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Orage sous l’effet des rythmes et des émotions

May Sélim , Mardi, 20 septembre 2016

Le coup d’envoi a été lancé mardi 20 sep­tembre avec le spectacle chinois Thunderstorm (orage) de la troupe Fujian People’s Art Theater. Un choix particulier pour la cérémonie d’ouverture de cette 23e édition du Festival international du Caire pour le théâtre contemporain et expérimen­tal qui vise cette année à célébrer L’Année culturelle sino-égyptienne.

Orage sous l’effet des rythmes et des émotions
Percussions dramatiques dans Thunderstorm.

Thunderstorm (orage, 1933) constitue la première pièce de théâtre signée par le drama­turge Cao Yu (1910-1996). Une oeuvre en quatre actes qui résume des années d’amour et de haine. Orage aborde les effets désas­treux de la tradition rigide et de l’hypocrisie des hommes riches. En fait, la pièce nous relate les événements de deux jours de l’an­née 1925 et décrit la destruction physique et psychologique d’une famille riche, moderne et un peu occidentalisée, la famille Zhou. Et ce, à la suite de l’inceste et de l’oppression causées par son patriarche, moralement dépravé et corrompu, Zhou Puyuan, un homme d’affaires. L’oeuvre marque la littéra­ture chinoise d’avant l’invasion japonaise en 1937.

En 2011, à l’occasion du centenaire de la naissance de Cao Yu, Fujian People’s Art Theater a décidé de reprendre ce texte clas­sique et de le présenter au public dans une mise en scène contemporaine, dense et ryth­mée de Chen Dalian. Dès lors, Orage est devenue une oeuvre du répertoire de la troupe.

La version de Dalian reste fidèle au texte de Cao Yu, mais le metteur en scène opte pour une mise en scène originale misant sur le jeu des comédiens, les instruments de percus­sions et le jeu de l’éclairage. Les détails ves­timentaires nous révèlent un contexte contem­porain. Dalian, à travers sa mise en scène, fait allusion aux problèmes sociopolitiques d’au­jourd’hui, non seulement en Chine, mais aussi dans le monde entier. Il dénonce alors la rigueur et la soumission des sociétés conser­vatrices face à la corruption des hommes de pouvoir.

Sur une scène sobre, démunie de détails de luxe, les chaises manipulées par les comé­diens suffisent à nous évoquer les cadres spatiaux de la pièce.

Chen Dalian dirige bien les projecteurs et l’éclairage afin de focaliser l’attention sur un monologue, une scène d’amour ou de conflit.

Les comédiens eux-mêmes sur scène jouent sur des instruments volumineux de percus­sions. Dalian puise dans le patrimoine musi­cal de la Chine et a recours à des éléments ethniques et ancestraux qui jouent un rôle dramatique dans la pièce. Parfois, le rythme est répétitif, lent et monotone évoquant un quotidien sombre et triste. Parfois, il est trépi­dant et fort annonçant un événement désas­treux ou une révélation scandaleuse. Un spectacle riche en rythmes et en émotions .

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