Débats > Opinion >

Mouvements islamistes, entre idéologie et terrorisme

Monday 25 nov. 2013

Il ne fait pas de doute que l’échec de l’expérience des Frères musulmans en Egypte a placé les mouvements islamistes du monde arabe dans une sérieuse impasse. Ils sont aujourd’hui confrontés à un vécu difficile et à un avenir aux contours indécis, outre un recul imminent de leur popularité. Les peuples ont bien vu que l’unique souci de ces mouvements, qui se sont désengagés de leurs anciennes constantes, est d’accéder au pouvoir. Malheureusement, lorsque les Frères se sont hâtés d’invoquer l’intervention américaine et d’appeler le monde entier à faire de même, sans prendre en considération les intérêts du peuple auquel ils appartiennent, les Frères avaient pour seul objectif le pouvoir, plus qu’ils ne tenaient pas aux intérêts nationaux. Ces positions ont dévoilé au grand jour le vrai visage de l’islam politique et ont démontré qu’il était bien éloigné de la transparence qu’il prétendait et que des relations suspectes le liaient aux forces étrangères.

Les mouvements islamistes refusaient de parler de démocratie occidentale ou des opinions des autres, mais durant les dernières années, ils ont commencé à réviser cette position face à une réalité incontournable.

Nous avons également pu témoigner de l’émergence des mouvements séparatistes dans la pensée islamiste et dans le discours religieux. C’est à ce moment-là que sont survenues les batailles et les adversités entre les différentes sectes, sunnites et chiites, et autres. Nous avons entendu des voix appelant à tuer les chiites en Egypte. Nous avons vu l’apparition à la surface des groupes salafistes et djihadistes, dont chacun avait sa pensée, sa référence et ses constantes. Malheureusement, ces groupes se sont laissé entraîner dans des liquidations et des conflits religieux. Chacun d’entre eux estimait qu’il était plus qualifié à parler au nom de l’islam. Les divisions religieuses et politiques ont constitué un grave fléau ayant atteint les mouvements islamistes dans leur quête de pouvoir.

Au-delà des divisions idéologiques et des positions, ils ont eu recours aux opérations de liquidations. Ils voulaient savoir qui était le plus capable de réprimer l’autre sous l’emblème de l’islam. L’image de marque de ces mouvements a alors changé devant leurs citoyens qui ont commencé à se demander si l’accession au pouvoir méritait vraiment tout ce sang versé. L’image odieuse de ces mouvements les a fait assimiler à des mouvements terroristes, semblables à ceux d’Al-Qaëda et ceux qui taxaient les autres d’apostasie et de mécréance. Le Printemps arabe qui facilitait l’accession des mouvements islamistes au pouvoir leur a accordé une opportunité historique rare. Il est cependant certain que ses dégâts ont dépassé de loin ses acquis. Ils n’ont pas pu tirer avantage de cette chance et leur réelle perte se situe au niveau des peuples qui ont totalement perdu confiance en eux et ne remettront jamais leur destin entre leurs mains. Nous sommes face à des mouvements qui ont déclaré la guerre contre leurs peuples afin de parvenir au pouvoir et qui ont renoncé à leur rôle religieux et éthique en le remplaçant par le meurtre et le terrorisme.

Aujourd’hui, tous ces mouvements sans exception se trouvent dans une impasse historique après avoir choisi le chemin de la violence. Les batailles auxquelles ils se livrent actuellement ont mis fin au dialogue, à la participation politique et aux libertés. Nous sommes devant des forces terroristes portant le flambeau de l’islam et pratiquant le meurtre contre leurs semblables. L’exemple le plus éloquent aura été les Frères d’Egypte et le parti tunisien Ennahda.

Si dans le passé, le conflit se situait entre les Etats et les gouvernements, il oppose pour l’heure mouvements et peuples, et cela va perdurer. Les résultats de ce conflit n’iront certainement pas au profit de ceux qui ont choisi la voie du terrorisme.

Lien court: