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Variole du singe : Le monde sur le qui-vive

Chérif Albert, Mercredi, 01 juin 2022

L’OMS s’attend à une hausse du nombre de cas de variole du singe, alors que l’apparition simultanée de cas dans de nombreux pays reste intrigante.

Variole du singe : Le monde sur le qui-vive

L’organisation Mondiale de la Santé (OMS) a prévenu, vendredi 27 mai, que les quelques 200 cas de variole du singe détectés ces dernières semaines, dans des pays où le virus ne circule pas habituellement, pourraient n’être que « le sommet de l’iceberg ». Les experts tentent de déterminer ce qui a provoqué cette « situation inhabituelle », et les résultats préliminaires ne montrent ni variation, ni mutation du virus de la variole du singe, a indiqué Sylvie Briand, directrice du département de préparation mondiale aux risques infectieux de l’OMS. « Nous savons que nous aurons plus de cas dans les jours à venir », mais « ce n’est pas une maladie dont le grand public devrait s’inquiéter. Ce n’est pas le Covid ou d’autres maladies qui se répandent rapidement. Si nous mettons en place les mesures adéquates maintenant, nous pourrons probablement contenir cela rapidement », a-t-elle ajouté.

Le Royaume-Uni a signalé un premier cas le 7 mai. Depuis, quelque 200 cas ont été détectés dans des pays bien éloignés de ceux où le virus est endémique, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dans une note épidémiologique diffusée la semaine dernière. Le nombre total de cas recensés a pratiquement quintuplé depuis son premier pointage du 20 mai, où l’agence dénombrait 38 cas. Dans sa première évaluation des risques, l’ECDC avait toutefois considéré que la probabilité de contagion dans la population en général était « très faible », mais qu’elle était en revanche « élevée » chez les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels.

En l’état actuel des connaissances, la transmission interhumaine nécessite un contact étroit et prolongé entre deux personnes, et se fait principalement via la salive ou le pus des lésions cutanées formées au cours de l’infection. La maladie se traduit d’abord par une forte fièvre et évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croûtes.

Ce qui intrigue et préoccupe les experts est l’apparition simultanée de cas dans de nombreux pays, notamment en Europe, sans qu’ils soient associés à des retours de pays d’Afrique où la maladie est endémique. Endémique dans 11 pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, la variole du singe a soudain été détectée dans plus de 20 autres pays à travers le monde, dont les Etats-Unis et l’Australie. Le premier cas dans la Région de la Méditerranée orientale de l’OMS a été signalé par le ministère de la Santé des Emirats arabes unis. Les autorités américaines ont confirmé que le séquençage du virus détecté dans le Massachusetts correspondait à celui identifié chez un patient au Portugal, et que la souche était celle présente en Afrique de l’Ouest, la moins grave des deux en circulation.

L’OMS appelle les Etats membres à identifier et isoler rapidement les personnes infectées, dont la vaste majorité devrait présenter une forme modérée de la maladie. Les femmes enceintes, les enfants et les personnes immunodéprimées courent un risque plus élevé de développer une forme sévère.

Le géant pharmaceutique suisse Roche a annoncé la semaine dernière avoir développé des tests PCR de détection du virus de la variole du singe. Ces tests ne sont pas destinés au grand public, mais sont disponibles à des fins de recherche dans la plupart des pays du monde. Selon l’OMS, il convient de détecter la maladie avec un test PCR, car les tests antigéniques ne permettent pas de déterminer s’il s’agit du virus de la variole du singe ou d’autres virus apparentés.

Aucun cas en Egypte

Alors que les pays continuent de renforcer les capacités de détection et de riposte à cette maladie virale, l’Egypte a contacté un certain nombre d’entreprises pour obtenir les matières premières nécessaires à la fabrication d’antiviraux contre la variole du singe et pour importer des kits de test PCR pour détecter le virus, a déclaré le ministre de la Santé par intérim, Khaled Abdel-Ghaffar. L’Egypte n’a enregistré aucun cas à ce jour, a assuré le responsable.

De son côté, l’Union européenne prépare des achats groupés de vaccins et autres traitements contre la variole du singe, a indiqué la semaine dernière la commission européenne. La vaccination contre la variole du singe « sera limitée à des cas très précis, car la transmissibilité et le risque lié au virus ne sont pas comparables à ceux du Covid-19 », a précisé son porte-parole. Et les Etats-Unis, qui comptent aujourd’hui 5 cas probables ou confirmés, se préparent, eux aussi, à vacciner les personnes ayant été en contact proche avec des patients atteints, notamment « les soignants, les contacts personnels très proches, particulièrement ceux à risque de développer un cas grave de la maladie », a déclaré un responsable au sein des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

La variole du singe appartient à la même famille que la variole, qui tuait chaque année des millions de personnes dans le monde jusqu’à son éradication en 1980. Pour autant, la variole du singe est beaucoup moins grave, avec un taux de mortalité de 3 à 6%. La durée d’incubation de la variole du singe est le plus souvent comprise entre 6 et 16 jours, pouvant aller de 5 à 21 jours. La plupart des personnes infectées guérissent spontanément dans les 2 à 4 semaines, sans traitement spécifique. Il n’existe pas vraiment de traitement, mais des antiviraux ont été développés contre la variole. Les vaccins contre la variole s’avèrent efficaces à 85% contre la variole du singe. Mais la plupart des moins de 45 ans n’ont pas été vaccinés contre la variole et les stocks de vaccins sont aujourd’hui très réduits.

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