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L'armée et la protection des islamistes

Monday 8 juil. 2013

L’armée égyptienne a eu parfaitement raison d’annoncer qu’elle était responsable de la protection des militants du courant islamiste et ceux de la confrérie des Frères musulmans. Cette décision représente une réponse claire à ceux qui réclamaient l’exclusion du courant islamiste et le retrait des Frères musulmans de la scène politique. Les Frères ont entièrement échoué dans la gestion de l’Egypte. Il leur incombe à présent de réévaluer leur expérience, de peser le pour et le contre car leur position déterminera le sort du courant islamiste dans son ensemble, non seulement en Egypte mais dans toute la région arabe, voire dans le monde. Les Frères doivent assimiler la leçon. Ils doi­vent comprendre que l’Egypte est un grand pays qui ne peut pas être dominé par un seul courant. Ils croyaient être le seul courant poli­tique capable de mobiliser les foules. Les Frères musulmans ont découvert le 30 juin que le peuple égyptien est plus grand que toutes ses factions politiques et plus grand que leurs diri­geants. Les Frères avaient tort lorsqu’ils ont cru pouvoir s’emparer seuls de la scène politique en excluant les autres forces politiques. Ils auraient dû comprendre qu’exercer la politique c’est accepter la diversité et la différence. Ils ont eu tort de mêler la religion à la politique. Ils ont laissé certaines figures fondamentalistes domi­ner les médias et la scène politique et religieuse. Ces figures ont divisé le peuple. Et la société égyptienne avec sa richesse intellectuelle, histo­rique et culturelle s’est transformée en factions en litige. Les Frères musulmans ont eu tort de croire que l’Egypte est devenue leur propriété. Ils ont eu tort de s’éloigner des gens et de répar­tir les gens en croyants et non-croyants. Faire de la politique c’est s’ouvrir sur les autres pen­sées et accepter toutes les idées.

Ce qui s’est passé en Egypte est une leçon pour tous. L’Egypte appartient à nous tous et non à une seule faction. La politique doit être basée sur le dialogue et non sur la religion. La volonté du peuple est au-dessus de tout. Chaque dirigeant doit être pleinement conscient que le pouvoir est éphémère alors que les peuples sont éternels.

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