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Les rois subsahariens

Mardi, 21 avril 2015

La Béninoise Angélique, qui jongle avec les styles et les dialectes, la Sénégalaise Marema, qui fait partie d’une nouvelle révélation, et le Togolais Olibig, dont le talent rivalise avec les grands ténors, sont trois voix qui retentissent au-delà de l’Afrique.

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Les rois subsahariens

Marema,
une divette de Dakar
En très peu de temps, la chanteuse mauritanienne Marema a réussi à se faire connaître au-delà des frontières africaines. En effet, il y a quelques mois, elle a décroché, haut la main, le prix « découvertes » de RFI et a commencé à faire parler d’elle sur la scène parisienne, suite au lancement de son premier album Panafree.

Marema est surtout une artiste complète, car elle chante, écrit et compose, depuis bien des années. Son style musical fétiche reste la pop africaine. Francophone, elle chante également en plusieurs dialectes africains et mauritaniens.

Son premier album est un bel hymne à la joie de vivre, à la gaieté et à l’indépendance. Aussi est-il un album autobiographique qui nous apprend bien des choses sur la jeune diva de 28 ans.

Influencée par la voix et la voie de Tracy Chapman, Marema (ou Mimi pour les intimes) a emboîté le pas à son idole en débutant en tant que choriste auprès de grands et notoires artistes sénégalais de l’acabit de Didier Awadi et Idrissa Diop.

De mère sénégalaise, cette jeune femme est dakaroise de naissance. D’ailleurs, c’est dans cette ville du monde qu’elle a fait ses études en musique, et ce, à l’école de musique de la Maison de la culture « Douta Seck ».

Découverte par Mao Otayeck, chef d’orchestre et musicien ayant collaboré avec Stevie Wonder, elle prend son envol et enregistre Panafree.

Son premier single, « Femme d’affaires », est un doux mélange de xalam et de hip-hop. La chanson a rencontré un vrai succès et lui a également permis de remporter le prix du jury Star Africa Sounds 2014 .

Les rois subsahariens

Angélique Kidjo :
Du Bénin à New York
Si vous avez suivi la dernière grande fête des remises des Grammy Awards Made in Los Angeles, vous avez certainement entendu ce nom : Angélique Kidjo. Véritable porte-drapeau de la musique béninoise, cette quinquagénaire est en phase de conquérir le continent noir.

Grâce à « Eve », son onzième album et dernier en date qu’elle a dédié aux femmes africaines, la chanteuse à la voix retentissante a remporté, tout dernièrement, un Grammy de la meilleure révélation africaine de l’année 2014. « Cet album est dédié à toutes les femmes de mon continent, l’Afrique, à leur beauté et à leur résilience. Femmes d’Afrique, vous êtes formidables ! », a-t-elle déclaré en recevant sa consécration.

Connue et très chouchoutée dans son pays d’origine, cette vedette, qui réside à New York, est en tournée avec son album sorti en fin d’année 2014.

Ce bouquet de chansons, pour le moins rythmées, connaît un franc succès, car il comporte un duo avec la chanteuse nigériane Asa. D’ailleurs, le clip-vidéo du titre montre de nombreuses femmes de différentes nationalités subsahariennes qui chantent en choeur, symbolisant ainsi l’amitié qui existe entre leurs pays.

Si Angélique Kidjo est arrivée, en trois décennies d’exercice artistique, à se faire connaître aux quatre coins du monde, c'est en partie grâce à son amour pour les langues et pour les dialectes africains. En effet, Angélique parle couramment le français, l’anglais, mais aussi le mina, le swahili, le fon et le yoruba. De même, il s’agit d’une grande adepte de la technique vocale dite « zilin », prisée par les chanteuses noires aux voix puissantes. Cette technique, propre au chant béninois, consiste à prolonger d’une voix grave des intros et des couplets plutôt courts.

Son album « Eve » témoigne de tout cela, mais aussi de ses innombrables influences musicales. Car en plus de se classer parmi les emblèmes béninois de la musique pop africaine, elle excelle en zouk, rumba, jazz, gospel, latino et en musique des Caraïbes.

Son style est souvent comparé à celui de Miriam Makeba, la diva de l’Afrique noire qui l’a, pendant de très longues années, inspirée. Ceci est sans oublier qu’elle est une grande fan de Jimi Hendrix, de Tina Turner et d’Aretha Franklin.

« Bien qu’on me classe parmi les chanteuses de la World Music, je préfère faire partie de la musique africaine. Je ne prétends pas être xénophobe, bien au contraire, la raison en est que je connais bien mes limites. Les chanteurs de la World Music sont connus où qu’ils aillent », affirme-t-elle, lors d’un récent point de presse.

Et pourtant, son répertoire parle autrement d’elle. En effet, Kidjo a déjà prêté sa voix à des centaines de travaux artistiques, dont des collaborations avec les piliers de la musique américaine, dont Jimi Hendrix et Alicia Keys.

A 54 ans, Angélique Kidjo en est à son énième distinction. Elle a déjà décroché, en 2007, un Grammy pour son album « djin-djin » qui a littéralement défrayé la chronique cette année-là, grâce, notamment, à sa collaboration avec le grandissime et certainement légendaire Carlos Santana .

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