serdar, à Saqiet Al-Sawi, a fait le tour de tout cela. Sur scène, le jeune homme aime rester lui-même. « Je ne cherche pas à suivre une mode ou un modèle. Je veux rester moi-même en chantant mes craintes, mes déboires affectifs et mes ambitions personnelles. Mais aussi en rêvant d’un avenir prometteur pour ma patrie », dit-il. Lors de ses études d’animation classique à la Vancouver Film School au Canada, il commence à raconter son histoire à travers des chansons qu’il compose. Il se spécialise alors dans « la conception sonore des sentiments », une spécialité qui mène souvent les artistes à chanter pour des génériques de dessins animés et dans des films d’animation.

Mais aujourd’hui la catégorie juniors n’intéresse plus vraiment Ayman. Désormais, il préfère ratisser large. Son diplôme en poche, il revient vers son Egypte natale pour composer des chansons pour « adolescents avisés » et adultes.

Il suit des cours de formation vocale à l’Opéra du Caire, histoire d’ajouter une touche égyptienne à son parcours. Sa bonne étoile étant de son côté, une célèbre soprano égyptienne l’épaule et l’aide à rejoindre, en 2009, le groupe musical de Hany Shénouda, Al-Masriyne Band. Le célèbre musicien l’encourage vivement à composer son premier single Ana masri (je suis égyptien). Une chanson qui lui vaut rapidement la reconnaissance de ses compatriotes et l’amour de ses premiers fans. Succès éphémère ? C’est encore très tôt pour le dire. Juste après son premier single en 2011, il chante Ana zay mana (je suis comme je suis). Ayman a toujours eu l’envie d’embrasser une carrière qui lui ressemble.

Partager sa vie et sa musique

Son monde est rempli d’histoires, de relations humaines et d’imagination. Sur scène, il n’a presque pas de secrets pour son auditoire. Chaque titre est précédé d’une longue présentation sur les tenants et les aboutissants de l’histoire de la chanson. Tantôt sérieux, tantôt espiègle, le jeune chanteur arrive à mettre ses admirateurs dans tous leurs états. Des fous rires, aux applaudissements en passant par les fausses huées. Et contrairement à beaucoup de débutants, Ayman Serdar arrive à fidéliser un grand nombre de spectateurs.

« Je préfère largement être différent de la masse et avoir des admirateurs qui m’aiment pour ce que je suis plutôt que de m’accrocher à un modèle et vouloir lui ressembler. Autrement, je risque d’être aimé pour ce que je ne suis pas », dit-il fermement. Parmi les chansons d’Ayman Serdar, il y a lieu de mentionner Maalich ya Caroline (ce n’est pas grave, Caroline) qui parle de la désillusion d’un peuple ayant opté pour un mauvais choix politique et qui doit assumer son erreur pendant quatre années.

La chanson en question est l’une des plus rejouées pendant ses concerts, toujours à la demande du public. Serdar compose sa musique de manière souvent incongrue. Il lui arrive de trouver ses paroles en marchant dans la rue ou la nuit en plein sommeil, parfois en parlant avec ses amis ou avec des inconnus. « Il m’arrive d’entamer une conversation avec quelqu’un ou dans mon for intérieur et de me surprendre en train de faire des rimes et je me dis : tiens ! Cela pourrait faire un très bon intitulé de l’une de mes prochaines chansons … ». Muni de sa guitare folk et de ses rêves, le jeune artiste, qu’on dirait tout droit sorti d’une série de dessins animés, voit la vie en trois dimensions .

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