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L’Egypte aux Emirats

Monday 2 févr. 2015

Je reviens d’un voyage aux Emirats Arabes Unis (EAU) où se sont tenues la semaine dernière, à Abu-Dhabi, les réunions du siège permanent de l’Union des écrivains arabes. J’ai ressenti pendant ce séjour que je n’avais pas vraiment quitté l’Egypte. Toutes les conversations avec des hommes de lettres ou responsables politiques se focalisaient sur l’Egypte et sur sa situation, à tel point que les questions abordaient parfois des détails que j’ignorais. Ce scénario s’est, en effet, répété avec le ministre de la Culture, Nahyan Bin Moubarak, avec Fahd mon chauffeur ou encore avec les amis écrivains, poètes ou hommes de médias.

Le cheikh Sultan Al-Kassemy, gouverneur de Sharjah qui est un ami, s’est enquis des prochaines élections parlementaires et m’a demandé si je m’attendais au retour de certaines forces du passé que ce soit les tentacules du PND (ancien parti de Moubarak) ou des éléments du régime des Frères. Je lui ai dit que ces éléments vivent parmi nous dans la société, et un véritable Parlement doit être le reflet de toutes les forces présentes dans l’arène politique. Mais j’ai insisté sur le fait que cela ne voudrait pas dire le retour de ces forces. L’époque du PND est révolue. Quant aux Frères, ils ont connu une chute brutale comme jamais dans leur histoire. Raison pour laquelle leur représentation dans le futur Parlement n’incite pas à l’inquiétude. Voire cette présence est désirée pour qu’ils puissent interagir avec la majorité de manière bénéfique à la patrie, au lieu de devenir des éléments destructeurs.

J’ai continué : tous les Parlements, de par le monde ayant été formés légalement, contiennent certaines formations rejetées par la population, et cette présence n’est pas une menace réelle pour la société. Citons, par exemple, les extrémistes de la Knesset israélienne ou les partisans de la monarchie à l’Assemblée nationale française.

J’ai aussi remarqué que Cheikh Al- Kassemy discutait, dans les menus détails, la loi électorale égyptienne, essayant de déterminer si les listes et candidatures individuelles allaient influencer le résultat des élections. Mais je n’ai pu m’accorder avec lui.

Quant à mon ami, le poète Habib Al-Sayegh, rédacteur en chef du journal Al-Khalig, il a affirmé que le Parlement égyptien à titre spécial devait compter des représentants arabes. Car les activités du pouvoir législatif en Egypte influencent ses confrères arabes, où qu’ils soient. La dimension arabe est, en effet, omniprésente ou suspectée d’être présente dans les politiques égyptiennes, et cela à toutes les époques.

Les conversations et discours sur le Parlement égyptien qui déterminerait la voie de l’avenir n’en finissaient pas .

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