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Le rôle égyptien en Libye et en Palestine

Tuesday 23 févr. 2021

Deux réalisations historiques dans les dossiers palestinien et libyen ont eu lieu, grâce au rôle égyptien axial. L’Egypte a préparé le terrain à renouer les liens entre les frères palestiniens représentant les différentes factions et à mettre un terme à leur divi­sion. Grâce à cela, un accord a été trouvé sur la tenue d’élections législatives et présidentielle et sur la formation d’un Conseil national. Il s’agit là de mesures importantes afin de réaliser les espoirs du peuple palestinien, concernant la mise en place de son Etat indépendant avec pour capitale Jérusalem. Car aucun progrès ne peut être réalisé en cas de persistance des divisions palestiniennes qui fragili­sent le pouvoir palestinien. Une fragilité qui donne l’opportunité à Israël de se désengager de ses pro­messes. Tel-Aviv a profité des différends interpales­tiniens pour multiplier les colonies, imposer un nouveau statu quo et judaïser la ville sainte de Jérusalem. Et ce, en plus de la destruction de mai­sons palestiniennes, la mainmise sur les terres et l’expulsion des habitants.

Au cours des dernières années, l’Egypte a tenu à rapprocher les vues et à restaurer le climat de confiance entre les factions palestiniennes. Il s’agit certes d’une mission ardue et de longue haleine. Le Caire était le centre de rencontre de ces forces palestiniennes, y compris le mouvement Hamas. Certains observateurs ont été étonnés de l’accueil par l’Egypte des leaders du Hamas malgré le lien entre le mouvement et la confrérie des Frères musulmans. Cependant, il semble que ces observa­teurs méconnaissent les principes fondamentaux de l’Egypte et l’importance qu’elle accorde à la cause palestinienne qui a toujours été et qui demeurera l’une des constantes de la sécurité nationale égyp­tienne. D’ailleurs, l’Histoire a ainsi témoigné des liens étroits entre l’Egypte et la Palestine. Le Caire a toujours tenu à sa responsabilité nationale et régionale. Il a placé les intérêts nationaux au-dessus de toute autre considération. Il a laissé le soin au peuple palestinien et ses factions de revoir leurs positions.

L’Egypte sauvegarde sa position, d’autant plus qu’elle se considère comme le refuge de tous les Palestiniens et une citadelle pour défendre les droits de ce peuple. Le Caire a ouvert grand ses bras pour réunir autour d’une même table de négociations le dialogue interpalestinien. Les visites et les navettes réciproques se sont multipliées jusqu’à ce qu’elles soient couronnées du récent succès. L’accord histo­rique entre les 15 factions palestiniennes a enfin vu le jour. Elles ont promulgué le communiqué du Caire déterminant les grandes lignes en vue d’uni­fier les positions palestiniennes à travers la tenue d’élections. D’autres mesures s’ensuivront pour ancrer davantage la confiance entre les frères pales­tiniens, parmi lesquelles la libération des détenus, la liberté d’expression et de candidature aux élections. Ajoutons à cela la formation d’un comité judiciaire indépendant pour superviser les élections. Toutes les factions se sont engagées à respecter les résultats des élections.

Au sujet de la crise libyenne, un autre acquis a été réalisé. Les élections pour la formation d’un gou­vernement et d’un conseil présidentiel ont eu lieu, en attendant les élections générales en décembre prochain. La position égyptienne a également approuvé le résultat des élections bien qu’une pro­pagande ait été menée selon laquelle les listes ayant remporté les élections n’étaient pas celles que l’Egypte soutenait. Mais cette mauvaise compré­hension émane de l’ignorance des constantes et des principes égyptiens que le président Abdel-Fattah Al-Sissi a tant répétés à plusieurs reprises. Le prési­dent a réitéré que l’objectif de l’Egypte est de par­venir à une solution politique garantissant une réconciliation entre les différentes parties et la non-intervention dans les affaires intérieures libyennes. Raison pour laquelle l’Egypte accueille favorable­ment et respecte les choix du peuple libyen et trai­tera avec toutes les parties partant du principe de l’intérêt mutuel. Tout ce qui importe à l’Egypte est que le peuple libyen parvienne à la stabilité et regagne la souveraineté de ses territoires et de ses richesses, et le fait de barrer la route à toute ingé­rence étrangère compliquant davantage la donne et transformant la Libye en une arène de conflits régionaux et internationaux. Dans ce cas, le seul perdant serait le peuple libyen. Toute intervention dans les affaires internes de la Libye mettra l’Egypte dans un danger imminent face aux groupes armés et aux forces étrangères. Une situation qui entraînera un chaos généralisé et des perturbations au sein de la Libye et des menaces à la sécurité nationale égyptienne en même temps. Raison pour laquelle Le Caire se trouvait à l’avant-garde, accueillait tous les belligérants et tentait de rapprocher tous les points de vue pour trouver une issue à la cause libyenne. Il va sans dire que la sécurité et la prospé­rité en Libye se répercuteront positivement sur l’Egypte.

Les liens entre l’Egypte et les peuples palestinien et libyen sont le motif derrière les efforts déployés par l’Egypte tout au long du dialogue avec les deux peuples frères. L’Egypte a été considérée comme le deuxième pays pour ses confrères libyens. Les liens historiques et géographiques ont, raffermi les rela­tions entre les deux peuples. Ainsi, l’Egypte ne peut jamais se défaire de sa responsabilité à trouver une issue au peuple libyen loin de n’importe quel autre objectif latent.

Ultérieurement, un processus de reconstruction sera mis sur les rails dans lequel Le Caire soutiendra Tripoli toutes tendances et factions confondues. Dans ce contexte de soutien et de fraternité, Le Caire a décidé d’ouvrir le point de passage de Rafah afin d’alléger le fardeau de la souffrance du peuple palestinien. Et les efforts continuent en vue de réali­ser le rêve palestinien et arabe, pour que nos frères palestiniens parviennent à l’union longuement dési­rée en prélude à la récupération de leurs droits.

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