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Les acquis de la nouvelle Constitution

Tuesday 16 oct. 2012

La constitution ce n’est pas seulement des clauses et des articles écrits sur une feuille de papier et qui tracent le cheminement d’un peuple. C’est aussi un ensemble de valeurs transmises à travers des générations et qui reflètent l’esprit et la mentalité d’un peuple.

Le projet de Constitution que l’Egypte s’apprête à adopter puise dans notre passé et s’arrête à des pages rayonnantes de notre histoire : la Révolution de 1919, la Constitution de 1923, la Révolution de Juillet 1952 et ses acquis sociaux et la victoire d’Octobre 1973. Le peuple égyptien a prouvé au fil du temps que, dans sa quête de liberté, il était capable de surmonter bien des défis. Il a une foi inébranlable dans les valeurs et les constances qui ont marqué son histoire.

Parlons donc de ce projet de Constitution. L’un des traits marquants de ce projet est qu’il place la souveraineté du peuple au-dessus de tout pouvoir. Le peuple est le « véritable maître » et tous les pouvoirs sont soumis à sa volonté. Aucune autorité n’a la prédominance sur lui. Seul le peuple détient le droit de choisir ses dirigeants.

Il n’est pas question de revenir à un passé où les droits des citoyens n’étaient pas respectés et où la tyrannie et l’oppression étaient un véritable modèle de vie.

Le sol n’est pas seulement un lieu ou un emplacement sur une carte géographique. C’est un héritage légué aux fils d’une même patrie. Toute agression sur notre sol est un crime commis contre les prochaines générations. La défense de notre sol est un devoir sacré. Tous les citoyens sans exception ont droit à cette terre.

La responsabilité des nations envers leurs citoyens est de leur procurer la sécurité, le travail décent et la dignité. La nation appartient à tous les citoyens, quelles que soient leur religion, leur race, leur origine ou leur culture. C’est là un autre principe de cette nouvelle Constitution. Nous sommes tous égaux devant la loi. L’égalité entre les Egyptiens est assurée grâce au principe de la citoyenneté.

Il n’y a de contradictions ni entre les droits et les devoirs, ni entre les pouvoirs des différentes institutions étatiques. Le temps du « grand pharaon » est révolu. La révolution du 25 janvier a mis définitivement fin à la gouvernance du pharaon oppresseur.

Le peuple a retrouvé sa liberté. Il a retrouvé le droit de choisir, à travers des élections libres et intègres, le président de la République, et ce, pour un mandat déterminé. Tout ceci pendant que les différentes institutions assument leurs responsabilités législative, exécutive et juridique dans le cadre de la loi et surtout avec un contrôle populaire vigoureux.

La liberté du citoyen est un autre droit garanti par cette Constitution, et ce, dans tous les aspects de la vie. La dignité de l’être humain est un droit légué par Dieu le tout Puissant, avant d’être reconnue par les lois, les Constitutions et les régimes.

L’armée égyptienne est le bouclier protecteur de l’Egypte. C’est à elle que revient la tâche de défendre le territoire, les individus, les frontières et même le ciel et la mer. Nous ne pouvons pas nier la place privilégiée que l’armée occupe dans la conscience des Egyptiens et dans leur mentalité. Un fait confirmé par l’Histoire, par les actes héroïques et par le sang des martyrs qui a coulé sur notre sol.

Il est impossible d’assurer la dignité du citoyen sans assurer la dignité de la femme. Car celle-ci représente la moitié de la société. Elle est la partenaire de l’homme. C’est elle qui formera les générations futures.

La magistrature égyptienne, quant à elle, a un rôle à assumer vis-à-vis de la Constitution. C’est elle qui la protège et c’est elle qui garantit l’équilibre entre les droits et les devoirs, car devant les tribunaux, seule la loi doit prévaloir. C’est sur les idéaux de justice, de liberté et d’égalité que les individus ont bâti les sociétés au fil des âges. Telle est la voie vers un meilleur avenir.

Les appareils de sécurité ne sont pas seulement un moyen pour assurer la protection des individus et pour faire respecter les décisions de justice. Ces appareils constituent une entité globale, dont l’objectif est de protéger le peuple dans son ensemble contre toute manifestation de la violence. La justice ne peut pas prévaloir sans une certaine protection. Et cette protection est garantie par des institutions sécuritaires capables de faire respecter l’ordre étatique, le tout dans le cadre d’un respect total de la loi et de la dignité de l’être humain.

N’oublions pas de souligner également dans le même contexte le rôle des intellectuels et des penseurs qui jouissent de la liberté de création. L’institution religieuse d’Al-Azhar garde sa place dans la conscience des musulmans et doit rester un minaret pour la pensée religieuse éclairée. Au fil des époques, Al-Azhar a toujours préservé l’identité de cette nation et les principes de la jurisprudence islamique (charia).

Les anciennes universités d’Egypte ont toujours été un facteur de progrès et d’évolution dans notre pays et la presse s’est toujours ralliée aux grandes causes de la liberté, des droits et de dignité de l’homme.

Tels sont les aspects de la nouvelle Constitution, celle de la révolution. Cette Constitution ne permettra jamais aux tyrans du passé de renaître de leurs cendres. Le peuple a retrouvé sa liberté. Il ira désormais de l’avant et ne fera jamais marche arrière.

Cette Constitution historique est arrivée avec la naissance de la révolution du 25 janvier, qui poursuit son parcours et qui ne renoncera jamais à ses objectifs en matière de droits et de libertés, et qui garantiront à ce peuple sa gloire, sa prospérité et sa dignité.

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