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La Constitution et le sectarisme

Monday 30 sept. 2013

Le Centre égyptien pour les recherches en développement et les droits de l’homme a pris récemment une position imprégnée de beaucoup de maturité. Cela lorsqu’il a affiché son refus total à ce qu’une clause soit insérée dans la Constitution sur un quota propre aux coptes lors des élections.

Le Centre spécialisé dans les affaires coptes a clarifié dans un communiqué publié la semaine dernière que le quota va totalement à l’encontre non seulement du principe de l’égalité entre les citoyens d’une patrie, mais également des principes fondamentaux devant figurer dans la Constitution, ainsi qu’avec les espoirs des foules désireuses de fonder un Etat civil non sectaire sous l’empreinte de la loi.

Le centre est même allé jusqu’à revendiquer de faire figurer une clause dans la Constitution posant comme critère la performance et non pas la religion au candidat désireux de briguer au mandat électoral.

Je me rappelle que dans l’une des toutes premières réunions du comité des 50, lorsqu’on était en train de discuter les principes généraux qui doivent être le pilier de la Constitution, l’éminent penseur islamiste, Dr Kamal Al-Helbawi, a mis en garde contre les tentatives d’inclure les revendications de différentes catégories ou sectes. Il a dit que la Constitution devait aller au-delà de tout cela pour être un document pour tous les citoyens protégeant leurs libertés, abstraction faite de la catégorie ou de la confession auxquelles ils appartiennent.

D’aucuns diraient que tout le monde reconnaît ces grandes lignes. Mais je dirais que nous sommes à un stade où les principes fondamentaux pour lesquels nous devons lutter avec acharnement doivent être davantage affirmés.

Le monde est allé bien au-delà des causes qui continuent de préoccuper certains d’entre nous pour passer à ce qui est plus important. Comment pourrons-nous alors accepter qu’une minorité nous ramène à des schémas et des pensées vétustes qui ont disparu de la pensée humaine collective depuis le Moyen Age ?

L’Egypte ne progressera que si les fondements de l’Etat moderne sont bien établis. Et il n’existe pas de moyen de parvenir à cette fin sans une Constitution ancrée dans le XXIe siècle et dans laquelle nous nous sommes engagés, malgré les tentatives de certains de faire ressusciter les époques révolues des ténèbres.

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