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Edito : L’autre voie

Al-Ahram Hebdo, Lundi, 24 mars 2014

Une fois de plus, le président Barack Obama est sorti bredouille de ses deux rencontres successives à Washington avec le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, et le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. A quelques jours de la fin du délai fixé par les Américains pour parvenir à un accord entre Israéliens et Palestiniens, prévu fin avril, les négociations de paix sont toujours au point mort. Et la probabilité d’un accord qui rendrait possible la création d’un Etat palestinien viable aux côtés d’Israël relève désormais du miracle. « Nous sommes en total désaccord avec les demandes israéliennes soutenues par les Etats-Unis sur les questions vitales, comme le statut de Jérusalem, les réfugiés, les frontières et la reconnaissance de la judéité d’Israël », a déclaré Nabil Chaath, du mouvement Fatah. Selon lui, les Américains « n’ont pas été honnêtes » pendant les négociations, et ont même « pris constamment le parti d’Israël de manière plus soutenue que sous les anciens présidents Bush ou Clinton ! ».

Les Palestiniens sont allés pourtant jusqu’au bout de la logique américaine. Ils ont accepté de s’asseoir à la table des négociations avec les Israéliens en dépit d’une colonisation menée à un rythme effréné dans les territoires occupés, et malgré un manque de volonté évident de la part du gouvernement israélien. Malgré les provocations israéliennes continues et les conditions quasi impossibles posées par Tel-Aviv, les négociateurs palestiniens n’ont jamais claqué la porte et ne sont jamais tombés dans le piège israélien, qui consistait à leur faire quitter les négociations (en réplique aux agissements israéliens), ce qui les ferait apparaître comme le principal responsable de l’échec de celles-ci. Le problème est qu’en échange de cette bonne volonté, les Palestiniens n’ont rien obtenu. Et il est aujourd’hui clair que ces négociations n’ont satisfait que les objectifs d’Israël, à savoir entretenir l’illusion que l’Etat hébreu est partenaire dans les négociations et qu’il veut vraiment la paix.

Les Palestiniens doivent à présent sortir du cadre très restreint des négociations avec Israël et les Etats-Unis, et chercher une autre voie. Face à la tergiversation israélienne, ils n’ont d’autres choix que de se tourner vers les instances internationales, dont la tâche est de défendre les droits des peuples, avec l’objectif de mettre la communauté internationale devant ses responsabilités et de mettre en avant l’hypocrisie de ceux qui, tout en se disant favorables à un règlement du conflit israélo-palestinien par la négociation, ferment les yeux sur la politique et les agissements de l’Etat hébreu.

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